L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 8,2.1906

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L'ART DÉCORATIF

ciet.EUe n'a jamais voulu peindre la mon-
tagne qui borne, limite, enclôt. Il lui faut
les vastes horizons de la plaine, les ciels
illimités, les jeux infinis de la lumière sous
les grands nuages sombres et sur les vastes
landes où dorment les eaux stagnantes.
Voyez ses paysages ! Des ciels profonds
où des nuages sanglants et des ombres
noires semblent dérouler un drame de la

un peu sèches, roides et sombres du début
DoMr/zée r/Gurz/ ou Vozr ale et
c'est elle qui dicte encore les accents dou-
loureux et poignants de quelques-unes de
ses plus belles œuvres : Artzzar mozVex, Voir
aT/zDer, Or%g*e aut prùziempx. Ces toiles, et
tant d'autres que l'on pourrait citer, portent
l'empreinte inoubliable d'une âme pathétique
et douloureuse.


A.CS Lqy<2g*CtO*.y (Photographie Boissonnas)
vie intérieure. Des routes solitaires qui vont
se perdre dans l'infini. Des eaux calmes et
transparentes où vient se refléter avec une
intensité poignante le drame du ciel et des
nuages. Une gloire de lumière et de soleil
couchant qui vient éclairer soudain un coin
de paysage tragique. Une menace de tem-
pête qui plane sinistre sur la large placidité
d'un soir d'été. Le poète des ciels tour-
mentés et des lointains apaisés, telle nous
apparaît Pauline de Beaumont dans la plu-
part de ses grands paysages. Mais, hâtons-
nous de le dire, il n'y a pas de
dans ces paysages d'une poésie si intime et
si intense. C'est par l'œil qu'elle a été
émue, et c'est par l'œil qu'elle nous émeut.
Une mélancolie intense, une tristesse
souvent tragique peut paraître d'abord la
note dominante de cette sensibilité artis-
tique. C'est elie qui remplit déjà les toiles

Et pourtant, ce n'est pas là la note
unique, ni le trait vraiment caractéristique
de cet art. U y règne souvent, comme dans
les Azzzïg'exùzzxoù*, une poésie large, grave,
apaisée, de la campagne assoupie sous le
ciel profond, qui évoque le souvenir de
Georges Sand.
Il y a, dans telle Voz'rde ùg ymV/ef, une
belle tranquillité, une grande sérénité des
champs joyeux et du ciel splendide. Il y a,
dans les Uq^t3g*<?zzr.<?, à ce contour de la
route qui fuit au déclin de la colline et
sous l'immensité du ciel mauve, moins de
tristesse poignante qu'une douceur apaisée
et la résignation d'une mélancolie fine.
Dans mainte autre œuvre — dans maint
surtout — sous le drame des ciels
orageux, un grand jet de lumière éclate
souvent, va percer les nuages et fait monter
vers le ciel comme un hymne de joie grave,

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