L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 3,1.1900/​1901

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L'ART DECORATIF


BAEYENS
heureuses modifications apportées dans l'en-
seignement des arts décoratifs. Quant aux
démarqueurs et aux réminiscents, il en existera
toujours, mais s'ils restent à leur plan, et surtout
s'ils agissent avec tact et discrétion, on leur
doit beaucoup d'indulgence. L'heure n'est pas
éloignée où les œuvres des vrais artistes exer-
ceront une bienfaisante influence.
Voyons à présent quels sont, parmi les
récents décors, ceux empreints à la fois d'ori-
ginalité et d'harmonie. Quelques-uns des plus
typiques sont reproduits ici. Et il n'est pas
besoin d'une longue analyse pour reconnaître
l'heureux équilibre de leur structure, le carac-
tère sain de leurs formes.
Plusieurs sont d'excellentes interprétations
ornementales de la nature. Tels ceux de
M. Aubert : blancs iris stylisés sur un fond
purpurin, lauriers dont le feuillage émeraude
rompu d'ocre jaune joue sur un ton de chair
cuivrée, giroflées aux feuilles de béryl et de
topaze sur fond gris poudré de strontiane. Ceux
de M. Baeyens : tiges de luzerne à panache car-
miné sur fond vert, coquelicots rougeâtres sur
fond vert d'un effet très fresque. Celui de
M. Bohl : roses de Bengale, exécuté en lampas
fond satin avec trois trames par la maison

Comble frères. Celui de M. Gillet : pissenlits à
chevelure solaire, présentant un ensemble de
dégradations de teintes réalisées, non sans vir-
tuosité, avec deux tons de jaune et deux tons de
vert (maison Saurel et Miaulet). Ceux de
M. Marc Saurel: oxalides souriant entre les
feuibes de leur suite sur un fond dont la tonalité
rappelle les ramures des bouleaux au printemps
(soierie brochée) ; reines-marguerites étalant
leur blanc diadème sur la blancheur mate d'un
fond que réjouissent des feuibes aux nuances
subtiles imprégnées de rosés; ternaires de pis-
senlits dressant leur disque d'or pâle sur un
fond gris fin comme celui des beaux ciels d'au-
tomne; cardères d'un violet tendre aux feuilles
perses sur fond cadmium opalin (maison Saurel
et Miaulet). Ceux de M. Verneuil : glaïeuls
cendre verte et sienne naturelle rehaussée de
jaune dressant leur hampe heurie sur fond bleu
verdissant, angéliques épanouies sur fond olive
où se déploient des feuibes d'un gris-vert ar-
genté et d'autres d'un roux orangé, le tout dans
une gamme à suavités de pastels (maison Saurel
et Miaulet).
Tous ces motifs sont remarquables par
l'arrangement de leurs lignes, l'intelligente op-


J. BOHL fCORNILLE FRÈRES, ED.)

IOÔ
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