L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 3,1.1900/​1901

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L'ART DECORATIF


VEVER (CO.Y1P. DE GRASSET)

de perle au milieu et au dehors de capricieuses
volutes en corne.
La capucine a fourni le motif d'un pendant
qui, grâce au dessin de sa silhouette, pourrait
aussi fort bien être porté en diadème. C'est un
ternaire de fleurs stylisées et disposées avec un
art charmant. Les multiples rencontres de lignes
en sont équilibrées avec beaucoup de bonheur
et concourent activement à l'effet exquis de
l'ensemble.
Enfin, la fleur de pois a été choisie pour
l'ornementation d'un collier qui n'est ni la moins
magnifique, ni la moins impressionnante des
pièces. Les feuilles de l'humble légumineuse
modelées en émail translucide y deviennent une
guirlande aux flexions capricieuses, où fleu-
rissent des brillants et des rubis, dont les feux
exaltent aux suavités d'alentour.
Ces fleurs et ces feuilles sont largement
interprétées; aussi leurs galbes s'unissent le
mieux du monde aux ondulations des lignes.
Ainsi comprise, l'interprétation du végétal se
prête à maints effets de transition entre ce qu'on
pourrait appeler l'ornement naturalisé et le jeu
purement linéaire. Deux des broches repré-
sentées en témoignent.
Dans l'une, les courbes culminantes se dé-

coupent en feuilles lancéolées sans caractère
défini. Deux rubis étoilent de lueurs purpurines
quelques-unes des feuilles qui agrémentent les
pompeuses courbures jaillies des hauts côtés
du plus aimablement paradoxal des triangles
curvilignes.
L'autre porte, à son arabesque finale, des
fleurettes encore ingénues, quoique dénaturées.
Celles-ci se relient par une aimable inflexion à
l'ossature du motifj dont les courbes faiblement
involutives figurent assez bien deux ailes
ouvertes superposées, sur lesquelles des bril-
lants constellent les fins émaux A leur inter-
section sourit un brillant rose.
Parmi les ornements tirés des formes ani-
males, nous signalerons tout particulièrement
la tête de hibou qui décore l'un des peignes.
Son masque, arrêté au bec, est comme tatoué
de flexueux linéaments dont l'or rehausse les
émaux translucides qui dessinent les chairs,
tandis que des émeraudes font luire dans ses
prunelles le mystère. Les Hellènes n'eussent
pas fait mieux.
La meilleure des reproductions photogra-
phiques ne peut guère montrer que l'ossature
de ces œuvres, mais c'est assez pour qu'on
puisse lire l'harmonie de leurs proportions et
le caractère expressif de leurs lignes essentiels.
Ceux auxquels les illustrations de ce texte


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VEVER (COMP. DE GRASSET)
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