L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 5,2.1903

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LE MOBILIER AU SALON DES ARTISTES FRANÇAIS



tablette-étagère destinée à recevoir des livres
ou un ouvrage de dame momentanément
abandonné; M. Karrer, qui a su tirer
un excellent parti de placages d'essences
différentes, et M. Maillard, dont le paravent
à panneaux incrustés de laques possède
des qualités d'harmonie et de goût
assez rares. Un bon point aussi à M"^
Decorchcmont, auteur d'un écran qui
arrête l'attention par la patine et la
pyrogravure d'un cuir adroitement
présenté.
L'adresse et la connaissance de la
technique dominent d'ailleurs dans le
Salon et remplacent parfois le manque
d'imagination, la tournure d'esprit ori-
ginale, la vision vraiment neuve, l'au-
dace, l'esprit révolutionnaire. La plu-
part des objets exposés, sans rappeler
aucun style ancien, se confinent dans
une formule déjà fanée et sentent lé-
gèrement le moisi.
Le Fauteuil cuir ciselé de
Fanty-Lescure ne vous donne pas un
coup dans l'estomac, mais il ne copie
aucune des formes de MM. Plumet ou
Bénouville, il laisse percer un louable
désir de personnalité et il met en
lumière une recherche de simplicité,
de naïveté même non déplaisante. Bas
de siège, pratique, large, propice aux
longs repos et aux siestes confortables,
je lui reproche seulement la rusticité
brutale des pieds qui ressemblent à
des bûches dégrossies.
La Stelle avec étagère de M. Ffet-
teix garde plus d'élégance et ne déton-
nerait pas dans un milieu raffiné ou
elle recevrait soit une statuette d'Hœt-
ger, soit un bronze de Carabin, soit
une des nombreuses pendules de salon,
de boudoir, voire de chambre à cou-
cher, qui agrémentent de leurs fines sil-
houettes la Section d'Art décoratif de la
Société des Artistes Français.
Elles sont, ma foi, très réussies ces pen-
dules travaillées comme un bibelot précieux
et je ne serais pas étonné qu'ellcsrcmpor-
tassent un gros succès dans le monde c/tic,
le jour où le monde c/zïc daignera com-
prendre le rôle de dupes ridicules que lui
imposent les marchands de bric-à-brac et
les truqueurs, professionnels ou amateurs.
Je crains malheureusement que nous ne

soyons pas encore arrivés au moment où
tous, sans exception, nous reconnaîtrons la
lamentable erreur dont l'humanité est restée
trop longtemps la victime et où des inci-
dents comme celui de la tiare de Saïta-

TH.LAMBERT

Ait ea cairre et décoration 7?zara/e

pharnès — cet ignoble bonnet de coton en
or dont la hideur n'a jamais été truquée,
hélas! — sonneront le glas du plus incom-
préhensible et du plus absurde des préjugés.
Pareilles, si ce n'est de forme, du
moins de sentiment et un peu de propor-
tions, elles sont vraiment aimables et atti-
rantes ces mignonnes pendules et je cher-
cherais en vain le reproche que le puriste
le plus grincheux et le plus difficile trouve-
rait à leur adresser.
Le record de la grâce me parait détenu
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