L' art français: revue artistique hebdomadaire — 1.1887-1888 (Nr. 1-53)

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L’ART FRANÇAIS

LE DROIT DE 33 POUR CENT

On n'a pas oublié l’émotion causée, il y a quatre ou cinq ans,
dans les ateliers parisiens, par Tin vraisemblable nouvelle qui
arrivait d’Amérique, et d’après laquelle l’importation des tableaux
et autres objets d’art français était frappée d’un droit de 33 pour
cent ! Il faut relire les gazettes du temps pour se faire une idée de
l’indignation, fort légitime, de nos artistes, et de leurs impréca-
tions contre le protectionnisme à outrance des Américains.

Tout dernièrement, un projet de loi a été déposé sur le bureau
des Chambres des États-Unis, tendant à exonérer les objets d’art
de tous droits d’entrée. Cette proposition sera-t-elle adoptée ? Il
y a lieu de le croire, car le parti libre-échangiste commence à
« relever la tête », à ce que disent les feuilles politiques les mieux
informées.

Or, voici le plus curieux de cette affaire : nos artistes, inter-
viewés par un reporter du Matin, auraient laissé à entendre qu’ils
désiraient vivement le maintien du droit de 33 pour cent, et ce,
sous prétexte que ce droit est une garantie pour la vente des
tableaux d’une valeur réelle, reconnue, pour les œuvres « cotées »
en un mot.

Si je comprends bien, le droit de 33 pour cent facilite l’expor-
tation en Amérique de nos toiles de maître et s’oppose à celle des
ouvrages médiocres, qui nous restent impitoyablement. En vérité,
ceci nous rappelle la scène du Médecin malgré lui ou. Martine et
Sganarelle se retournent tous deux contre l’infortuné M. Robert!

« Et s’il nous plaît, à nous, d’être frappés... d’un droit de
33 pour cent ! Mêlez-vous de vos affaires, etc., etc. «

C’est absolument la même situation : d’une part, de braves
gens qui s’efforcent de secourir des opprimés, et, d’autre part, des
opprimés qui ne veulent pas être secourus.

Ce qu’il y a de plus fâcheux,c’est que MM.les artistes «cotés»,
c’est-à-dire ceux dont les œuvres se vendent en Amérique, malgré
le fameux droit, ne réfléchissent pas assez au préjudice que ce
droit cause aux jeunes peintres de talent non encore « cotés ». En
quoi ces messieurs nous semblent passablement égoïstes et nous
le leur disons tout net. ■»

Nous espérons que le bill sera voté quand même et que nos
jeunes artistes ne seront plus obligés, à l’avenir, d’aller s’établir
à New-York pour vendre leurs tableaux aux richissimes collec-
tionneurs Américains. F. j.

■---y\Y .----

A.-F. CLÉMENT

Au moment de mettre sous presse, nous recevons d’Alger une doulou-
reuse nouvelle : notre ami A.-F. Clément, le peintre de la Sieste, de
Nymphes surprises, du Portrait de Paul Arène et de tant d’autres pages
fort remarquées, a succombé à la maladie dont il souffrait depuis long-
temps. Nous ne pouvons, aujourd’hui, qu’adresser à la hâte, à la malheu-
reuse et digne compagne de notre ami. l’expression de notre chagrin
sincère.

Dans notre prochain numéro, nous tâcherons de dire ce que fut le peintre
qui vient de mourir, et nos lecteurs nous sauront gré de reproduire une
de ses œuvres principales. F. J.

-; %=rc-—

SALON DE 1887

La multiplicité des questions artistiques que nous avons à étu-
dier ici, chaque semaine, nous a mis en retard avec certains en-
vois remarqués au dernier Salon. Toutefois, des trois ouvrages
que nous reproduisons dans le présent numéro deux, ont été déjà

signalés à l’attention de nos lecteurs. Nous n’avons plus à dire la
grâce exquise, le mouvement libre, naturel, surprenant de sincé-
rité, T élégance tout à fait séduisante du Mozart de M. Barrias,
et nous ne pouvons que féliciter le maître statuaire, dont l’œuvre
a gardé, dans sa tranformation, toute sa fraîcheur primitive.

De même nous avons dit à quel point M. Fernand Pelez s’en-
tendait à exprimer les souffrances des « petits ». Comme on
pourra s’en convaincre en regardant le « PUd de misère » que
nous donnons aujourd hui, le jeune maître se double volontiers
d un philosophe, car sa peinture, outre de très brillantes qualités,
a ce privilège d’être avant tout suggestive.

Rappelons que Y Art français a reproduit, dans ses derniers nu-
méros :

Le Soir, de M. Duez, vaste composition d’un beau senti-
ment mélancolique, où des vaches, éparses dans une prairie au
bord de la mer, tournent leurs regards vers le soleil à son déclin;

Très de Vembouchure du Gouët, paysage aux lignes simples, d’un
agencement original, par M. Vauthier.

Le Portrait de 5VCIIe ***, par M. Jean Gigoux, dont nous avons
déjà signalé le grand succès au Salon et au Musée du Luxembourg.

Sans gîte, par M. Bellet.

Réflexions après le Pardon, par M. Wigand.

<A F Eglise-, par M. Smith.

Une Epave, par M. Reinhart.

Une Sortie, par M. Haquette.

Un glaive transpercera ton âme, par M. Courtois.

Et, parmi les tableaux militaires, le Reischoffen, une des plus
belles œuvres de M. Aimé Morot, la Bataille de Jemmapes, par
M, Paul Sinibaldi, la Mort du colonel Chartier, par M.Marius Roy
et le 7e de ligne à F assaut de Malakoff, par M. Boutigny. a. f.

I ■ --- ^ _ —('ÿy-— —^ .——

pCHOS y^R.TISTIÇUJES

Un nouveau livre de M. Jean Dolent est toujours une bonne fortune
pour les lettrés et pour les amoureux d’art ».

Amoureux d’art, tel.est le titre du nouveau volume où notre très dis-
tingué confrère a réuni les pensées, les observations, les épigrammes les
plus curieuses, originales et substantielles qui soient.

Parfois, M. Jean Dolent raconte simplement ses impressions au Salon :

« Avec plaisir, paiement du plaisir pris, je cite les paysages de Pointelin,
d’Emile Bar au. »

Parfois, il formule en deux mots une critique amère :

« A des époques régulières, j’entends dire : « On a récompensé tels
peintres ».

«. Je n’entends jamais dire que l’on en ait puni. »

Amoureux d'art est, vous le voyez, un livre à lire et à relire.

X

L’ouverture du Salon de Lyon aura heu le 17 février.

X

Un grand dîner était offert, la semaine dernière, par le comité de la
société des Amis des monuments parisiens, à l’élite des artistes et des
érudits. Parmi les convives: MM. Ch. Tranchant, Bourdais, Leclerc (archi-
tecte du château de Versailles), Jobbé-Duval, Guillon, Maignan (artistes-
peintres), le prince Roland Bonaparte, Silvestre (directeur artistique de
Y Art français), etc., et enfin M. Charles Normand, le sympathique secré-
taire général de l’association.

Plusieurs allocutions ont été prononcées et chaleureusement applaudies.

X

Une exposition des beaux-arts, peinture, sculpture, architecture, gra-
vure, photographie, arts décoratifs et outillages, sera ouverte à Tunis en
même temps que le concours agricole et hippique le 25 avril prochain.

Les envois destinés à cette exposition seront reçus jusqu’au 11 avril in-
clusivement. Ils devront être adressés à l’inspection de l’agriculture de la
régence à Tunis. Une commission locale sera chargée de la réception et
du classement des œuvres exposées. Les frais d’expédition en petite vi-
tesse seront payés par la ville de Tunis. Les envois pour cette expédition
seront reçus sans conditions de provenance ni d’origine. F. J.

Le gérant : SILVESTRE.

Paris. — Glyptographie SILVESTRE 4 C‘*, rue Oberkampf, 97
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