L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 5,2.1903

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LE BIJOU MODERNE




contribué à la rénovation du bijou en four-
nissant aux artistes orfèvres ses merveilleuses
pâtes de verre, tantôt opaques comme des tur-
quoises aux tons morts, tantôt iumineuses
comme les escarboucles des contes de fées ;
Lalique et Gaillard pour les patines de
l'ivoire, les irisations transparentes de la
corne, durent apprendre toute la chimie,
chercher pen-
dant des mois,
des années mê-
me, l'acide qui
donnerait le ton ^
doux, harmo-
nieux et surtout
inaltérable à l'i-
voire ou à la corne
dont ils voulaient
se servir pour re-
produire telle
Heur, telle algue.
Et à force de re-
cherches, ils sont
arrivés aux plus
invraisemblables
colorations, à des
ivoires vert som-
bre, au gris na-
cré, à des cor-
nes de nacre
verte et mauve,
orange et rose,
tandis que Gallé
inventait des pâ-
tes de verre qui
peuvent rivaliser
avec les perles et

L- -- h
plus riches.
En ces ma-
tières nouvel-
les, si malléa-
bles, si belles
par elles-mê-
mes, il y avait
pour les artis-
tes comme une
tentation, une
irrésistible at-
traction, et le
nombre de
ceux qui de
temps en temps
abandonnaient
l'art pur pour l'art mineur de l'orfèvrerie gran-
dissait de jour en jour. Enfin, ils furent si nom-
breux, les ouvriers d'art du bijou, il y eut
entre eux une telle émulation vers le beau,
qu'il fallut leur ouvrir les portes des Salons
où jusqu'alors avaient régné seuls les pon-
tifes de l'art pur.
Le public, contre toute attente — étant

L. GAtLLARD

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