L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 3,1.1900/​1901

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0.5
1 cm
facsimile
MARS 1901


J. COBDEN SA.NDBRSON
tandis que les professionnels comme M. Marius
Michel peuvent prendre un livre broché et le
faire passer, sans qu'il quitte leur main, par
tous les états que nécessite l'habillage définitif!
les artistes restreignent leur effort à historier
ingénieusement la peau qui recouvre l'ouvrage
qu'ils ont élu. Des mains souples comme celles
de feu Henry Guérard ou de l'admirable buri-
niste qu'est Lepère ont ainsi fait des merveilles.
Très vite, les ressources du cuir n'ont plus eu
pour eux de mystère. Ils l'ont repoussé, incisé,
pyrogravé avec une habileté extrême. Leur
exemple a été suivi, et parmi les artistes qui
plus récemment ont obtenu un succès justifié
dans la manipulation du cuir il convient de
citer M'"e Antoinette Vallgren et M. Eugène
Belville.
Le sens féminin de M'^ Vallgren lui a
permis non seulement de résumer en des allé-
gories d'un sentiment exquis l'esprit des vo-
lumes dont elle devait embellir la reliure, mais
encore d'user avec une fantaisie toujours nou-
velle de la matière qu'elle a choisie : le veau
fauve. Elle le modèle, le cisèle avec une légèreté
extrême, précise son sujet dans un modelé
infime, nuancé à peine par des acides dont
l'action inégale, imprévue, mais toujours heu-
reuse, sert l'artiste dans les sujets les plus
divers : qu'il s'agisse de la LA A<? AhA<? SHjgwMr

jVxz^-CArA^ de James Tissot, des
de Georges Hugo, ou des
cAAx de Georges d'Esparbès.
On ne saurait, en quelques lignes, préciser
le rôle de M Eugène Belville. Il a le grand mé-
rite d'avoir montré toutes les ressources que
l'artiste et le décorateur pouvaient tirer du cuir;
aussi est-ce avec raison que la section féminine
de l'Union Centrale des Arts Décoratifs lui a
confié la mission de faire des cours et des confé-
rences sur le travail artistique de cette matière.
Comme décorateur du livre, on lui doit deux
oeuvres aussi simples que parfaites dans les-
quelles il a montré son goût et sa dextérité:
l'une destinée au C<37Vz'yM<? nL? CrAz/Mr^, ces
lithographies où Charles Dulac mit toute son
âme, l'autre à cette LA <A AbL<? 7<AM.5-
CAzWqui inspirait en même temps M"^ Vallgren.
Au milieu de toutes ces recherches, M. Pierre
Roche occupe une place à part avec ses reliures
en parchemin églomisé. Procédé curieux per-
mettant des effets imprévus, que les souscrip-
teurs aux exemplaires de l'édition de luxe de la
C<VA<AV<2A de Huysmans apprécient comme il
sied, mais que hélas! la photographie ne saurait
rendre. Aussi n'insisterons-nous pas, aujour-
d'hui du moins.
Si l'on quitte la France, il n'y a guère que


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