L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 5,2.1903

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L'ART DÉCORATIF

que la copie exacte de la nature, peut le
leur donner, voire ces arabesques auxquelles
depuis quelques années ils sont revenus et
à qui ils s'efforcent de donner de la gran-

deur. Malheureusement, plusieurs semblent
encore bien inexpérimentés en ces matières
nouvelles, et si parfois les stylisations de
l'art moderne sont ingénieuses et char-
mantes, les arabesques, à notre goût du
moins, demeurent singulièrement maigres,
incertaines et petites. Si le Japon a été pour

notre naturalisme naissant un incomparable
éducateur, l'Orient musulman, interrogé in-
telligemment, ne pourrait-il nous enseigner
scs secrets et nous transmettre la noblesse
de ses rinceaux et la fantaisie éclatante
de ses stylisations? Il ne s'agit point,
cela va sans dire, de copies serviles.
Quelques-unes ont été essayées jadis,
vers la hn du second Empire, quand on
n'avait pas compris encore que l'imita-
tion, quelle qu'elle fût, était toujours
mauvaise conseillère et ne pouvait rien
produire qui vaille; mais autre chose
est de copier un art ou de se pénétrer
de son esprit. L'étude de l'art de l'Is-
lam nous parait pouvoir être féconde,
et la dernière exposition devrait porter
des fruits dans notre art contemporain.
Ce goût de la stylisation et des ara-
besques est très marqué, disions-nous,
dans toutes les branches de l'art mu-
sulman; mais c'est sans doute la céra-
mique qui en donne les plus anciens
modèles. Ces pièces archaïques, d'ail-
leurs, sont connues depuis peu: jus-
qu'à ces dernières années, seules ou à
peu près, les pièces du XVT et du
XVIL siècle étaient parvenues en Eu-
rope, et sous le nom générique, quoique
très généralement inexact, de faïences
persanes, elles avaient conquis la fa-
veur des amateurs. Ces dernières années
cependant, des fouilles ont été prati-
quées de tous côtés, et bien que con-
duites de la façon la moins scientifique
par des indigènes occupés uniquement
de lucre, elles ont donné des résultats
surprenants et que l'exposition du Pa-
villon de Marsan a mis en pleine lu-
mière. Tout un art céramique inconnu,
datant du Xcsiècle environ auXY'-, a été
remis à jour, tant dans le sous-sol de
certaines villes détruites des bords de
l'Euphrate, comme El-Rakka, qu'en
Perse dans les ruines de Rhagès et des
plus anciennes mosquées, à Damas aussi
et surtout dans les immenses collines
de décombres qui marquent au sud de la ville
moderne l'emplacement du Vieux-Caire. Nous
n'avons pas ici à rechercher les caractères dis-
tinctifs de chacun de ces centres de produc-
tion, caractères assez vagues d'ailleurs, car il
semble qu'ils se sont copiés les uns les autres
sans la moindre vergogne, et seuls les «ratés

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