L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 6,2.1904

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L'ART DECORATIF

de topaze glacés d'opale, de grenat ou de
rubis. Il y a, de plus, ici des effets tirés du
ton mat du fond émerillonné, du poli cris-
tallin de certains contours, enfin des mille
surprises de la transparence des couches.
J'ai été particulièrement frappé de la
beauté d'une coupe verte, de forme trapue
et bizarre, à la transparence atténuée ; une
Ueur en haut-relief chatoyait là-dessus en
mille tons de l'iris, y mourait et renaissait
comme par magie si l'on retournait la coupe
vers l'ombre ou vers la lumière.
Il y a une douzaine de ces merveilles
dont la photographie ne peut donner aucune
idée. J'aurai voulu décrire le vase le plus
grand en hauteur (o"\3g). Il est à trois cou-
ches : de vert, de blanc et de jaune, qui se
tondent en un unique reflet de chrysoprase;
il est semé de libellules et traversé par une
tige de plante d'eau. Il a été payé mille
roubles au graveur.
Voici une étonnante gravure dans les
teintes topaze et grenat, relevée encore de
cabochons incrustés pour former les calices
des y7ezz7*x yûzzLzyL^ttex. Il mesure 3y centi-
mètres.
Le vase appelé L<?x C/zrzz^ozzx est dans
des tons mordorés et roses, d'un dessin aigu
et de beaucoup d'effet.
La main-d'œuvre de la petite coupe aux
L'creuAxex, d'un vert de mer teinté, a coûté
six mois de temps.
Voici le souvenir du uuxe û<? crAût/
blanc offert à M. le Président Loubet, et
tout sera dit pour la verrerie, à moins de dé-
crire encore l'effet étrange d'une coupe basse
en verre dépoli, d'un jaune jp<?/zzz*e ûe cz'fz'ozz
en fond orné de feuilles de rosier du
rouge vineux qu'ont si souvent les roses
remontantes de Nice.
Il y a beaucoup de très grands vases
de verre blanc gravés de dessins concaves,
pouvant servir de cache-pots : le verre est
d'une absence de couleur rz^xo/zze et sans
tares ; c'est gracieux.
Avant de pouvoir examiner les porce-
laines, il m'a fallu reprendre le sens des
couleurs simples en reposant les yeux par
la blancheur des auxquels on a tou-
jours donné ici une grande importance. La
pâte de Saint-Pétersbourg a le grain impal-
pable : l'examen à la loupe des portraits-

médailles de leurs jeunes Majestés régnantes
ne le laisse pas saisir; la couverte transpa-
rente lui donne le blanc doux du ML
éc;Vz7ze. On expose, d'après les maquettes
de MM. Adamson, Werner, de gracieuses
statuettes de femmes : Lu Vezz7ze.s'xe, Le ûez*-
7ZZ67' XOZZ^ZZ* Û Z77Z 77Ut'zL(?, Le LLzZ7'77ZZZ7œ ûe M
vugi/e; un buste de femme, Lu ALmbrz'g, de
dimensions absolument inusitées dans le
biscuit. Le ton est exactement celui du
Carrare, les sutures invisibles.
On se propose de faire toujours jVz/x
g*7Yt7zû. La copie en biscuit des chefs-d'œuvre
de l'Académie Impériale des Beaux-Arts a
été inaugurée au profit des écoles de pro-
vince. J'ai vu une statue d'enfant haute de
go centimètres.
Le sculpteur Timus attaché exclusi-
vement à la Fabrique Impériale) s'amuse
à une xezVe tLuzzzmuzzjc en biscuit et en
émail ; il essaye le biscuit à pâte teintée :
une JuzMz'zzz'Te formée de quatre femmes
entrelacées par leurs mains rejointes, dra-
pées dans leurs chevelures emmêlées; les
corps sont couleur ivoire, les cheveux roux;
c'est charmant. Notons, pour passer aux
porcelaines, le vase de Timus t Lex T^zx,
modelé dans la pâte, prodige de l'ouvrier
qui l'a exécuté.
Les services de table étant renouvelés à
mesure de Lz cux^e selon les types anciens,
Louis XV le plus souvent, ou simplement
blancs aux armes impériales, tout J'effort de
la direction nouvelle tend à produire des
types de vases décoratifs et coupes, ornés de
la nouvelle manière de peinture sous cou-
verte, en s'étudiant jalousement à ne point
tomber dans l'imitation plate du style da-
nois.
Cette difficulté sérieuse est déjà vain-
cue : la vitrine du Musée, remplie des pro-
duits de Copenhague, est là pour servir de
modèle du procédé et pour bien marquer
l'originalité parfaite des nouveaux essais de
Saint-Pétersbourg. Les porcelaines impor-
tées sont MzzMx sous leur couverte
épaisse et luisante; les teintes sont belles et
douces, mais l'ensemble monotone.
Le genre de la peinture sous cou-
verte, exécuté préalablement sur le vase en
pâte brute à sa première cuisson, ne dis-
pose que d'une gamme de couleurs très res-
treinte que le feu malmène et que la pâte
absorbe et altère par sa porosité ; c'est ainsi

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