L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 4,1.1901/​1902

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L'ART DÉCORATIF


rencontre dans tes lampes du commerce
évoquent une fragilité dangereuse ; tes supports
en grès — essayés par M. Lachenal, si nous ne
nous trompons — paraissent massifs et tourds.
Au reste, te choix de matières pour
chaque partie de ['objet est en dépendance
étroite avec sa forme. L'idée ne saurait ve-
nir, par exemple, que tes lampes de Benson
fussent construites autrement que tout 'en
cuivre jaune et rouge, ta couleur de la mon-
ture faisant ressortir celte du réservoir et
vfce-yerM. Pour les lampes à pied droit, on
conçoit à peine' le support autrement qu'en
métal : bronze naturel, ou argenté, ou doré-
La dorure conviendra rarement : les appar-
tements de réception étant éclairés aujour-
d'hui par des appareils électriques fixes, le
rôle de la lampe se confine à l'intimité, dans
laquelle la dorure prend un caractère préten-
tieux et suranné. C'est donc généralement
sous la forme de bronze argenté ou de bronze
patiné, sans trop s'écarter de la couleur na-

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turclle, pas trop éclatant, pas trop sombre,
que le support se présentera.
Pour le réservoir, malgré le bien dit
plus haut des jolis grès de Dammouse em-
ployés par M. Saglier, on ne voit guère de
motifs pour préférer aucune matière au cris-
tal, auquel jla maison Christofle s'est tenue
avec infiniment de raison dans les siennes.
Vingt raisons pratiques le recommandent; et
quant à la beauté, la réfraction du liquide
limpide par l'éclatant cristal donne des jeux
charmants, auxquels un ceil sain se complaît
mille fois plus qu'aux plaisirs frelatés de ce
qu'on pourrait appeler « la haute noce des
yeuxo. On ne manquera pas, il est vrai,
d'objecter à ceci la mèche pendant au milieu
du liquide, qui n'est pas «artistique)). Et
nous voilà conduits, à propos de lampes, au
grand débat qui divise depuis cinquante ans
l'architecture, et dans lequel tout l'art tient :
« L'enveloppe doit-elle laisser voir le sque-
lette, ou le cacher?)) — Nous ne l'abor-
derons pas. T. T.

M. DUFRÉNE

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