L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 4,1.1901/​1902

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L'ART DECORATIF

ainsi dire les fronces — ou bien un semis
d'éléments de la grosseur d'un œuf, assez
largement espacés, voilà ce qu'il faut. Au
lieu de cela, on imprime pour le quart
d'heure sur ces mousselines des dessins à
grands motifs, rythmés en travers ou diago-
nalement : il parait que c'est la mode. Cela
donne de grandes flaques, s'étalant au hasard,
bêtement, à travers les fronces ; on croirait
un pot de couleur renversé sur l'étoffe. C'est
lamentable.
Neuf fois sur dix, le motif savant est

perdu, ou fait tort. C'est la beauté de l'é-
toffe, ses reflets ou ses matités, les jeux de
la lumière, ceux des taches de couleur dans le
fond ou sur la crête des plis, comme disciplinées
dans le caprice du hasard, les contrastes avec les
surfaces environnantes qui font tout. Le
dessin en lui-même est une affaire tout à
fait secondaire. L'effet désirable s'obtient
aussi bien ici, souvent mieux avec des motifs
fort ordinaires qu'avec des chefs-d'œuvre de
composition.
Un peu moins d'amour-propre et plus


GEORGE GRELLHT
de raisonnement ! Aimons l'art, mais que
tout ne soit pas prétexte à des exercices
artistiques. Il n'est pas besoin, pour le renou-
veler, d'en faire une marotte, comme quelques
toqués le voudraient. L'art est à notre service,
nous ne sommes pas au sien !
Revenons à la décoration murale. Artistes
et public tendent insensiblement — on l'a vu
tout à l'heure — à réduire le motif unifor-
mément répété sur les murs à une condition
dont la limite, dirait un algébriste, est le
simple jeu de fond, la texture. Jeu de fond
ou surface unie formant le champ offert à
l'ordonnateur de l'intérieur pour la déco-
ration, c'est-à-dire pour /e yhzY
qui, s'enlevant sur ce fond, va nous frapper,
nous égayer ou nous bercer.
Sur le choix du champ uni ou du champ
texture, il n'y a pas grand'chose à dire.

Cadotéd
C'est affaire de tempérament. Les uns
préfèrent le premier, d'autres se trouvent
mieux du second: de même certains veulent,
en la femme, la beauté calme, paisible, se-
reine, tandis qu'il la faut aux autres mobile,
se déplaçant sans cesse comme la surface de
l'eau frissonnant sous la brise. Ces prédilec-
tions-là ne se discutent pas. Les peintres pré-
fèrent en général l'uni au papillottant; ce qui
peut s'expliquer par cette parole typique de
M. de Feure, rapportée l'autre jour dans cette
revue: «une grande surface blanche, c'est
beaux — qui signifie que l'immobilité dans la
couleur, comme le droit dans la ligne, est en
certains cas la plus haute expression de la pu-
reté. En revanche, les fonds textures se prêtent
mieux à produire l'impression de richesse.
Maintenant, où et comment la décoration
s'enlèvera-t-elle le mieux sur le fond mural ?

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