L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 3,2.1901

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L'ART DECORATIL


L. TREZEL (CARTON DE J. CAMBURSANO)
Dans ces objets comme dans 1a cheminée,
ie cadre de glace, ie détaii des meubles, ilse ré-
vèle chez M. de Feure une étonnanteaptitude
au modelé et aux combinaisons du volume. Cette
aptitude — rare chez les peintres — complète
un artiste étrangement, mais admirablement
doué. M. de Feure ne fait que dire son premier
mot dans l'art des objets; mais ce mot sufht à
faire pressentir la suite. G. M. jACQUEs.

LE VITRAIL
ÎOUERA-T-ON jamais assez l'œil? Grâce à cet
^__ organe rien n'est indifférent: par lui nous
sommes sensibles à l'ambiance, nous pouvons
nous intéresser à toutes les beiies choses natu-
reiles ou artihcielles. Ses facultés chromatiques
nous permettent de distinguer les vibrations
colorées, i'harmonie d'un paysage, les nuances
les plusdéiicatesd'untableau. II contribuemême
à notre exaltation cérébrate par l'influence qu'ont,
sur le système nerveux, certaines couleurs.
Mais, quelle féerie pour l'œil qu'un vitrail,
cette matière ëclatante et translucide où l'art,
coilaborant avec 1a nature, compose les plus

extraordinaires jeux de iumière qui soient! Les
tons irradient, se mélangent, se localisent,
vibrent, s'éteignent au gré des contingences et
des accidents : un nuage qui passe, une fumëe,
la position du soleil.
Aussi, comme il fut fêté le vitrail, dans nos
pays de demi-lumière, lorsque les artistes psy-
chologues du moyen âge édihèrent ces cathé-
drales qui restent à travers siècles, progrès et
révolutions comme des témoignages émouvants
et inimitables d'une époque d'art et de sentiments
à jamais disparus !
Qui ne s'est intéressé à 1a magique splen-
deur des colorations qui vibrèrent un jour d'été,
au moment où allait mourir 1e soleil, dans la
demi-obscurité d'une église? Une rose s'éclaira,
des personnages d'un autre temps s'agitèrent à
1a hauteur des transepts : ce fut un enchante-
ment. On retourna les jours suivants, le spectacle
fut autre, mais jamais si beau : 1a magie des ver-
rières avait opéré ce charme
II est naturel qu'un tel art, après une éclipse
de deux siècles, soit revenu en honneur et me-
nace de faire d'ici peu fureur. Car, non seule-
nient ies maîtres-verriers contemporains ont
retrouvé les procëdés des artistes médiëvaux,
mais ils ne reculent devant aucune innovation,
acceptant toutes les matières que 1a hèvre des
chercheurs jamais satisfaits et les progrès de ia
chimie ont mises dans leur main.



L. TREZEL (CARTON DE J. CAMBURSANO*)

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