L' art français: revue artistique hebdomadaire — 1.1887-1888 (Nr. 1-53)

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Première année. — N° 4

LE NUMÉRO : 15 CENTIMES

2-2 Mai 1887

L'ART FRANÇAIS

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Texte par Firmin Javel

Illustrations de MM. SILVESTRE & Clc, par leur procédé de Glvptographie

Bureaux : 97, rue Oberkampf, à Paris

ABONNEMENTS. — Paius : un an, 9 IV.; six mois, 5 frîmes. — Départements ; un an, ÎO fr., six mois, Q francs.

SALON DE 1887

(Quatrième article)

Andromède, fille de Céphée, roi d’Ethiopie et de Cassio-
pée, ayant eu la témérité de disputer le prix de la beauté
aux Néréides, Neptune,
pour venger les nymphes,
suscita un monstre marin
qui désola le pays.

On consulta l’oracle
d’Ammon, l’oracle ré-
pondit qu’il fallait expo-
ser Andromède aux fu-
reurs du monstre. Les
Néréides s’empressèrent
de lier la fille du roi sur
un rocher, et le monstre,
sortant de la mer, s’ap-
prêtait à la dévorer lors-
que Persée, monté sur
Pégase, intervint. Il trans-
perça le monstre d’un
coup de lance, brisa les
chaînes d’Andromède et
la dramatique aventure
finit comme un simple
vaudeville : par un ma-
riage 1

M. Carolus-Duran a
représenté Andromède
captive. De Persée, du
libérateur héroïque qui
tout à l’heure fendra les
airs sur son cheval ailé, il
n’est pas encore question.

Nous ne voyons pas d’in-
convénient à simplifier
un sujet, au contraire.

Lorsque tant de maîtres illustres, Rubens notamment,
• ont tenu à mettre en scène toute la fable d’Andromède et de
Persée, M. Carolus-Duran avait le droit indéniable de la
résumer dans sa plus intéressante figure, et il nous a donné
une page très simple et très belle.

Andromède, telle qu’il nous la montre, est debout, ados-

LA DEFENSE
E.-A. Dois

sée au rocher légendaire, un bras replié derrière les reins,
l’autre élevé et se recourbant sur sa tète, en un geste plein
de grâce et qui exclut toute idée de torture. Il semble, à
considérer ces lignes pures, ce visage d’une sérénité parfaite,
ce corps souple, d’une élégance toute patricienne, cette

carnation aux blancheurs
exquises, il semble, dis-
je, que la jeune captive
soit tout à fait rassurée
sur son propre destin.

Ilumme, ne crains rien : «Andromèdes
Sait le grand secret et sourit.

M. Carolus-Duran ex-
pose également un Por-
trait de Mme D... et de ses
enfants, où l’intensité des
étoffes bleues ôte tout
éclat aux physionomies.
Ici, le maître-peintre nous
paraît avoir été trahi par
son ardeur de coloriste à
outrance, et il faut regar-
der longtemps cette toile
importante pour y retrou-
ver les qualités qui ont
fait de M. Carolus-Duran
un des artistes les plus ori-
ginaux de notre époque.

Les deux tableaux de
M. Benjamin Constant,
Orphée et Théodora, n’ont
aucun côté assimilable.
L’un estunegrande figure
dramatiquement entrevue
dans l’ombre des préci-
pices qui conduisent aux
du foyer enfers; l’autre est une

Seal', sc. éblouissante évocation de

l’impératrice Théodora, assise sur son trône et couverte de
pierreries.

Le grand talent du jeune maître s’affirme à nouveau, et
d’une façon indiscutable, en ces deux superbes pages d’un
sentiment si opposé. Si la médaille d’honneur était attri-
buée à M. Benjamin Constant, nous n’en serions pas sur-
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