L' art français: revue artistique hebdomadaire — 1.1887-1888 (Nr. 1-53)

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Première année. — N° 48 LE NUMÉRO : 15 CENTIMES 24 Mars 1888

L'ART FRANÇAIS

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Texte par Firmin Javel

Illustrations de MM. SILVESTRE & Clc, par leur procédé de Glyptographie

Bureaux : 97, rue Oberkampf, à Paris

ABONNEMENTS. — Paris : un an, 9 fr.; six mois, 5 francs. — Départements : un an, ÎO fr.; six mois, 6 francs.

SOMMAIRE

ILLUSTRATIONS : R” page : La Lettre [R. de Cuvillon) j — 2* page : Le boulevard ("Jean

Béraud) ; — Le parc Monceau (Jeanniut).

TEXTE : La Fête clés Itapms L’abbé Jules;—Leprocliain Salon;—Echos;— Correspondance.

LA FÊTE DES RAPINS

Une fois par an,
les élèves des diffé-
rents ateliers de pein-
ture et de sculpture
ont quelques heures
de franche gaieté.
C’est le jour où ex-
pire le délai fixépour
le dépôt des envois
au Salon.

Ce jour-là, on se
réunit aux abords de
certaine porte du Pa-
lais de l’Industrie,
celle qui lait face au
Diorama. A partir de
midi, le nombre des
rapins grossit de mi-
nute en minute. Bien-
tôt ils sont cent, ils
sont cinq cents, de-
bout sur le trottoir,
maintenus à grand’-
peine par de malheu-
reux gardiens de la
paix qui tout leur
possible pour rester
graves... mais qui ne
tardent pas à rire des
spirituels !a~^is par-
tant de droite et de
gauche, presque sans
interruption.

Ce jour-là, c’était
jeudi dernier 15 mars,
et la petite fête an-
nuelle a eu lieu com-
me d’habitude, en-
core que deux ou trois
averses Paient quel-
que peu dérangée.

EXPOSITION DES AQUARELLISTES

Là, encore, on peut constater que l’élément pittoresque et l’é-
lément moderne ne sont pas du tout incompatibles. Rien, en
effet, n’est plus digne de tenter le talent d’un peintre de genre

que le spectacle de

r. de cuvillon. — La Lettre.

cette foule en liesse,
où toutes les têtes
sont jeunes, les yeux
intelligents, les voix
vibrantes, formant la
haie sur une bordure
de trottoir et de-
vant laquelle défilent
des commissionnai-
res chargés de cadres
enveloppés de serge
verte ou de lustrine
noire.

Les cadres , avec
leurs porteurs, dispa-
raissent un à un dans
le vaste couloir au
fond duquel se tien-
nent les gardiens du
palais ; d’autres sur-
viennent, qui dispa-
raissent àleurtour, et
il en va ainsi jusqu’à
six heures du soir.

Or, il est des plai-
santeries de tradition
qui ne manquent ja-
mais leur effet, et qui
jettent une gaieté
charmante sur ce pe-
tit tableau parisien.

Si le cadre qui
passe renferme, par
exemple, le portrait
d’un général, aussitôt
le choeur des rapins
imitant le tambour
« bat aux champs »
avec un ensemble
tout militaire.

Est-ce l’image d’un
évêque que le com-
missionnaire apporte?

Pourle flâneur doué d’un peu d’observation, ilyalà un intéressant
sujet d’étude, un coin peu connu du Paris pittoresque, du Paris mo-
derne (car ] ai déjà eu 1 occasion d avancer ceci : que le pittoresque
n’a peut-être pas disparu autant qù’on voudrait nous le faire accroire).

Alors le choeur entonne le cantique :

Esprit saint descende1 en nous (bis)

Embrase~ notre cœur de vos feux_

... De vos feux les plus doux...
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