L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 8,2.1906

Seite: 34
DOI Artikel: DOI Seite: Zitierlink: 
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art_decoratif1906/0046
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
L'ART DÉCORATIF


CH. HAIRON ÆcHfe <3 pondre

ceux de M. Karageorgevitch, où les formes
végétales, feuilles d'eucalyptus ou de capil-
laire, fleurs d'aubépine, sont ingénieusement
adaptées; de M. Mangeant, avec une singu-
lière coiffure, faite d'un paon en argent et
nacre, pour quelque reine ou impératrice
de théâtre, un sobre et charmant bijou,
broche ou pendant, fait d'anémones sylvies
en argent et ivoire, et plus raffiné de fac-
ture que ne le sont d'ordinaire les œuvres
de cet artiste; de M. Romané, un collier
d'émeraudes taillées en olives qui alternent
avec des motifs inspirés de l'eucalyptus, en
or vert ciselé; de Myton-Sauton enfin,
deux colliers d'argent découpé et repoussé,
dont la modestie et la simplicité ne sont
pas des défauts, bien au contraire.


M"'° MARIE GAUTIER

On se demande chaque année quelle
surprise nouvelle M. Delaherche tient en
réserve pour le Salon dans son petit pays
de la Chapelle-aux-Pots. Tantôt il nous en-
voie des porcelaines précieuses et vigoureuses
à la fois, tantôt des grès fins, aux formes
très variées dans leur pureté et leur parfaite
noblesse, et revêtus d'une mince couverte
au titane; cette fois-ci, voulant faire saillir,
dans cette admirable matière qu'est le grès,
le caractère foncier de robustesse, il est re-
venu aux formes les plus simples, telles
qu'en trouverait un potier rustique qui aurait
un sens exquis de la ligne, et aux colora-
tions puissantes que donnent le cuivre et le
fer. Sur des engobes brunes, ce sont de
grasses coulées, rousses, jaunâtres ou d'un
gris fauve, un peu de vert et de bleu çà et
là : toute une symphonie où chantent les
tons les plus chauds et les plus riches. Ils
n'ont qu'un défaut, ces pots superbes : ils
sont trop. Entassés dans leur vitrine, ils se
nuisent les uns aux autres.
A côté d'un tel céramiste, les autres
pâlissent quelque peu. Néanmoins l'on s'ar-
rête comme toujours avec grand plaisir de-
vant l'exposition de M. Bigot. Ce ne sont
que des bols, aux formes peu variées et
peu raffinées, mais la richesse de la palette
est singulière. A noter l'emploi d'épaisses
coulées blanches à crevasses voulues, qui
est dans la tradition du grand Carriès, et
vraiment très heureux. M. Bigot a exécuté
aussi, en grès clair, une jolie tête d'enfant
de Vallgren.
M. de Vallombreuse possède son art,
mais reste terne et tombe dans une certaine



34
loading ...