L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 5,2.1903

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L'ART DECORATIF

tes paysagistes, ia piupart se sont attachés
à évoquer tes grandioses aspects de leur
vitte.
C'est ainsi que M. Gugtietmo Ciardi a
ressuscité dans son imagination te Æzzcezz-
frzztzœ, voguant sur la lagune à grand ren-
fort de rames, accompagné de tout un vol
de gondoles sveltes, tandis qu'au fond pou-
droie le merveilleux panorama du Palais
Ducal, du Campanile, de la Libreria. Et de
fait, cette évocation de la pompe des doges
ne se formule-t-elle pas presque forcément,
lorsque dans la lumière encore ardente du
ciel, sur les eaux colorées, commencent à
se déployer toutes les richesses du cou-
chant. Le tableau de M. Ciardi est un
tableau de fête, une consécration à la gloire
de Venise.
M. F. Scattola, dans la plupart de ses
toiles, peint aussi Venise d'une touche forte
et savoureuse. Ses Loz'/z'gz^ùuzzx/gguzzu/ùg
/u Gzzzùeccu sont un tableau d'observation
franche, révélant un coin très caractéristique
de Venise.
Les paysages de M. F. Sartorelli sont
d'un sentiment très pénétrant. Duzzx /g ùoz'x,
au crépuscule, les silhouettes lasses et cour-
bées qu'il fait passer s'associent aux affres
de cette heure.
Parmi les portraits, nous notons un
TozùruzY ùzz Cozzzzzz. C. Fo/^z, sobrement
peint par M. A. Milesi, dont nous retrou-
verons d'autres œuvres plus loin. C'est un
très beau portrait d'homme, fortement mo-
delé et vu dans l'intimité de la demeure,
sans aucun apparat.
M. Lino Selvatico apparait comme un
peintre de portraits féminins tout à fait re-
marquable, s'attachant à révéler l'expression
propre, le caractère profond de son modèle,
en restant toujours dans des valeurs conte-
nues. Ce sont encore des portraits intimes,
et montrant par cela même d'autant plus de
volonté et de science. Le TorPmzù Le VL""
Lu.5yu//o-Co/eAz', celui de la célèbre actrice
Gz'uzzzuP'crz, celui de cette fillette en Cqpzz-
c/zozz g*z*A, sont posés et peints avec un sen-
timent juste, un instinct très sûr de la
composition, malgré la simplicité voulue.
Cette série de portraits constitue peut-être
une des œuvres les plus sérieuses de l'Ex-
position.
D'autres beaux portraits sont encore
signes de M. G. Talamini : citons en parti-

culier ceux de la CozzzAxyg Aoccu V7ocgtzzg*o
et du DocAzzz" Vqpy/ez*.
La salle O, réservée au Piémont, nous
introduit dans cette série de salles où les
œuvres de peinture et de sculpture sont
pour ainsi dire enveloppées dans un ensem-
ble décoratif. La Commission chargée d'amé-
nager cette salle était composée des sculp-
teurs Bistolh, Calandra et Canonica et des
peintres Tavernier et Grosso : c'est à ce
dernier seul que l'on confia le soin de
concevoir un projet d'ensemble, afin de lui
laisser l'unité nécessaire.
M. Grosso a combiné une décoration
qui se prête très bien à une galerie de tableaux.
La tonalité générale est d'un bleu-vert bronze,
constitué surtout par le velours des tentures
murales, sur lequel courent en frise des cou-
ronnes de lauriers, assemblées par trois,
surmontant le nom d'un artiste piémontais.
Les boiseries sont aussi peintes d'un
ton vert et enrichies de points de sculpture,
motifs de pommes de pin et de châtaignes,
que l'on retrouve sur la corniche du plafond
et sur les plinthes. On trouve encore un
rappel des mêmes motifs, inspirés par la
flore des montagnes piémontaises, sur les
meubles qui décorent la salie: des canapés
doubles, surmontés d'une tablette à sculp-
tures, et une armoire contenant des pièces
d'orfèvrerie de M. Musy. Il convient de
relever aussi, sur cette armoire, deux grands
anneaux de tiroirs de métal fondu, où se
modèle une variante du même thème déco-
ratif.
La salle est encore rehaussée par un
bel encadrement de porte dû au sculpteur
Alevati; c'est un bas-relief en bronze por-
tant deux personnages allégoriques, séparés
par un oiseau en plein vol.
N'oublions pas de mentionner que la
frise où s'espacent les triples couronnes de
laurier est de M. Smeriglio, et que tous les
meubles et boiseries ont été exécutés sous
la direction de M. Capisano.
En face de la porte à encadrement, et
au-dessus de meuble contenant des pièces
d'orfèvrerie, vient s'encastrer un vaste pan-
neau de M. Grosso, encadré dans les mêmes
boiseries vertes qui le raccordent à l'ordon-
nance décorative de la pièce dont il fait
étroitement partie. C'est une vue de la
Piazza Castello, avec la façade du Palais
Madame, qui reste un des monuments les

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