L' art français: revue artistique hebdomadaire — 3.1889-1890 (Nr. 105-157)

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L’ART FRANÇAIS

ture si puissante et si sincère, d’un sentiment à la fois si réaliste et si pro-
fondément philosophique. Tout au plus a-t-on pu reprocher au peintre
d’avoir rassemblé ses personnages dans un trop petit espace. C’est le défaut
habituel — (si c’en est un) — de M. Buland. Mais si près qu’il nous les
montre les uns des autres, ces paysans naïfs ou méfiants, cette fillette aux
yeux étonnés, ce colporteur au regard louche, tout ce monde là respire,
évolue, se meut, parle, réfléchit. C’est la vie même.

M. Picard, le marchand de tableaux bien connu des artistes et des ama-
teurs, a eu l’obligeance de mettre à la disposition de ce journal le tableau
d’Edouard de Beaumont : « Fête à la Vierge », dont on trouvera ci-contre la
reproduction.

Edouard de Beaumont, le peintre délicat, l’aquarelliste exquis, fut en outre,
on le sait, grand collectionneur d'épées. Il a laissé en mourant, sa collection
au Musée de Cluny, mais il en avait distrait l’épée du marquis de Pescaire
pour l’offrir à M. Alexandre Dumas, avec charge, pour ce dernier, de léguer
à son tour cette arme audit Musée.

M. Alexandre Dumas n’a pas voulu attendre que sa dernière heure eût sonné
pour s’acquitter de cette mission. Voici la lettre qu’il écrivit dernièrement,
à ce sujet, à M. Darcel :

« Cher Monsieur,

» Edouard de Beaumont m’a laissé par testament l’épée du marquis de Pescaire et je
me suis engagé à la laisser à mon tour, après ma mort, au musée de Cluny. Mais je
connais les collectionneurs, amateurs et directeurs de musées. Ils poussent l’amour de
l’objet rare jusqu’à souhaiter la mort de ceux qui le possèdent, surtout quand ils doivent
hériter de ceux-là. Je ne veux pas exposer votre conscience à une lutte doulou-
reuse, car elle combattrait certainement, et.peut-être avec succès, les vœux secrets du
conservateur.

» Je vous offre donc, dès aujourd’hui, l’épée du vaincu de Ravenne et du vainqueur
dePavie. Voulez-vous venir la prendre vous-même un de ces matins avant midi?
Fixez vous-même le jour. Je me figure que ce sera cette semaine. Et maintenant, cher
monsieur, que vous ne voyez plus d’obstacle à ce que je vive très longtemps, soyez sur
que tout le temps que je vivrai j’aurai pour vous les sentiments dévoués dont je vous
prie d’agréer l’expression très sincère. » a. dumas. »

Quoique sa conscience fût parfaitement en repos, le directeur du musée
de Cluny ne pouvait que se rendre à la gracieuse invitation qui lui était faite
d’une façon si spirituelle. Il a donc reçu des mains de M. A. Dumas la
magnifique épée qu’Edouard de Beaumont lui avait léguée verbalement, avec
recommandation de lui faire rejoindre un jour, le plus tard possible, les au-
tres épées qu’il avait laissées par testament au musée.

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SALON DE 1890

DES ARTISTES FRANÇAIS

Nous complétons, aujourd’hui, la liste que nous avons publiée
des principaux envois du Salon de 1890 :

PEINTURE

M. Vayson : Troupeau fuyant l’orage.

M. Pelouze : 1’ Ile duTribouillard, à Val Pitant (Eure).

M- Franc Lamy : ‘Rêve d’Étè.

M. Fabius Brest : Village de ‘Bebec, sur le Bosphore.

M. Pierre Boulicaut : Portrait de M. Boysset, député.

M. Lalyre ; Sirènes à l’affût et le ‘Repos des Sirènes.

M. A. Vallet : Étude de nu et un pastel (Premier printemps).

M" Frédérique Vallet : Un portrait d’enfant et deux pastels (Portraits de jeunes filles)

M- Jean Benner : Portrait de Mmc “B... et Chrysantèmes.

M. Brielman : ‘Derniers rayons, abreuvoir du château de l’Ilette. — Mare aux Cag-
nards, à Azay-le-Rideau.

M. Henri Biva : Pavots. — Deux aquarelles : Roses ; Roses de Nice et Mimosas.

M. François Flameng : Picbegru en Hollande, campagne de 1796.

M. Antoine Guillemet : Baie de Saint-Waast. — Coup de vent.

M. Adolphe Guillon : ‘PLuit d’hiver à Cannes. — Sous les noyers (une gardeuse de
cochons). (Ce dernier tableau appartient au cercle Volney ; il a été acheté pour la col-
lection du cercle, à la suite de l’Exposition dernière).

M. Georges Jeannin : le Centenaire. — Fleurs

M. Levillain : Deux paysages. Bords de rivière, l’Ilot de Vaux-la-Reine ; Plateau de
Combe-la-Ville et une aquarelle, Chrysantèmes en décembre.

SCULPTURE

M. Paul Dubois : Portrait de M. Pasteur, buste en marbre. —M. Eugène Chapu ;
Monument de Gustave Flaubert, en marbre,- et Danseuse, statue marbre. — M. Falguière :
la Femme au paon, statue marbre, et Portrait de ÎSC. X..., statue marbre. M. Thomas:
Crucifix, marbre. — M. Guillaume: Buste de Dom Pedro, buste de DiC. Perrin, l’an-

cien administrateur de la Comédie-Française. — M. Delaplanche : Monument de Mgr
Donnet, destiné à la cathédrale de Bordeaux, et Eve, statue marbre. — M. Gérôme,
Tanagra, figure marbre, et buste d’homme, bronze. M. Frémiet : Portrait équestre de
Velasquez et un minier du Caire. — M. Barrias : une figure de femme algé-

rienne qui doit orner le monument de Gustave Guillaumet. — M, Mercié : la ‘Pein-
fine, statuette marbre et le buste en marbre de Victor Hugo pour la galerie du Sénat.

M. Aubé : Portrait de M. Spuller, buste marbre. — M. Auguste Cain : un groupe
colossal : aigles et vautours se disputant un ours mort.

Mmo Sarah Bernhardt : Bellonc, buste marbre. — M. Croissv : statue de Mebul, des-
tinée à la ville de Givet. — M. Boisseau: groupe en plâtre: la Défense dn foyer
et buste (en marbre) d’Eugène Labiche. — M. Coutan : figure en marbre desti-
née au tombeau de Mmo Herbctte. — M. Marqueste : groupe en marbre, Pcrsée et la
Gorgone. — M. Injalbert (buste en marbre) de Gavarni, pour le musée de Ver-
sailles. M. Hector Lemaire : un Duguesclin monumental et une Vénus, groupe

en plâtre, inspiré des premiers vers de ‘Polla. — M. Aimé Millet : statue (en plâtre)
de Gay-Lussac.— M. Mathurin Moreau : deux bustes d’hommes. — M. Allar ; VUni-
versitè, figure en marbre qui doit être placée à la nouvelle Sorbonne, et un bas-relief en
plâtre, les Fêtes delà Pèdèration au Champ-dc-Mars. — M. Bartholdi : un monument
funèbre. — M. Cariés : deux bustes en marbre, dont l’un est le portrait de Mme Ro-
ger-Miclos. — M. Christophe: esquisse d’un monument à la mémoire de François
Rude. — M. Dcsca : fine statue colossale de Danton, en plâtre. — M. Gaudez : un
Watteau, groupe en bronze. — M. Cordier : Eve, statue en plâtre. — M. Auguste
Moreau : le Char de l’Amour et une Charmeuse. — M. Mariéton, les Frères d’firmes,
groupe en bronze. — M. Lornner : Fille d’Eve, statue plâtre.

M. Doublemard : buste du docteur Ricord. — M. Gustave Michel : David-devant
Goliath et la Faix, statues en plâtre. — M. Escoula, la Mort de Procris, groupe en
plâtre. — M. Morice: un haut-relief en plâtre, Gloire à Marceau,.et une figure de
femme, Rolande en son castel. — M. Puech : la Sirène, groupe marbre, et le buste de
Mm0 Constans. — M. Rolard : un Fcndcur d’cchalas, statue en bronze. — M. Roul-
leau : Léda, groupe en marbre, et un buste. — M. Moreau-Vauthier : un Supplicié,
statue plâtre. — M. Laporte: Conscience, statue, dont le sujet lui a été fourni par
quatre vers de la belle poésie de la Légende des Siècles. — M. Guillou ; Thésée terras-
sant le Minotaure. —Mmo Laure Martin-Coutan : Buste de Af'"e de Vogué et Buste de
Mm“ de Choiscul.

L’«Art Français» au Salon de 1890

NUMÉRO EXCEPTIONNEL

t

A l’occasion de l’ouverture du Salon des Artistes
Français, nous ferons paraître, le jo avril prochain,
jour du vernissage, un Numéro exceptionnel de vingt-
huit pages, sur lequel nous appelons particulièrement
l’attention.

Les illustrations, au nombre de vingt, se compo-
seront 'des reproductions des oeuvres les plus remar-
quables du Salon de 1890; c’est-à-dire des envois de
MM. Bouguereau, Henner, Jean-Paul Laurens, Fal-
guiére, Antonin Mercié, Moreau de Tours, André
Brouillet, Marius Roy, Pointelin, Dameron, etc.

Pour le texte, qui ne comportera pas moins de
huit pages, notre rédacteur en chef, M. Firmin Javel,
a tenu à s’entourer des principaux écrivains, des
plus charmants fantaisistes, des poètes les plus accla-
més d’aujourd’hui. C’est ainsi que le numéro excep-
tionnel de l’Art Français contiendra des articles de
MM. Paul Arène, Armand Silvestre, Charles Frémine,
Arsène Alexandre, etc.

L’Administrateur-Gérant : SILVESTRE

Glyptographie SILVESTRE et Cie, rue Obcrkampf, 97, à Paris.
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