L' art français: revue artistique hebdomadaire — 2.1888-1889 (Nr. 54-105)

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L’ART FRANÇAIS

MM. Krug, Le Fustec, George Sauvage, Sevestre, ont des
portraits d’un réel mérite.

M. Fouace expose des natures mortes qui donnent l’illusion de
la vérité ; M. Le Marié des Landelles, un grand paysage autom-
nal qui a figuré au Salon avec succès.

Les aquarelles de M. Cassagne sont toujours les meilleurs mo-
dèles qu’on puisse recommander aux jeunesartistes désirant s’ini-
tier aux secrets d’un art exquis, et Mme Marie Adrien s’affirme
comme peintre de fleurs.

Comme sculpture, il faut citer: une statue de belle allure, Y Es-
pérance, par M. Ludovic Durand ; deux bustes ravissants de
Mme Kelly Coûtant et un médaillon tout à fait gracieux, représen-
tant un profil de jeune fille, mais dont nous ne saurions nommer
l’auteur.

Telle est, en quelques mots, cette exposition originale, dont
l’inauguration a eu lieu le 15 septembre et dont le succès ne nous
paraît pas douteux. F. j.

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Salon de 1888

NOS ILLUSTRATIONS

M. Delobbe, avec sa Jeune Vendangeuse, m’a remis en mémoire une
idylle que l’on se raconte chez nous, à la veillée, quand les tonnes sont
rentrées à la cave et que le jus du raisin commence à fermenter :

Il vendangeait côte à côte avec Elle.

Ils étaient cousin et cousine.

Ils allaient, cueillant de ci, de là, une grappe blanche ou noire, qu’ils
se disputaient en riant. Lui, mettant un grain de raisin entre ses dents, le
présenta à la jeune fille qui, confuse, hésitante, finit par approcher ses
îèvres vermeilles.

Au moment divin où le grain éclatait (de joie, sans doute), parfumant
les fraîches haleines de ces bouches de seize ans, une voix sévère reten-
tit au loin.

C’était celle de la mère-grand.

— Arrêtez donc, enfants ! criait la vieille de toutes .ses forces. Fous
coupez chez le voisin !

Je ne sais pas si la jeune fille, aujourd’hui épouse et mère, respectée,
a oublié cette aventure déjà ancienne. Mais je puis lui affirmer que lui
s’en souvient et qu’il s’en souvient surtout lorsqu’il voit une petite Ven-
dangeuse aussi jolie et aussi rêveuse que celle de M. Delobbe !

L’un des jeunes peintres militaires qui donnent le plus d’espérance est,
à notre avis, M. Sergent. Son tableau de cette année est vraiment plein
d’action, de fougue; plein de cette fuma francese si redoutable. De plus,
il présente un aspect pour ainsi dire « neuf». Il 11e rappelle pas toutes les
scènes de bataille connues. Le dessin en est ferme et sobre. Il représente
la Charge de Vinfanterie de manne à Bazeilles, qui eut lieu le 31 août
1870, à onze heures du matin.Ce jour là, la brigade Martin des Pallières
aborda, sous un feu meurtrier, le village de Bazeilles et, après un combat
acharné, l’enleva aux chasseurs bavarois de Von-der-Tham. De tels
héroïsmes doivent être racontés par la plume et par le pinceau. Ils ne
sauraient être rappelés trop souvent aux jeunes générations. ■

Nous avons déjà parlé, dans ce journal, de la Nymphe de Diane, de
M. Abel Boyé, dont on trouvera plus loin la reproduction. Nous avons
essayé de dire la séduction pénétrante que le jeune peintre a su donner à
cette jeune femme caressant un cerf, au bord d’un étang, dans la poésie
d’un beau soir d’été. Que pourrions-nous ajouter aujourd’hui à notre
appréciation de la première heure?

Notre admiration pour cette toile vraiment remarquable est demeurée
la même. Aujourd'hui encore nous ne pouvons regarder d’un œil indiffé-
rent cette élégante et superbe figure de femme, dont les contours, comme
liserés de lumière, se dessinent avec une grâce si noble sur un paysage
déjà plongé dans la grande accalmie crépusculaire.

Nous aimons surtout cette intraduisible poésie qui se dégage de toute
la scène, et ce sentiment de douce pitié qui se lit dans le mouvement de la
nymphe. Il semble, en effet, que celle-ci prévoie la fin tragique réservée
au pauvie cerf, tant il y a de commisération dans son geste caressant.

La Nymphe de Diane a obtenu, on s’en souvient peut-être, une mé-
daille de troisième classe.

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LES MUSÉES

Le Journal officiel vient de publier un décret réorganisant l’adminis-
tration des Musées.

Aux termes de ce décret, il n'y aura plus, désormais, qu’un seul direc-
teur pour les six musées du Louvre et pour ceux du Luxembourg, de
Versailles et de Saint-Germain.

Ces musées auront à leur tête un conservateur, des conservateurs-ad-
joints et des attachés payés, le tout placé sous l’autorité immédiate du
Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts.

Le directeur est nommé est révoqué par le Président de la République
Il est tenu de résider au Louvre, et ne peut s’absenter ■ de Paris sans au-
torisation spéciale. Il correspond seul avec le ministre, et il est consulté
pour toutes les dispositions à prendre intéressant les musées nationaux.

Voici l’état du personnel placé sous ses ordres :

Musée du Louvre : Département des peintures, des dessins et de la
chalcographie : 1 conservateur, 2 conservateurs-adjoints, 1 attaché pavé.

Département des antiquités grecques et romaines : 1 conservateur,
1 conservateur-adjoint.

Dépai tement des antiquités orientales : 1 conservateur, 1 conservateur-
adjoint, 1 attaché payé.

Département des antiquités égyptiennes : 1 conservateur, 1 conserva-
teur-adjoint, 1 attaché payé.

Département de la sculpture et des objets d art du Moyen-Age, de la
Renaissance et des temps modernes : 1 conservateur, 1 conservateur-ad-
joint, un attaché payé.

Département de la marine et de l’ethnographie : 1 conservateur.

Musée du Luxembourg : 1 conservateur, 1 attaché payé.

Musee de Versailles : 1 conservateur, 1 attaché payé.

Musée de Saint-Germain : 1 conservateur, 1 attaché payé.

En outre, des attachés libres non payés peuvent être nommés par arrêté
ministériel aux divers départements du musée du Louvre, aux musées du
Luxembourg, de Versailles et de Saint-Germain.

11 faut ajouter, a ce personnel dirigeant, le personnel actif, savoir: un
secrétaire-agent comptable, chargé de la surveillance des services inté-
rieurs, de l’expédition de la correspondance et de la tenue de la compta-
bilité ; un secrétaire-agent comptable spécial pour le musée de Versailles ;
un secrétaire-adjoint des musées nationaux ; des commis; des gardiens-
chefs et sous-chefs ; des gardiens de lre, 2e, 3e et 4e classes ; des auxi-
liaires et des gagistes.

Les traitements sont ainsi fixés :

Directeur (Logement et). 12.000

Minimum. Maximum.

Conservateur du musée du Louvre. 7.000 8.000

Conservateur du musée du Luxembourg. 6.500 7.000

Conservateur du musée de Versailles. 5.000 5.500

Conservateur du musée de Saint-Germain. 5.000 5.500

Comervateurs-adjoints. 4.500 5.000

Attachés. 2.500 4.000

Secrétaire-agent comptable. 4.000 6.000

Secrétaire-agent comptable adjoint. 3.000 4.000

Archiviste-bibliothécaire. 3.000 4.000

Commis. 1.800 4 000

Quant au mode de recrutement, l’article 8 du décret porte que les atta-
chés (nommés et révoqués par le ministre) seront choisis de préférence
parmi les élèves de l'école du Louvre, des écoles françaises d’Athènes et
de Rome, de l’école des hautes études, de l’école des Chartes, de l’école
normale supérieure, et, en général, des grandes écoles artistiques, litté-
raires ou scientifiques entretenues par l'Etat.

Chaque vacance sera déclarée par une insertion au Journal officiel, et
les candidats devront produire leurs titres dans un délai de vingt jours,.

Enfin, le directeur, les conservateurs et les conservateurs-adjoints for-
meront un comité consultatif qui se réunira deux fois par mois, entendra
le résumé de la correspondance, entretenue par la directeur pour les diffé-
rents services des musées, donnera son avis sur les propositions d’acqui-
sitions, etc. Un procès-verbal de chaque séance sera adressé au ministre,
qui sera ainsi, de quinzaine en quinzaine, tenu au courant de tout ce qui
intéresse les musées.

Telles sont les principales dispositions de ce décret. Est-il nécessaire
d’ajouter qu’on attend les meilleurs résultats des réformes et des réduc-
tions qu’il comporte ?

Nous appelons spécialement l’attention de nos lecteurs sur une publication
artistique fondée, comme l'Art français, dont elle est le complément immédiat,
dans le but de vulgariser les chefs-d’œuvre, la Revue des Musées (Musée cl’art
scolaire). , .

On sait trop le prix des grandes photographies executees dapres les chefs-
d'œuvre ; de telles collections sont extrêmement onéreuses, et ne comportent
d'ailleurs aucun texte, aucun renseignement critique. La Revue clés Musées,
fondée en 1886, a résolu ce problème, de donner, en l’accompagnant d’un texte,
tout ce que la peinture, la sculpture, l’architecture ont produit de remarquable
en tous temps et en tous pays-. L’exactitude de ses reproductions est aussi précise
que possible; elles sont faites en photographie par impression et inaltérables.

Le développement du sentiment du beau que poursuit la Revue des Musées se
produit par la fréquentation continue des chefs-d’œuvre. Ce développement
s'effectue lentement, mais plus sûrement par le moyen d’un journal, grâce a
sa périodicité, que par celui d'un livre qu’on lit et qu’on abandonne une fois
lu. La critique artistique y est rendue intéressante par la recherche histoiique
des sujets et par l'analyse raisonnée des textes qui les ont inspirés.

Chaque numéro contient quatre glyptographies hors texte, d apres les chefs-
d'œuvre et mesurant 0,38 centimètres sur 28. .

Prix du numéro j 1 ir.— Abonnements * Paris, un an, 20 fr., piovince, 22 fi.
étranger, 24 fr. — Administration : rue Oberkampf, 97, à Paiis.

Le gérant : S1LVLSTRE

Paris. — Glyptograpliic SILVESTP.E k C'\ rue Oberkampf, 97
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