L' art français: revue artistique hebdomadaire — 3.1889-1890 (Nr. 105-157)

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L; ART FRANÇAIS

A LA CHAMBRE

Au moins, s'il s'agissait de la discussion du budget des Beaux-
Arts ou d’une interpellation sur l’incurie de l’administration des
Musées, je serais excusable d’avoir pénétré dans cet horrible
lieu, Hélas ! Il n'y a rien de pareil et je n’ai à faire valoir que le
désir de contempler enfin les merveilles si souvent décrites, mais
si peu connues dont les salles du palais sont, dit-on, encombrées.

Donc, pas de politique; seulement une petite promenade
autour de l'antre.

'Inutile de s’arrêter aux lamentables jurisconsultes qui s'en-
nuient autour de la grille en regardant couler l'eau. Bien vite il
faut aller à la bibliothèque, sorte de tabernacle artistique où s’éta-
lent les fresques fameuses de Delacroix.

Comme elle est imposante cette bibliothèque ! Un tapis
amortit le bruit des pas, des cheminées invraisemblables font
concurrence aux bouches du calorifère et, dans le silence, on
entend grincer des plumes, bruire des pages d’in-folios, ce sont
des députés qui travaillent !

Un gros globe terrestre occupe le centre, sans doute pour
inspirer aux passants de vastes conceptions et, à perte de vue,
s'alignent des rayons chargés de livres où Cujas et d’Aguesseau
coudoient Brantôme et Bussy-Rabutin.

Au plafond, Delacroix rutile, pauvrement éclairé dans des
triangles pauvres d'espace. II est là ce qu’il est partout, l’inimi-
table manieur de couleurs, l’inventeur des mouvements extraor-
dinaires- II a dans tout les cas merveilleusement utilisé les petits
coins, comme pour ce Cicéron entouré d’une colonnade en quête
de son aplomb Rappellerai-je la Captivité de Babylone, le Démos-
thène, le Lycurgue et les autres ? A chacune de ces compositions,
ü faudrait une analyse détaillée. Le grand groupe à'Orphée sur-
tout attire et retient le regard, par une grâce tranquille et pure
digne d’inspirer un Puvis de Chavannes.

Par malheur, en dépitdei’élan superbe qui anime la fresque d’en
face (j’ai nommé YAttilah), on retrouve dans sa mémoire la rime
célèbre : Holà !

Non loin se trouve le salon de la Paix où, par une délicate
antithèse, pontifie une interminable statue de la Guerre. Le pla-
fond, là aussi, offre de l’intérêt, mais le comique ne dédaigne pas
d'introduire sa note au moyen d’une théorie de magistrats en
équilibre sur les frises, qui dansent une sanglante farandole autour
de la Paix impassible.

Il y a aussi un certain Génie de la science tout rempli de malins
sous-entendus.

Par exemple, dans la galerie qui mène aux appartements du
Président, on est dédommagé par des tapisseries Louis XV admi-
rables. Au centre, se jouent des groupes champêtres à la fois naïfs
et musqués, tandis qu'alentour courent mille arabesques au dessin
charmant, à la couleur infiniment chatoyante et variée,

Mais la merveille que l'on garde pour la fin, c’est le salon des
Fleuves, En vain, on chercherait dans les annales du poncif des
inventions plus ingénieuses. On y perdrait sa peine car c’est com-
plet. Aussi entretient-on avec un soin jaloux ces allégories énor-
mes dont l’effet sera heureusement bientôt tempéré par le YMirct-
beau de Dalou. 1/installation de cette œuvre magistrale est dit-on
prochaine. On l'y a mise en peinture, en attendant, comme
fiche de consolation.

Et esest fini.,

Il se dégage là-bas je ne sais quel ennui officiel qui n’a même
pas comme celui de Versailles, le mérite d’être pompeux.

Tout est vide, tout est nu. Et je commence à croire que si nos
députés,y font tant de bruit, c’est tout bonnement pour se dis-
traire. G. DE B,

-„-g=ÜS>3^S;---—

UNE DÉCISION

Le comité de peinture s'est réuni sous la présidence, de
M. Bonnat. Trente-six membres assistaient à la réunion.

On a voté la limitation des œuvres à exposer au prochain
Salon,

Voici comment s’est réparti le vote :

3 artistes ont voté pour ...... 1.500 tableaux.

22 — -— ...... 1.800 —

5 — — ...... 2.000 —

1 — — ...... 2 200 —- '

5 — — ...... 2 500

Le chiffre de r 800 tableaux a été adopté, chaque
pouvant pas exposer plus de deux tableaux.

Le Comité a voté ensuite la limitation des dessins.
.24 artistes ont voté pour ..... 400

2 ~ — ....... 300

4 — — ...... ÊOO

I — — ..... 5OO

ï — — ...... 800

artiste

dessins

ne

Le chiffre de 400 dessins a été adopté.

B c h o s Artisti Qu e s

« La section de sculpture du comité des 90 s’est réunie à son tour au palais
de l’Industrie pour étudier les modifications à apporter à son réglement parti-
culier pour le prochain Salon.

L’ancien réglement a été maintenu, sauf en ce qui concerne la distribution
1 de la médaille d’honneur. Il fallait précédemment pour l’obtenir la majorité
absolue des voix. Ce quorum n’ayant jamais été atteint dans ces dernières
années, la médaille n’avait pu être donnée. Désormais, il suffira, pour l’avoir,
de réunir, après le troisième tour de scrutin, le tiers plus un des votants.

X

Un nouvel atelier libre de peinture vient de s'ouvrir rue Campagne-Pre-
mière, 9, sous la direction du peintre Carrière.

X

Les comités d'Arras et de Bapaume qui ont décidé l’érection d’un monu-
ment en l’honneur du générai Faidherbe en ont confié l’exécution à M. Louis
Noël, pour la partie sculpturale et à M. Georges Debrie pour la partie archi-
tecturale.

Ce monument, qui sera élevé sur une des places publiques de Bapaume,
sera inauguré au mois de septembre prochain, le jour anniversaire de la mort
du général Faidherbe.

X

Par arrêté du ministre de l’Instruction publique et des Beaux -Arts, M. Mer-
cié est chargé d’exécuter le monument qui doit être élevé dans le Panthéon à
la mémoire des généraux de la Révolution, et M Chapu, de l’Institut, celui
qui doit rappeler les orateurs et publicistes de la Restauration.

D’autre part, le ministre a chargé M. Puvis de Chavannes d’qxécuter les
cartons de deux tapisseries des Gobeiins représentant la jeunesse de Jeanne
d’Arc à Domrémy.

X

Au mois d’août prochain sera inauguré à Cherbourg le buste du grand
peintre François Millet, l’auteur de 1 ’Angélus.

Ce buste est l’œuvre du sculpteur Chapu ; devant le piédestal se tient une
paysanne qui offre une palme à l’artiste.

On sait que François Millet est né près de Gréville, dans les environs de
Cherbourg.

L’Admmistrateur-GériuU : ôIIXESTRij
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