L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 5,1.1903

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7**(??72/^/7'(?(^6'd*Or(2/n^(?(SalleàmangerdcM. Fenaille, àNeuiHy)

JULES CHÉRET

n n'est pas une loi, mais
c'est une constatation, que
la joie ne donne presque
pas de résultats en art.
«Tous les bonheurs se res-
semblent, mais chaque in-
fortune a sa physionomie particulière.)) Ainsi
débute yTmu Aiu7*é77 2 72C, un des plus beaux livres
qui ment jamais été écrits. C'est peut-être
en effet ce manque de physionomie particu-
lière du bonheur qui l'empêche de contri-
buer à l'art que la douleur alimente inépui-
sablement. Le bonheur est un état dont on
se souvient ou qu'on espère, mais où l'on
ne se voit pas vivre : c'est une cessation de
tout trouble, et par conséquent une cessation
du sens critique de soi-même. Jusque dans
les paroxysmes de l'exaltation qui offrent à
certains tempéraments une forme du bon-
heur, il y a un point culminant qui est

calme jusqu'à l'inconscience et qu'on ne per-
çoit pas. On perçoit la montée et la des-
cente, c'est-à-dire les états avoisinant le
bonheur; mais lui-même est un pôle où
l'àme seule
peut atteindre
et survivre, et
que la sensi-
bilité ne con-
trôle pas.
L'art étant
fait des con-
trastes de cette
montée et de
cette descente,
ils'ensuit qu'il
n'exprime pres-
que jamais le
but lui-même.
Quand il nous



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