L' art français: revue artistique hebdomadaire — 1.1887-1888 (Nr. 1-53)

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Première année». -— N"

LE NUMERO : 15 CENTIMES

-15 Mai 188'

L’ART FRANÇAIS

Jr^auif j~A itistiipu' Jsf^rbïiomiiïiairc

Texte par Firmin Javel .

Illustrations de MM. SILVESTRE & C'°, par leur procédé de Glvptographie

Bureaux : 97, rue Oberkampf, à Paris

SALON DE 1887

(Troisième article)

M. Roll est l’un des triomphateurs les plus acclamés au
Salon de 1887.

Lejeune maître, auquel
on doit déjà plusieurs
grandes pages retraçant
diverses phases de la vie
sociale : le travail, la
grève,etc., poursuit l’œu-
vre énorme qu’il a entre-
prise, et nous montre,
aujourd’hui, l’homme
marchant à la mort pour
défendre sa patrie me-
nacée.

Sur un sol raviné, bos-
selé, dans un chemin
crayeux, ensanglanté,
barré de cadavres, un ré-
giment se rue à la ren-
contre de l’ennemi. Au
loin, sur les collines qui
bordent l’horizon, des
nuages de fumée indi-
quent que l’artillerie a
déjà commencé l’attaque.

Le jour se lève sur cette
scène terrible, conçue et
exprimée avec une sim-
plicité imposante. Ah! ce
ne sont plus ici les petits
bonshommes impeccable-
ment dessinés, léchés et
pommadés qu’on nous a
réprésentés si souvent !

Avec M. Roll, nous som-
mes en présence de vrais soldats, lourds sous le poids des
armes et des sacs, traînant péniblement leurs souliers dans
la boue, suant et soufflant, massés, compacts... A gauche,
un artilleur, muni d’une lampe, s’arrête pour mettre au
point un instrument d’optique... Là-haut, un officier, à
cheval, guide la colonne.

VIEILLE
Eliidp par

Le cœur se serre devant ce tableau, d’une expression si
intense, d’une observation si juste... L’émotion que le
peintre a ressentie, nous l’éprouvons à notre tour.

La Guerre, — marche eu avant, pourrait bien valoir à

M. Roll la médaille d’hon-

M. Rixens, lui aussi,
se préoccupe de la vie
moderne, de la vie du
peuple, et il nous intro-
duit dans une usine où
nous assistons au Lami-
nage de l’acier.

En face d’une gueule
de four d’où s’échappent
des torrents de lumière
aveuglante, des ouvriers,
le torse et les bras nus,
s’areboutent pour retirer
de la fournaise, par un
effort combiné, une pe-
sante et longue tige d’a-
cier. Un liseré de feu des-
sine les muscles gonflés
des bras de ces titans
inconscients, accentue la
la contraction pénible de
leurs rudes visages, et des
reflets lumineux se jouent
dans les plis de leurs pan-
talons, d’un bleu fripé et
sale.

Au fond du vaste ate-
: lier, devant d’autres

■ foyers qui font suite à
femme celui du premier plan,

Tu. r.moT d’autres groupes d’ou-

vriers s’échelonnent. Partout le travail et 1 animation.
L’œuvre de M. Rixens est traitée sobrement, et renferme

de sérieuses qualités de puissance.

Une grande toile, infiniment plus gaie, est la Noce à Ypot t,
de M. Albert Fourié. Ceci est une scène de mœurs villa-
geoises prise sur le vif.
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