L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 3,1.1900/​1901

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L'ART DECORATIF


FÉLIX AUBERT
tryve et C'" et de MM. Saurel et Miaulet, par
exemple, pour n'en citer que deux, qui s'ap-
pliquent à renouveler leurs décors dans un sens
artistique. Si de nombreux dessinateurs per-
sistent, par impuissance, dans le baroque ou la
redite, quelques artistes s'efforcent loyalement
à des effets inédits d'où l'harmonie n'est point
bannie. Tels MM. Aubert, Edrne Couty, Ver-
neuil, H. Gillet, de Feure. Plus d'une utile
leçon se dégage de leurs œuvres, aussi nous
proposons-nous de les examiner particu-
lièrement. Mais d'abord quelques mots s'im-
posent sur la production d'hier.
Il y a quinze ans, un artiste en décor
constituait une exception. La plupart des pro-
fessionnels chargés de « créer )) des modèles
pour les divers tissus démarquaient sans scrupule
les motifs du passé ou s'ingéniaient à relier
d'hétérogènes éléments pris çà et là dans les
bibliothèques et les musées. C'était une des
conséquences de l'enseignement donné dans
les écoles spéciales Respecté à l'égal d'un
principe, le pillage des documents y jouait un
rôle considérable. Des professeurs que rien ne
pouvait convaincre de la possibilité d'une mani-
festation nouvelle de l'art français recomman-
daient aux élèves la recherche originale en
leur insinuant qu'il n'y avait guère d'éléments
à prendre en dehors des styles du passé. Tout
décor devait être composé au moyen d'une

laborieuse compilation. Certes, il était permis
de regarder la nature, mais il convenait que ce
fût à travers les œuvres des XVI-, XVIT et
XVIIL siècles. Ainsi s'expliquent et s'excusent
tant de motifs lugubres comme des pensums,
tant d'autres à mine effrontée de pastiche.
Des ouvrages d'une telle bâtardise appe-
laient une réaction impitoyable. On sait de
quelle rare outrance furent les premiers coups
portés par les champions de l'art nouveau. La
plupart dépassèrent le but. Beaucoup s'enga-
gèrent dans une fausse voie en confondant
l'excentrique avec l'original, et beaucoup errent
encore parce qu'ils s'entêtent à traduire la
nature en manquant de naturel.
Affolés quelque peu par les cris d'impa-
tience d'un public qui réclamait du nouveau
comme un élément de bonheur, nos novateurs
s'étaient mis à la besogne sans une prépa-
ration suffisante, voire sans une intelligence
suffisante de la régénérescence qu'il fallait
accomplir. Ils ne trouvèrent rien de mieux, en
effet, que de procéder exactement à l'inverse de
leurs devanciers. Ceux-ci ayant abusé des ré-
pliques de modèles anciens et des flores déna-
turées en ornements sans caractère, ils réso-
lurent de rompre tout lien avec le passé et de


FELIX AUBERT

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