L' art français: revue artistique hebdomadaire — 2.1888-1889 (Nr. 54-105)

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Deuxième année. — N° 99

LE NUMERO : 1b CENTIMES

18 Août 188;

L'ART FRANÇAIS

JScfc finie j^Crtistique J^rbàomatniirr

Texte par Firmin Javel

Illustrations de MM. SILVESTRE & Cie, par leur procédé de Glyptographie

Bureaux : 97, rue Oberkampf, a Paris

ABONNEMENTS. — Pau is : un an. 9 francs; six mois, S francs. — Dki'Aktkmknts : un an, ÎO francs; six mois. 6 tenues.

Salon de 18 8 8

NOS ILLUSTRATIONS

Le portrait tient, aux Salons annuels, une place de plus en plus
importante. Nous avons reproduit dej a plusieurs des plus lemat-
quables envois de nos portraitistes en vogue. Aujourd hui encore,
nous croyons devoir montrer a nos lecteurs, a tous les amis
de l’art , le beau ‘Portrait de

M. le Dr., par M. Henry

Axenfeld.

C’est là une oeuvre calme et
simple, sans accessoires préten-
tieux ou tout au moins encom-
brants. C’est l’image, très carac-
téristique, et tracée par une main
sincère, d’un homme de science
voué tout entier au soulagement
des souffrances humaines. Nous
ne nommerons pas le docteur...,
parce que cette indiscrétion lui
serait particulièrement désa-
gréable. Mais vous saurez son
nom demain, si déjà la Renom-
mée aux cent bouches ne l’a
porté à votre oreille.

A propos de ce portrait, je
voudrais laisser au peintre, M.

Axenfeld , qui est en même
•temps un esthète distingué, le
soin d’exposer lui-même ses
idées sur l’art. Pour cela, il me
suffira d’ouvrir son récent ou-
vrage : les grands peintres (Ecoles
d’Italiei) (Les grands dessina-
teurs : Leonard de Vinci, Michel-
Ange, %aphaéi) (i) :

« Bien qu’un public de plus
en plus nombreux s’intéresse de
nos jours aux choses de l’art, dit M. Axenfeld dans sa préface, on
rencontre encore peu de gens qui en parlent avec connaissance
de cause. Certaines ignorances naïves, presque injustifiables à no-
tre époque, ne sont guère plus rares qu’autrefois. Pour beaucoup
de personnes, le dessinateur ne serait qu’un photographe pouvant
se passer de son appareil, le coloriste un homme qui possède le

H. AXLXITLD.

secret de fixer sur la toile la couleur des objets telle qu’elle se re-
flète dans la glace. Ceux qui passent pour raffinés et qui, sans
avoir pratiqué l’art, ont cependant la prétention de légiférer en
cette matière, accordent au peintre la faculté de choisir dans la
nature ce qu’il peut y trouver de plus parfait pour le « perpétuer
par son pinceau », comme aurait dit M. Thiers ou M. de Kéra-
trv, auteur du Beau dans les Arts, au temps de la Restauration.

» Enfin, les amateurs, partisans exclusifs de « l’art spiritualiste »,

veulent que le peintre élague ou
amende systématiquement ce
que la réalité offre de défectueux
ou d’une matérialité trop gros-
sière, quitte à trahir la vérité.

» Je ne conteste pas qu’il n’aient
un peu raison les uns et les au-
tres, mais il importe ici de s'en-
tendre .

» Le peintre qui se proposerait
de rivaliser avec le miroir, pour
la reproduction exacte de la cou-
leur, se heurterait à un obstacle
infranchissable, nos couleurs, si
nombreuses , si perfectionnées
qu’elles soient, ne sauraient ren-
dre d’une manière absolue les vi-
gueurs des clairs et des ombres
produites même par la lumière
diffuse, ou par celle de la lampe,
à plus forte raison par celle du
soleil.

» Quant au dessin, lors même
qu’il ne s’agirait que de copier une
estampe, un dessinateur, à moins
de recourir au calque, commettra
des erreurs énormes, fùt-il de la
force de Raphaël. Et pour preuve,
superposez la copie à l’original,
comparez-les ensemble par trans-
parence, vous y constaterez des
écarts invraisemblables. Je vais même plus loin . si plusieuis al-
tistes taisaient le calque du unhiie tableau, chacun d eux \ mettiait
tellement de sa personnalité qu’on pourrait, pourvu qu on fût
familier avec sa manière habituelle de dessiner, attribuer chacun
des calques à son auteur.

« D’après ce qui vient d’être dit, on voit que l’homme imagi-
naire, muni par la Providence du proxeibial tonipas dans I uni,
u’a jamais existe ; et quand meme il extstetait, a quoi seiait-il

Port rail de M le L)1'.
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