L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 3,2.1901

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SEPTEMBRE 1901

agrëablement que de s'ennuyer, il faut que ce mi-
lieu ait aussi queiques séductions.
Ce préambule — non emprunté à feu Paui de
Kock, quoique rappeiant les aüures de ce chantre
des piaisirs des banlieues parisiennes — veut dire
qu'une visite à Texposition de Lagny est une
agréable partie. La peinture n'en est peut-être pas
le seul attrait, mais elle y est beaucoup plus qu'un
accessoire,car s'il y ades toilesquelconques aupetit
Salon comme partout, ii y en a aussi de très bonnes,
et cela fait toujours plaisir (décidément l'ombre de
Paul de Kock plane sur ce compte rendu... 1a
Marne et ses canots.. ). C'est que les organisa-
teurs sont tous artistes eux-mêmes, et bons ar-
tistes: le président Hôner, 1e vice-président Léon
Plëe, qui a placé les œuvres. 1e trésorier Batlo,
Cavallo-Peduzzi, très dévoué et infatigable celui-ci.
11 n'y a de... civil parmi eux que 1e secrétaire,
notre camarade Albert Thomas, qui n'est que poète,
en vers et en prose, et qui m'a dëfendu de dire
que c'est lui qui s'est le plus remué de tous : c'est
pourquoi je ne 1e dis pas.
Le plus grand nombre des exposants sont du
pays où s'y sont établis. 11 y a Jules Lefebvre avec
sa ^èrr/^/rry Léon Lhermitte avec son C/'zr/r-
une vigoureuse et belle toile; Marché avec
/^ 5oA Ahy; Meslé avec une o'g
tous quatre enfants de 1a Brie. Puis
les peintres de Lagny même : Hôner, surtout litho-
graphe, dont une traduction de /o: de
Bail est admirablement nuancée ; Rodolphe Piguet,
avec ses petits paysages vrais et fins, ses pointes-
sèches primesautières, et deux excellents portraits
au pastel de M"" Piguet et de M. Albert Thomas,
déjà nommé ; Léon Plée, vision nette et légère à
laquelle n'échappe aucun des aspects de 1a cam-
pagne de Lagny ; Cavallo-Peduzzi, plus turbulent
que ses concitoyens — à qui la note calme du pays
a communiqué quelque chose d'elle — dans ses
toiles et ses eaux-fortes originales; Henri Le-
basque, aux paysages lumineux, vibrants, impré-
vus de composition, mais toujours harmonieux;
puis, toujours paysagistes, Batlo, Dubuisson, les
frères Delahogue, Cortes père, Cortes his, ce tout
jeune homme signalé ici J'an dernier, resignalé
cette année, et M'"" Jeanne Froment. Le genre un
peu spécial des natures mortes a d'estimables re-
présentants en M. Tourillon, M"" Lecocq, M"* Cé-
cile Lefebvre ; les pochades humoristiques d Ibels
sont amusantes, les afhches du jeune Georges
Paulme ont de l'esprit. II faut encore citer les
émaux de Soyer, !es eaux-fortes de Mongin, les
fusains de Boetzel, les bois de Froment, ainsi que
ceux du D** Paul Colin, un médecin de Lagny qui,
forcé par une inhrmité de renoncer à sa profes-
sion, s'est réfugié dans l'art et grave sur bois,
d'un métier fort curieux, des pièces d'une expres-
sionintense; enfin,Ies jolis intérieurs de Laigneau.
La sculpture est peu représentée. Mais la qualité
compense la rareté. Le buste de femme de Ca-

mille Lefèvre, d'une expression noblement dou-
loureuse, est une œuvre de premier ordre, et celui
de jeune Italienne de Roubaud jeune est d'un joli
sentiment dans son modelé délicat.
Les arts décoratifs aussi font leur apparition,
encore un peu timide. Deux jeunes fiHes, M"^ Hen-
riette Musnier et Marguerite Guichard, montrent
ensemble divers meubles pyrogravés avec can-
deur, mais non sans certain charme. II y a des
cuirs de M"" Noury-Roger et deM''" Levasseur, un
projet de paravent de Georges Paulme, cité plus
haut, et des panneaux sur bois pyrogravé et teint
de Choiselat, dont l'excellent esprit mérite l'éloge.
Ce n'est pas tout; mais comme c'est déjàbeau-
coup, arrêtons-nous Pourtant, je ne voudrais pas
finir sans noter un signe particulier, très particu-
lier, du petit Salon de Lagny — quoique ceci ne
touche pas aux arts graphiques. II y avait à l'inau-
guration — peut-être y aura-t-il encore les au-
tres dimanches — un orchestre d'amateurs jouant
des choses pas plates du tout, et les jouant fort
bien. Comme j'exprimais à quelqu'un du pays
ma surprise d'exploits si différents des solos de
bugle, habituel triomphe des orphéons, j'eus 1a
surprise encore plus grande d'apprendre que le
chef qui dirigeait son monde avec cette correc-
tion et cette sûreté de mouvements était un
employé du chemin de fer de l'Est. Si ce chef
excellent lit l'Ar/ Z)èro^<r///j il y trouvera mes com-
pliments, et l'exprcssion de mon regret de ne pas
avoir retenu son nom. J.

Y 'EXPOSITION D'ART DÉCORATIF MODERNE A TuRIN
en rqo2 pousse activement ses préparatifs
et reçoit des adhësions nombreuses et im-
portantes des divers pays où ie mouvemcnt de
renaissance des arts appliqués est le plus vivace.
En Angleterre, M. Walter Crane a accepté la
charge de commissaire, et cet éminent artiste,
dont l'influence sur scs compatriotes est grande,
promet à la Commission générale d'organiser une
collection des meilleures productions des artistes
britanniques modernes, ainsi qu'une exposition
rétrospective des origines du nouvel art décoratif.
Le groupe des artistes écossais, si personneis,
a ciécidé de son côté de participer à l'exposition.
En Belgique, un comité présidé par M. H. Fié-
rens-Gevaert et dont fait partie M. Octave Maus,
l'habile organisateur des expositions de 1a Libre
Esthétique, est déjà à l'œuvre depuis quelque
temps. Le gouvernement belge a exprimé 1e
désir d'ètre mis au courant des travaux du comité
pour participer offrciellement à l'exposition.
En Autriche, le gouvernement, après avoir reçu
communication du programme, a dépêché immé-
diatement à Turin M. le chevalicr A. von Scala,
directeur du Musée des arts industriels de Vienne,
pour s'entendre avec 1a Commission générale.

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