L' art français: revue artistique hebdomadaire — 3.1889-1890 (Nr. 105-157)

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L’ART FRANÇAIS

Les décisions des jurys de groupe devront, à leur tour être ra-
tifiées par le jury supérieur. Ce jury supérieur qui se compose de
vingt et un membres dont nous avons publié déjà les noms, aura
par conséquent-à sanctionner l’attribution des récompenses dé-
cernées par les jurys de toutes les classes de l’Exposition.

Enfin, puisque nous nous occupons ici surtout du jury de la
classe de peinture, signalons un intéressant incident qui s’est
produit il y a quelques jours.

M. Arts, vice-président du jury, où il représente la Hollande, a
fait, au nom de ses collègues étrangers,la proposition de décerner,
avant toute récompense, une médaille d’honneur à l’ensemble de
la section française de peinture, afin de rendre, a-t-il dit, un juste
hommage à son admirable exposition.

M. Meissonier, président du jury, a remercié M. Arts de son
aimable proposition, mais il n’a pas cru devoir l’accepter.

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LA VENTE SECRÉTAN

69. Rousseau (Th,), la Ferme sous bois, 50,500 fr.

70. Rousseau (Th.), Jean de Paris, 42,000 fr.

76. Troyon, le Passage du Gué, 129,000 fr.

81. Troyon, ‘Berger ramenant son troupeau, 43,600 fr.

82. Troyon, la ‘Basse-cour, 36,200 fr.

64. Millet, Retour de la fontaine, 20,600 fr.

L’adjudication du fameux tableau de Millet : l’« Angélus », dont Y Art
Français est heureux de publier la belle interprétation lithographique
d’Emile Vernier a été assez mouvementée. La lutte a été vive
entre les amateurs étrangers et français d’une part, et les repré-

sentants de l’Etat de l’autre. On attendait, haletant, de savoir à qui
resterait la victoire. A 502,000 francs, Me Chevallier laisse retomber son
marteau et va prononcer le mot sacramentel : adjugé, quand des protestations
énergiques s’élèvent ; quelques amateurs américains réclament : il paraît qu’il
y a ep une surenchère que le commissaire-priseur n’a pas entendue. Pour qu’il
n’y ait pas de surprise, M. Chevallier consent à continuer sur l’« Angélus» et
la lutte recommence plus ardente que jamais. Enfin, le marteau tombe à
553,000 francs, et cette fois personne ne réclame, la victoire, chèrement
payée, reste à M. Antonin Proust, représentant un groupe d’amateurs fran-
çais qui se proposent d’offrir à l’Etat le fameux tableau payé 1,800 francs par
le premier acquéreur.

_ Cette première journée, qui a rapporté 3,651,150 francs était terminée à
six heures trois quarts.

La première vacation de la vente de la galerie Secrétan, d’une importance
exceptionnelle, a eu lieu lundi ier juillet, à l’hôtel Sedelmeyer, rue de La
Rochefoucault, en présence d’une affluence considérable.

A deux heures les portes sont ouvertes et la foule envahit la salle de vente
qui, du reste, est déjà à moitié pleine.

MM. Chevallier et Aulard, commissaires-priseurs, montent à la tribune.

Les deux crieurs annoncent les conditions de la vente. M. Chevallier dirige
les enchères. Voici les prix principaux d’adjudication :

N° 88. Portrait du Poussin, par Ingres; l’expert, M. Ferai, en demande 1,50.0 francs.
Ce dessin à la mine de plomb est adjugé 950 francs.

87. Ingres. Portrait de La Fontaine, dessin, demande, 1,500 fr. ; vendu 1,600 fr.

86. Portrait de l’acteur Régnier, aquarelle, par Delacroix, demande 2,000 fr.,'adjugé

1,000 fr., à M. Coquelin ainé.

85. ‘Rabelais, aquarelle par Delacroix, demande 2,000 fr., payée 1,350 fr.

89. Eug. Lami, Présentation du Dauphin par Louis XV aux ambassadeurs d’Espagne,
aquarelle, sur une demande de 4,000 fr., vendue 5,100 fr.

90. Eug. Lami, le Rendez-vous de chasse, aquarelle, demande 4,000 fr.. adjugée4,300 f.

91. Eug. Lami, Unjourderéceptionà Versailles, aquarelle, demande 3,000 fr. payée3,200 f.

99. Meissonier, Portrait d’homme, dessin au fusain, demande 2,000 fr. vendu 900fr.
98. Meissonier, Portrait de Corneille, dessin aux deux crayons, dem. 1,500 f. payé 1,000 f.
97. Meissonier, Gentilhomme frisant sa moustache, sepia rehaussée d aquarelle et de

gouache, demande 8,000 fr., vendu 10,100 fr.

96. Meissonier Gentilhomme Louis XIII, dessin à l’encre de Chine, dem. 6000 f. pay. 6,200 f.
95. Meissonier, Trompette à cheval, dessin a la plume avec taches d encre de
chine et de gouache au pinceau, demande 10,000 fr., vendue 6,500 fr.

94. Meissonier, Un Spadassin, sépia rehaussée de gouache, demande 8,000f. payée 7,250 fr.

95. Meissonier, les Joueur s d'échecs, dessin alasepia très fini,demande 20,000 f. payé 22o00 f.
92! Louis Leloir, la Sérénade, aquarelle, demande 15,000 fr., vendu 16,000 fr.

100. J.-F. Millet, Taysan faisant boire deux vaches, pastel payé 4,300 fr. à la vente
Sedelmeyer à l’hôtel Drouot, sur une demande de 20,000 fr., adjugée 26,000 fr.

101. J.-F. Millet, la Bergère, pastel, demande 20,000 fr., adjugée 25,200 fr.

84; Decamps, Jésus parmi les docteurs, aquarelle, demande 15,000 fr. vendu 28,500fr.

La vente des aquarelles terminée, on annonce l’adjudication des tableaux.

Le premier tableau présenté en vente est une œuvre d’Eug. Fromentin, les Enfants
arabes,qui est adjugée 13,000 fr. sur une demande de 20,0*10 fr.

33> Eug. Fromentin, Cavaliers arabes, demande 15,000 fr., vendu 13,700fr.

36. Géricault, Un Lancier, ce tableau a appartenu à Eugène Delacroix, et a fait partie
de la'galerie du prince Napoléon. Il provient de la vente Laurent Richard, en .1873, où
il avait été payé 11,700 fr., et non de la collection Wilson, ainsi que l’annonce le
catalogue; il a été vendu 14,100 fr., sur une demande de 10,000 fr..

Tableau d’Eugène Delacroix, Tigre surpris par un serpent, qui avait été payé 440 fr. le
3 février 1860 à M. Delacour, 2,750-fr. dans la vente Van Cuyck le Ier février 1866,
24,100 dans la vente Wilson en 1881. Sur une demande de 25,000 fr., a été adjugé
après des enchères animées, 35,500 fr.

Le premier tableau de Meissonier, le n° 49, le Liseur en costume rose, donne lieu à
une lutte intéressante. Sur une demande de 50,000 fr. et sur une mise à prix de

20,000 fr. il est adjugé 66,000 fr.

44. Meissonier, Joueurs de boules à Versailles, demande 100,000_fr. adjuge 71,000 fr.
47. Meissonier, Ecrivain méditant, demande 50,000 fr. adjugé 45,000 fr.

41! Meissonier, le Vin du curé, demande 80,000 fr. mise à prix 30,000 fr. adjugé
90,100 fr.

A partir de ce moment, les enchères se multiplient, la plupart des tableaux
sont achetés par des amateurs et des marchands français qui poussent les
enchères par 1,000 francs à la fois. Voici les plus grands prix atteints :

Corot, le Matin, 56,000 fr.

Corot, Biblis, 84,000 fr.

Courbet, la Remise de chevreuils, 76,000 fr.

Daubigny, la Rentrée des moutons, 42,500 fr.

Decamps, les Singes experts, 70,000 fr.

Decamps, le Frondeur, 92,(XX) fr.

Decamps, Bouledogue et terrier écossais, 46,000.

Diaz, Diane chasseresse, 70,000 fr.

Diaz, 'jfinus et Adonis, 36,000 fr..

Diaz, la Mtire sous bois, 40,000 fr.

Fromentin, la Chasse au faucon, 41,000 fr.

Fromentin, Y Alerte, 25,700 fr.

Isabev, Un mariage dans l’église„ de Delft, 75,100 fr.

Meissonier, Joueurs de boules daiis les Jossès d’-Antibes, 60,000 fr.
Meissonier, Y Amateur de peinture, 15,000 fr.

Rousseau (Th.), la Hutte des charbonniers, 75,500 fr.

La deuxième journée de la vente de la collection becrétan avait attiré beau-
coup moins de monde que la première journée, néanmoins les enchères ont
été poussées assez activement.

A propos de la première vacation complétons nos renseignements sur la
vente de l’«Angélus» de Millet :

M. Montagnac, agent de M. Sutton, à Paris, a dit, à un de nos confrères,
qu’il avait été surpris par la rapidité des enchères; M. Sutton avait l’intention
d’acheter l’«Angélus» à n’importe quel prix. Il se déclare prêt à donner

50.000 francs aux pauvres de la ville de Paris si M. Antonin Proust veut lui
abandonner le tableau au prix de l’adjudication.

Si on accepte son offre, le musée américain aurait encore à payer 33 0/0
de droits d’entrée aux douanes américaines et ce tableau, tous frais payés,
reviendrait à plus d’un million.

M. Proust a déclaré, d’autre part, qu’il aurait poussé les enchères de l’«An-
gelus» jusqu’à un million; que, du reste, un syndicat s’était formé'afin de
réunir une sommé importante en vue des achats à faire à la vente Secrétan.
Ce syndicat se compose de vingt-huit personnes parmi lesquelles M. Jacob-
sen, l’industriel danois, qui a «donné» une forte somme. Il s’y trouve en
outre deux Russes et un Américain.

M. Munkacsy, le peintre autrichien, a mis également sa bourse à la dispo-
sition du syndicat.

Après la remise en vente de l’« Angélus», un Américain s’est présenté à
M. Proust et lui a dit : «Je regrette que mes compatriotes disputent si âpre-
ment à la France une oeuvre à laquelle elle tient si fort. Voici 10,000 francs
que je vous prie d’accepter pour pouvoir forcer les enchères».

Enfin, M. Otlet, l’acquéreur du tableau «Biblis», par Corot, ayant appris
que M. Antonin Pfoust avait poussé ce tableau, s’est empressé de le mettre
à la disposition du commissaire général de l’Exposition, et ce tableau figurera
à l’exposition rétrospective de l’école française.

Les tableaux qui ont eu l’honneur de la seconde journée sont :

Intérieur Hollandais, de Hooghe, qui sur une mise à prix de 150,000 fr. a été adjugé

276.000 fr. ; le David et ^Abigaïl pour lequel on demandait 60,000 fr. et qui a été
vendu 112,OüO fr. ; et le portrait de Pierre van de Broocke, fondateur de Batavia
adjugé 110,500 fr.

104. Canale, Vue de Venise, 63,000 fr.

107. Cuyp, Cuyp dessinant, d’après nature, 41,000 fr..

ni. Drouais, Portrait de Mme Dubarry, 36,500 fr.

114. Van Dyck, Portrait d’Anne Cavendish, Lady Riche, 74,000 fr.

13-1. Keyser, Famille hollandaise dans un intérieur, 23,000 fr.

142. Metsu, Intérieur hollandais, 64,500 fr.

152. Rembrandt, Y Homme à l'armure, 23,000 fr.

160. Ruysdael, Y Ecluse, 37,000 fr.

176. et 177 réunis, Véronèse, Figure d’homme et Vieillard assis, 12,000 fr.

102. Portrait d’un seigneur vénitien, attribué à J. Beliini, 16,000 fr.

109. Drouais, Portrait de Louis-Philippe de Chartres, 1,750 fr.

132. Lampi, Portrait de Catherine II de Russie, 6,100 fr.

127. Fiais et Delen, Intérieur hollandais au dix-septième siècle,' 5,800 f.

108. Gérard Dow, Femme âgée regardant des objets précieux, 10,200 fr.

105. Codde, Une famille hollandaise, 11,000 fr.

106. Coypel, Renaud dans les jardins d’^Armide, 5,000 fr.

179. Ecole hollandaise. Gentilhomme debout, grandeur naturelle, 1,500 fr.

Plusieurs tableaux de l’école italienne ont été adjugés pour desjprix variant de 620 à 750 fr.

La vente était terminée à cinq heures et demie.

Total des deux vacations : 5,561,150 francs.

La troisième et dernière vacation comprenait les objets d’art, et a produit
une somme de cinq cent soixante-cinq mille francs, soit pour l’ensemble de
la vente : six millions quarante-cinq mille francs.

Le Gerant : SILVESTRE

Paris, — Glyptographie SILVESTRE & C'\ rue Oberkampf, 97
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