L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 6,2.1904

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L'ART DÉCORATIF

section des groupes en biscuit, où l'on ar-
riva à une grande habileté technique, trahie,
malheureusement, par le talent fécond mais
banal de cet artiste.


ÆpfsH fporce/aWe, som couverte^

L'empereur Alexandre III, peu satisfait
des allures mercantiles que prenait la Fa-
brique Impériale, défendit tout trafic de sa
céramique et en restreignit l'activité au strict
pourvoiement des nombreux palais impé-
riaux en fait de services et d'objets usuels.

Il donna aussi l'essor à une production ar-
tistique inspirée du principe de /urf jpoztr
AtrÇ noble fin à laquelle il ne ménagea ni
les études ni les frais.
Étant à même de suivre sur place les
étonnants progrès de la céramique à Copen-
hague, l'empereur ordonna de faire des
essais de la découverte danoise de la pein-
ture Ces premiers pas furent
faits en 1892, à Saint-Pétersbourg, sous
la direction de deux artistes danois. Et
Alexandre III fut si jaloux, dit-on, des
nouveaux essais, qu'il ne permit de donner
de ces nouveaux vases en cadeau à per-
sonne, au point qu'il conserva, sur son
bureau, les débris d'un vase brisé par acci-
dent.
De nombreux modèles furent apportés
de Copenhague et gardés dans le musée de
la Fabrique comme spécimens modèles de
la rénovation de l'art de la porcelaine.
Ici, nous sommes insensiblement arrivés
au point qui nous intéresse. Le désir de
l'empereur défunt de faire sortir la céra-
mique russe des voies battues et rebattues,
en en rénovant la facture et l'inspiration, a
trouvé son développement sous le nouveau
règne. Le mérite en revient largement au
nouveau directeur, le baron Wolf. Artiste
passionné et d'un goût sûr et d'une activité
hors ligne, il vient de faire faire des pas
de géant à la fabrique à lui confiée, depuis
quatre ans qu'elle est sous ses ordres, ainsi
que la fabrique de verrerie qui depuis 1890
ne travaillait qu'au verre'fin et au cristal.
Annexée depuis longtemps à la manufacture
de porcelaine et mise sous la même direc-
tion, on peut dire hardiment que le baron
Wolf l'a portée en avant de tout ce qui fut
fait au monde en cette spécialité.
Avant de présenter les productions nou-
velles de la Fabrique Impériale en fait de
porcelaine, nous ouvrirons en premier lieu
une parenthèse admirative aux objets en
verre gravé, parce qu'ils sont arrivés à un
degré inouï de perfection et qu'ils s'im-
posent à l'admiration sans réserve par l'ef-
fort prodigieux qu'ils représentent comme
main-d'œuvre.
Le verre, cette matière de vil prix,
friable et fragile, est devenu ici précieux à
l'égal des pierres fines. Les vases que nous

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