L' art français: revue artistique hebdomadaire — 1.1887-1888 (Nr. 1-53)

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L’ART FRANÇAIS

La dimension de la planche publiée à notre première pape nous
oblige à ajourner au prochain numéro le « Salon » de notre collabo-
rateur Firmin Javel.

LE NOUVEAU DIRECTEUR DES BEAUX-ARTS

M. Castagnary vient d’être nommé directeur des Beaux-Arts, en rempla-
cement de M. Kaempfen, appelé à la succession de M. de Ronchaud.

Donnons sur le nouveau directeur quelques détails biographiques :

Né dans les Charcutes, il fit ses études au collège de Saintes et vint à
Paris faire son droit.

Petit clerc d’avoué tout d'abord, il vécut dix ans dans l’étude de M° Bou-
din, et arriva au poste suprême de maître clerc, aux appointement de deux
cent cinquante francs par mois.

Entre temps, Fortunio Castagnary se liait d’amitié, dans le quartier
Bréda, qu’il n’a quitté que depuis quelques années, avec les artistes et les
littérateurs, ses voisins.

Il fit la connaissance de beaucoup d’artistes. Il connut Courbet dont il
devint le défenseur.

C’est alors que Charles Sauvestre fonda la Revue moderne, recueil au-
jourd’hui inconnu et qui ne vécut qu’une année, assez pour permettre à
M. Castagnary de faire un Salon qui fut considéré comme un chef-d’œuvre.

Le marquis de Chennevicres qui, lui aussi, devait être directeur des
Beaux-Arts, remarqua ce Salon et alla trouver l’éditeur Poulet-Malassis et
l’engagea à faire un volume des articles du jeune critique.

Personne, depuis Diderot, disait-il, n’a écrit de plus belles pages sur
l'art. C’est un précurseur dont la devise est : En avant.

Depuis 1857, M. Castagnary collabora à plusieurs revues ou feuilles
périodiques, c’est surtout au Courrier du Dimanche qu’il fut régulier.

En 18(>8, il entra chez llavin, au Siècle, où sa collaboration devint très
active pour les choses d’art. Il y resta onze ans, jusqu’en 1879, époque à
laquelle il tnt nommé conseiller municipal. Plus tard, il fut nommé con-
seiller d’État.

Voici maintenant une assez piquante silhouette, tracée par notre con-
frère Parisis, du petit cénacle artistique et littéraire où M. Castagnary fit
ses premières armes :

r.Vsl lui i|iii. Ir premier, osa monter à l’assaut de ta-bastille académii|ue; lui qui, le premier, osa
pousser le cri de “lierre contre le poncif et le convenu ; lui qui, le premier, osa dire aux peintres .
h l'art nouveau doii avoir pour base la nature et pour objectif la vie! » Et, comme tonte doctrine se
définit et se caractérise en un mot, il créa, pour définir et caractériser la sienne, le mot « naturalisme»
qui fut le h Itieu le veut I » de la croisade prêcher par lui contre l’Institut.

On voit i|ue M. Zola n'en a pas eu l’étrenne.

Tout cela, c’esl de l'histoire ancienne. C,'était déjà de l’histoire ancienne il y a vingt ans, alors que
j’avais le plaisir de rencontrer M. Castagnary dans une de ces parlolles fumeuses oit, chaque soir,
ou devisait d'art, de littérature, de politique et de quibumlain aliis, entre deux chopes de bière.,
qui ne venait pas encore de Munich. Le futur directeur des Beaux-Arts était alors un homme dans
toute la force de l’ùge, doux, cordial, all'alde, d'allure simple, presque négligée, et qui, la pipe vissée
aux dents, sous une épaisse moustache, ne nous apparaissait, comme les bienheureux, que dans un
nimbe de fumée. Oh I celte pipe éternelle, je l’ai revue longtemps dans mes rêves! Silencieux et taci-
turne, s’isolant volontiers au milieu de la conversation générale, où Vallès jetait sa noie pittoresque,
il ne hasardait que de rares paroles, entre deux bouffées. Les discussions artistiques avaient seules le
don de rompre ce mutisme et de fondre celte glace. Il suffisait, pour le « faire monter à l’échelle »,
d’insinuer que la peinture d’histoire et la peinture religieuse avaient du bon... La peinture religieuse !...
Il avait pour les anges le dédain de Courbet, le maître peintre... Et il vous eût dit comme lui : «Les
anges... en avez-vous quelquefois rencontré sur le boulevard?»

La nomination du nouveau directeur, a été accueillie avec une sym-
pathie générale.

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LA DIRECTION DU LOUVRE

La direction des musées, à laquelle vient d’être appelé M. Kaempfen,
comprend des services multiples et un nombreux personnel : les musées
dit Louvre, du Luxembourg, de Versailles, de Saint-Germain, des Thermes
et de l'hôtel Clunv, et le musée de sculpture comparée au Trpcadéro.

Dans le musée du Çouvre seul, nous trouvons six conservations : anti-
quités égyptiennes, sculptures grecque et romaine, antiquités orientales et
céramique antique, peinture et dessins, sculpture moderne, objets d’art
du Moyen-Age et de la Renaissance, marine, ethnographie.

Le personnel de la direction se compose de neuf conservateurs, cinq
conservateurs adjoints, huit attachés à la conservation, et d’un grand
nombre d'employés subalternes. Comme on peut le voir, si la situation de
directeur des musées nationaux est moins fatigante que celle de directeur
fies Beaux-Arts, elle n’est pas cependant de tout repos, comme on serait
peut-être tenté de le croire.

LES ENVOIS DE ROME

Nous avons dit que les envois des pensionnaires de la Villa Médicis sont
arrivés à l’École des Beaux-Arts où ils seront exposés pendant le mois d’oc-
tobre. En voici la liste :

Pensionnaires peintres. — 4e année. M. Popelin ; Saint Praxime, jeune
martyr dont le corps, jeté dans un caveau parmi les morts, ne subit pas
de décomposition. — 3e année. M. Baschet : copie, Fragment d’une fres-
que de la chapelle Sixtine. — 2e année. M. Pinta : Sainte Marthe. — lie
année. M. Axilette : étude, Baigneuse.

Pensionnaires sculpteurs.— 4e année. M. Ferrary : Décollation de saint
Jean-Baptiste ; esquisse, Adoration des Mages. — 3° année. M. Lombard :
Judith et Holoplierne. — 2e année. M. Puech : La muse d’André Chénier.
— lrc année. M. Gardet : 1° bas-relief en plâtre, Sursum corda ; 2° copie
en marbre, Faune (musée de Florence); 3° bas-relief en bronze. Idylle.

Pensionnaires architectes. — 4e année. M. Esquié : restauration de la
villa d’Adrien à Tivoli. — 3V année. M. Redon : temple de la Concorde ;
état actuel, élévation, restauration. — 2e année. M. d’Espouy : 1° dessous
de la vasque, musée du Capitole, chapiteaux et pilastres, musée de Latran,
bas-relief, villa Albani ; 2° vase fontaine, marbre grec, musée du Capitole;
3°théâtre de Marcel!us, détails; 4° études de décorations intérieures; Campo-
Santo hôtel Clérici, villa Médicis .à Rome ; aquarelles ; 5° détails du
Campo-Santo de Pise. — l1’0 année. M. André : 1° chapiteaux, musée de
Latran; 2° sépulture de Cécilia Metella; 3° fragments provenant du Forum
Trajan.

Pensionnaires graveurs en médailles et en pierres fines. — 2e année.
M. Naude : 1° Sainte Cécile, d’après Donatello ; 2° Pastorale, esquisse en
cire ; 3° dessin d’après Bollini.

Pensionnaires graveurs en taille douce. — 4e année. M. Barbotin : la
Madone aux bambins, d’après del Sarte. — 2°' année, M. Sulpis : dessin
des figures d’après nature pour la gravure d’Adam et d’Ève, ladite gravure
ébauchée, dessin d’après Albert Durer (Adoration des mages), gravure ter-
minée d’après Albert Durer.

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Pchos ^Artistiques

Le concours Troyon :

Quarante-cinq tableaux ont été déposés au secrétariat de l’Institut pour
le concours Troyon. Le jugement a lieu dans la première quinzaine d’oc-
tobre.

Le prix est de la valeur de 1,200 francs, et l’œuvre couronnée reste la
propriété de l’artiste.

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Le buste de M. Léon Rénier, membre de l’Institut, professeur cl’épi-
’graphie et d’antiquités romaines au Collège de France, vient d’être com-
mandé par la direction des Beaux-Arts à M. Iselin, auteur du buste du
président Boileau qui figure au Luxembourg.

Le buste de M. Léon Rénier est destiné à la salle des conférences de la
Sorbonne.

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Le jury spécial de la section d’architecture à l’École des Beaux-Arts, a
rendu, la semaine dernière, le jugement suivant, pour la construction

générale :

21' médaille : MM. Yallot, élève de M. Drouillard; Cuéry, élève de
M. Pascal ; Jost, élève de M. André.

3° médaille : MM. Dupont, élève de M. Daumot ; Bersiat, élève de
M. Guadet, Cargill. élève de M. Daumet ; Babouin, élève de M. Guadet.

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La ville de Nîmes vient d’ouvrir des souscriptions pour l’érection de
quatre statues d’un caractère différent, et bien faites pour intéresser les
sculpteurs des tempéraments les plus divers.

L’une, serait élevée à Fléchier ; la seconde, à Guizot ; la troisième, au
conventionnel Rabaud-Saint-Etienne ; et enfin la dernière, à l’explorateur
Paul Soleillet.

F. J.

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lAfin cféviter tout retard et toute interruption dans Yenvoi du
journal, les personnes dont l’abonnement expire le jo septembre sont
priées de le renouveler le plus tôt possible.

Le gérant : SILVESTRE.

Pauis. — Glyptoqraphie SILVESTRE k C'°, rue Qberkampf, 97.
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