L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 6,2.1904

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LOGEMENTS HYGIENIQUES ET MAISON DE RAPPORT

De nombreuses sociétés animées d'in-
tentions philanthropiques et désireuses en
même temps de placer dans d'excellentes
conditions leurs capitaux ont entrepris l'édi-
fication de cités ouvrières où le groupement
de nombreux logements a permis de bâtir à
des frais relativement peu considérables
d'immenses immeubles où l'ouvrier, le petit
employé ont trouvé plus de propreté et plus
de confort que dans beaucoup d'autres
maisons. Le mouvement était donné, mais
il y avait mieux à faire encore. Le grou-
pement même de tous ces logements, sortes
de compartiments, fait un peu de l'habitation
une caserne ou rappelle trop l'usine que
l'ouvrier vient de quitter. Il ne se sent pas
chez lui et beaucoup hésitent à venir s'ins-
taller dans ces cités qui laissent par trop au
locataire l'impression d'une hospitalisation.
Des sociétés nouvelles ont voulu combler
cet écueil en construisant dans des quartiers
ouvriers et populeux des maisons isolées,
indépendantes, sur les emplacements qui
leur paraîtraient les plus propices. Elles ont
voulu, avec l'aspect riant et accueillant,
donner au locataire la sensation d'être tout
à fait chez lui en évitant le bruit de ruche
de la cité. On a fait, dans cet ordre d'idées,
beaucoup de choses intéressantes en Alle-
magne, en Amérique et surtout en Angle-
terre et en Belgique où l'Ofhce du Travail
du Ministère de l'Industrie a publié un
Atlas des Plans-types d'habitations à bon
marché pour les progrès et la vulgarisation
de l'idée.
Le mouvement a pris de tous côtés un
essor considérable. La France n'est pas
restée inactive non plus ; nombreuses sont
les sociétés qui se sont fondées pour donner
à peu de frais des logements sains et gais.
Nous venons de voir récemment aussi MM.
de Rothschild frères consacrer des sommes
importantes à la réalisation de ce beau pro-
gramme humanitaire, dont la solution est
encore le moyen le plus pratique et le plus
immédiatement réalisable de faire aboutir
la question sociale.
La presse elle-même ne se désintéresse
pas de la question et tout dernièrement le
MuRn proposait aux architectes un concours
de mansardes dans le but de voir un peu
moins sacrifier dans les maisons de rapport
le dernier étage, comme il l'est généralement,
désirant que ceux qui l'habitent y trouvent

un peu du confort répandu à profusion dans
les autres étages.
C'est aussi dans ce même ordre d'idées
que la Société anonyme des logements hy-


H. SAUVAGE et PùçaRe de
c. SARAZIN 71*ét<3Ùgne,.Pa!r7'.s

giéniques à bon marché vient de faire
construire à Montmartre, y, rue Trétaigne,
dans un quartier où les gens peu fortunés
trouvent difficilement à se loger sainement,
la maison ouvrière que nous reproduisons
aujourd'hui, et dès le début la Société a vu
son but pleinement atteint et ses espérances
se réaliser, grâce à l'heureuse conception
de MM. Sauvage et Sarazin, architectes qui
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