L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 3,2.1901

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L'ART DËCORATIF

âalles de peintures, avec, pour fond, ia montée
des marches de pierre et le cadre des rampes
monumentaies, la /O777^o/^ A^/A
destinée au cimetière du Père-Lachaise. Une
douloureuse sérénité plane surcetteœuvredont
il faut louer la simplicité et ie sentiment. De
quelque côté que l'on se place, une émotion se
dégage de l'attitude du mort et de son visage.
La statue d'Alphonse Daudet, commandèe
par la Toc^L/Z r/^ ^77^ ^ plaira peut-
être davantage. Je ia trouve moins heureuse. Ii
est vrai qu'elie n'est pas encore tout à fait ter-
minée et que l'auteur ajoutera peut-être à 1a

ftuide captivance du maitre, dont il a parfaite-
ment saisile côté charmeur, un peu delanervo-
sité aiguë de tout son être, du courage de ses
yeux, de sa force morale enhn dans sa faiblesse
demalade Quoi qu'ilen soitettellequelle,comme
on en pourra juger par notre reproduction,
l'œuvre de M. René de Saint-Marceaux est digne
du modèle défunt et s'érigera comme un noble
souvenir à la mémoire d'un des plus subtils
écrivains des dernières années du précédent
siècle.
11 faut particulièrement louer le soin que
M. de Saint-Marceaux a apporté à éviter la ba-


naiité des socles géométriques. Le sien est archi-
tectural sans 1a mathématique et monotone pré-
cision des architectes. Alphonse Daudet se
dresse sur 1e piédestal comme s'il était assis
sur un rocher ou sur une borne mal ëquarrie
émergeant du gazon. Les blessures du marteau
sont belles dans le bloc de marbre et forment,
avec leurs multiples saillies, un adroit contraste
avec le personnage, d'une surface forcément
lisse. M. de Saint-Marceaux a su allier ici à 1a
beauté de la matière brute le souci d'une com-
position sévère et d'une harmonie secrète.
Nous reproduisons ègalement
de Constantin Meunier. On excusera les fai-
blesses de 1a photographie prise à contre-jour
au Salon de ce bas-relief si vivant, si tonr-

millant même. Ce n'est ici qu'un fragment d'un
monument important, d'une sorte de poème à
la glorihcation du travail que se propose d'éle-
ver l'incomparable chantre du labeur pénible et
de la vie rude. II faut admirer la synthëtique
musculature de ces hgures et le sentimentépars
de la vie grouillante et plus forte que la misère
qui éclate dans toutes les productions du maître
belge.
Quelques hgures graves mëritent de retenir
notre attention. De M. MicheLMalherbe O/7M777,
d'un si complet métier, A 777/7-0777^^, sorte de
cariatide d'une heureuse venue, et de M. Albert
Marque, en outre d'un jC2277^ de beau-
coup d'expression, d'une A<?777777^ ^/ ^77/072/ d'un
gentil arrangement et d'un large modelé, une

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