L' art français: revue artistique hebdomadaire — 1.1887-1888 (Nr. 1-53)

Seite: gz
DOI Heft: DOI Seite: Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art_francais1887_1888/0182
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
L’ART FRANÇAIS

à Lyon réorganiser l’Ecole des Beaux-Arts. Il y consacre trois ans
d’efforts, couronnés d'ailleurs d’un succès complet, puis, après
une dernière absence motivée encore par une mission — le gou-
vernement français lui avait commandé une copie d’une fresquede
Mantegna, qu’il alla exécuteràPadoueetqui se trouve actuellement
à l’Ecoledes Beaux-Arts.— Clément se fixe enfin à Paris, d’où fine
devait plus sortir que pour aller récemment, demander vainement,
hélas! au climat d’Algérÿe une amélioration à son déplorable état
de santé.

J’ai dit que, parmi ces pages les plus belles, figure la Sieste.
Théophile Gautier tenait cette toile en grande estime.

« Nous avons revu avec plaisir, écrivait-il, cette belle femme
brune, étendue sur des linges blancs, comme une Vénus du Ti-
tien, et notre admiration pour elle s’est augmentée encore...
Comme ces chairs sont vraies, fermes et pleines de suc ! La vie y
circule ; elles sont supportées par des os et des muscles et n’ont
pas le moindre rapport avec ces crèmes fouettées blanches et ro-
ses dont on pétrit les nudités de boudoir. C’est une vraie romaine,
une fille de la Louve, rendue avec un art tout italien.

Cette belle étude de nu est aujourd’hui la propriété de M. Haro.

Citons encore, parmi les meilleurs ouvrages de Clément : le
Chariot Egyptien,—Femme arabe pleurant sur le tombeau de son mari
(Musée de Lyon), —Episode de la guerre de tSyo, — Vœu à Saint
Antoine de Padoue,— Circassienne au Harem, — le Plat in, —
Nymphes surprises, « d’une splendeur vraiment corrégienne », a
dit M. Paul Arène, — et toute une série d’admirables portraits,
tels que ceux de Mistral, Paul Arène, Maurice Faure, Clément,
père; MmeClément, Mmc Mistral, MlleZiba,Nubar,MgrSibour,etc.

Telle est, dans ses grandes lignes, l’œuvre du peintre dont la
mort a été une perte cruelle pour l’école française. f.J.

-.-—----

LA DÉCORATION PICTURALE DE L'HOTEL DE VILLE

La commission consultative, dans son avant-dernière séance, a terminé
ses travaux en ce qui concerne les salons en arcades. On sait qu’il lui res-
tait à désigner les paysagistes auxquels on confierait l’exécution des douze
petits panneaux qui se trouvent sur les pilliers ou entre-fenêtres de ces
salons. Voici les propositions qu’elle a faites :

Salon de.s lettres (plafond : M. Jules Lefebvre ) : MM. Guillemet, Lan-
syer, Lavieille, Henri Saintin.

Salon des Arts (plafond ; M. Bonnat) : MM. Bellel, Gustave Colin, Fran-
çais et Lapostolet.

Salon des Sciences (plafond ; M. Besnard) : MM. Jolm-Levis Brown,
Lépine, Luigi Loir et Pierre Vauthier.

La commission, pour terminer la décoration de cette partie de l’IIôtel
de Ville n’a plus qu’à s’occuper de la galerie qui dessert ces trois salons
et fait communiquer l’escalier du préfet avec la salle à manger.

La commission s’est encore occupée delà décoration des couloirs pa-
rallèles à la salle des Fêtes et qui donnent sur les cours intérieures de
l’Hôtel de Ville. L’exécution de grands panneaux, sur lesquels seraient re-
présentés des paysages, doit être accordée à MM. Jules Breton, Damoye,
Harpignies, Pelouze et Itapin.

Enfin, on a commencé la discussion au sujet des peintures de la grande
salle des Fêtes. Le plafond comprend cinq surfaces : trois grandes et deux
petites. Pour juger de l’ensemble décoratif, la commission avait prié un de
ses membres, M. Lavastre, de faire une grande esquisse représentant le
plafond et les grands ornements qui l’accompagnent.

Dans sa dernière séance, la commission de la décoration picturale de
rilôtel-de-Ville, a examiné la question de savoir s’il y avait lieu de procé-
der par la mise au concours ou par la commande directe pour la décora-
tion de ce plafond dfc la grande salle des Fêtes. Après une longue discus-
sion, c’est la commande directe qui a prévalu.

Par contre, la décoration de la galerie qui donne sur la place Lobau
sera mise au concours.

Aujourd’hui, la commission désignera les artistes qui seront proposés au
choix du conseil municipal pour la peinture de la salle des Fêtes. II est
probable que ces artistes seront réunis, comme pour les salons à arcades,
en trois groupes, avec trois chefs de groupe.

—-----

LE PROCHAIN SALON

( Suite).

M. Henner : outre le Saint Sébastien que nous avons annoncé,
et qui fera sensation, le maître envoie un Portrait de femme, d’une
très jolie femme rousse, les cheveux dénoués, et demi-vêtued’une
étoffe de peluche bleue aux reflets blancs, d’un effet éblouissant.

M. Galland : Saint Denis prêchant, grand panneau destiné à la
décoration du Panthéon.

M. Brispot : Le départ pour la Mairie et le Tir aux Figeons.

M. Weisz : Fiancée (costume slave).

M. Wertheimer : la Danse des Sirènes et la Fiancée du lion.

M. Humbert : Maternité (triptyque).

M. Lansyer : Vue de F Institut et ‘Paris vu de la terrasse de No-
tre-Dame.

M. Krugg : Fille des eaux et Portrait de M. Oudin, magistrat.

M. Laroche : Portrait de MUc ***

(A suivre), f. j.

» -» - ^ *-,

jACHOS yVRTISTIÇFUES

LE MUSÉE I)ES PORTRAITS

On annonce, au moment où nous écrivons ces lignes, l’inauguration de
la salle des portraits au musée du Louvre.

La salle renferme une centaine d’œuvres ; les meilleures places ont été
réservées aux portraits des artistes peints par eux-mêmes. Ce sont les
portraits de David, Delacroix, Courbet,Goypel, Fragonard, Lebrun, Greuze,
Philippe de Champaigne. On y voit encore les portraits de Mansard et de
Perrault, Sébastien Bourdon, Puget, Nicolas Poussin, Van-Dyck, Mignard,
et le merveilleux portrait de Rembrandt peint par lui-même.

On voit par cette énumération qu’il ne s’agit que de peintres et d’artistes
de haute valeur.

Nous rendrons compte, dans notre prochain numéro de la cérémonie
d’inauguration de la salle des portraits.

X

Un marchand de tableaux établi 115, rue de Rennes, avait exposé dans
sa vitrine lin pastel qui, l’an dernier, a figuré au Salon. Ce pastel, dont
nous donnons aujourd’hui une reproduction est l’œuvre d’un artiste connu,
M. Charles Daux, dont un tableau : le Rendez-vous sur l'herbe, a été mé-
daillé au Salon de 1886.

Dernièrement, le commissaire de police du quartier Notre-Dame-des-
Ghamps s’est rendu chez le marchand, lui enjoignant de retirer de sa
montre le pastel en question, représentant une étude de femme nue, sous
prétexte qu’il offensait la morale publique.

Le marchanda déféré à l’invitation du commissaire.

Il paraît que nous avons, décidément, deux morales publiques — l’une
pour le Salon, l’autre pour la rue.

M. Daux vient d’en faire l’expérience à ses dépens.

X

La vente des œuvres de Gustave Guillaumet a obtenu le même succès
que l’exposition, dont nous avons rendu compte.

Les trois vacations ont donné un produit total de 275,000 francs.

Au début de la dernière vacation, le commissaire-priseur qui dirigeait
la vente a annoncé que la famille du peintre défunt offrait à l’Etat, pour le
musée du Luxembourg, le tableau le Resert, œuvre importante, mesu-
rant 1 in10 en hauteur et 2 mètres en largeur.

X

Le concours préparatoire ouvert à Bordeaux, pour le monument des
Girondins, a été jugé hier.

En voici le résultat :

Sont admis ex-æquo, au concours définitif, les projets suivants :

U» Projet présenté par MM. Esquié, architecte, et Labatut, statuaire.

— Devise : Atal fa qui pot.

2° Projet présenté par M. Guadet, architecte et statuaire. — Devise :
Dette de famille.

3" Projet présenté par MM. Deverin, architecte, et Dumilàtre, statuaire.

— Devise : Gloria■ victis.

4° Projet présenté par MM. Edouard Larché, architecte, et Raoul Lar-
ché, statuaire. — Devise : Lex.

50 Projet présenté par MM. Rouyrre, architecte, et Léopold Steine, sta-
tuaire. — Devise : Pax.

Tous les concurrents habitent Paris.

X

La statue de Parmentier, œuvre du sculpteur Gaudez, qui doit être éri-
gée à Neuilly, le 10 mars prochain, se trouve exposée depuis quelques
jours à la mairie de cette localité.

Parmentier est représenté debout, plus grand que nature. Une bêche est
à ses pieds. La tête légèrement inclinée, il tient à la main un échantillon
de sa récolte, une pomme de terre fraîchement coupée, qu’il examine
avec curiosité.

Un banquet et un bal sont annoncés pour le jour de l’inauguration.

X

Nous avons le regret d’apprendre la mort de M. Charles Isface, corres-
pondant de Y Art français à Bruxelles.

M. Istace comptait de nombreuses sympathies dans la presse parisienne,
qui perd en lui un représentant actif, intelligent et dévoué.

Ajoutons que M. Istace fils, qui succède à son père, saura certainement
s’inspirer de ces traditions. F. j.

Le gérant : SILYESTRE.

Paris. — Glyplograpliic SILYESTRE & C'\ rue Olicrkainpf, !>7
loading ...