L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 8,2.1906

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L'ART DÉCORATIF A ANTINOË


clusif des couleurs les plus chères à l'émail-
leur de Babylone et de Suse; j'ai nommé
les couleurs bleu-cobalt, vert-émeraude,
jaune d'ocre et ocre rouge.
L'Extrême-Orient,
que l'antiquité ignora
presque, a laissé, lui
aussi, dans la ville
d'Hadrien, des traces
de son passage. Les
fleurs jaunes et vertes
qui occupent le centre
de notre figure 6 re-
présentent en leur
milieu des person-
nages d'allure hin-
doue, et les lions
adossés, placés au-
dessous, rappellent à
la fois certains ani-
maux de la Chine et
les lions byzantins.
D'ailleurs, la décora-
tion de cette soierie
peut être considérée
comme caractérisant
d'une façon remar-
quable l'art essen-
tiellement composite
d'Antinoë. Les dau-
phins placés dans les
pétales des fleurs
sont de style grec et
les marguerites semées
dans le champ ont
été empruntées au
répertoire des Assy-
riens ou à celui de
leurs élèves les Perses.
Les OU (Photographie Lémery)
croix à crochets de
l'Inde sont fréquem-
ment dessinés sur les vêtements des morts
ainsi que la feuille de l'arbre sacré boud-
dhique. La protubérance lumineuse des
bouddhas parfaits orne dans la tombe le
front de la dame Léoukaionia, ainsi que le
remarqua M. Guimet (fig. y). Enfin, où
l'influence de l'Extrême-Orient est tout à fait
remarquable, c'est dans l'exportation à An-
tinoë des le monde des Sémites,
des Egyptiens, des Grecs et des Romains
ignora toujours en effet les étoffes de soie
où la Chine excella de si bonne heure.

On s'étonnera peut-être, au cours de
cet article sur Antinoë, ville d'Egypte, de
ne pas nous avoir entendu parler de l'art
égyptien. C'est qu'au moment où cette cité

vit le jour, l'énorme empire des Pharaons,
dont l'origine plongeait dans l'infini des
âges, était mort depuis longtemps, mort
fOMf e;z?z'er et sans retour ; moins heureux
que les empires de Ninive et de Babylone,
qui inspirèrent si vivement l'art des Grecs
et des Perses, il s'était survécu à lui-même
dans une décrépitude dédaignée et, quand
enfin il disparut, ses voisins, au lieu d'être
restés des élèves, s'étaient depuis longtemps
élevés à la dignité de maîtres. Son in-
fluence, qui se manifeste surtout dans l'in-

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