L' art français: revue artistique hebdomadaire — 3.1889-1890 (Nr. 105-157)

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L’ART FRANÇAIS

NOS ILLUSTRATIONS

PORTRAIT DE JEUNE FILLE, par M. IV. Bouguereau

Le maître demeure fidèle aux « petits Salons », et ce n’est pas l’un des
moindres attraits de ces expositions de Cercles, que les envois du grand artiste,
toujours épris de jeunesse et de poésie, toujours poussant plus avant sa
patiente recherche du Beau.

A différentes reprises nous avons eu l’occasion de rendre hommage au grand
talent de M. Bouguereau, et il nous suffira, en ce qui concerne cette délicieuse
étude de fillette, d’en placer l’image sous les yeux de nos ^lecteurs. Iis en
apprécieront ainsi le charme pénétrant ; et ils se convaincront, comme nous,
que le célèbre académicien n’a jamais été plus en verve ni plus maître de son
impeccable main, qu’il n’est à l’heure actuelle.

MAISONS DU CASTELLO A CAPRI, par SK. J. Benner

M. Benner, comme tant d’autres, a été conquis par la séduction de ce pays,
mais plus heureux que ses confrères en admiration, il a pu la fixer en de nom-
breux tableaux où se trouvent portraiturés les moindres coins del’île délicieuse.
Il a été fidèle interprète, comme il arrive toujours quand on aime son modèle,
et j’ai plus d’une fois éprouvé d’exquises sensations en retrouvant dans un
tableau de l’artiste, mon souvenir encadré.

AVANT LA MESSE, par M. Bnspot

La tristesse est un état d’âme inconnu à M. Brispot, si tant est que les œu-
vres d’un peintre reflètent ses sentiments. La Bouteille de champagne. tAvant la
messe, autant de fusées de gaieté que l’auteur lance entre des voisins plus
moroses.

Nous n’allons pas nous en plaindre. Demandons plutôt à l’alerte pinceau
de nous distraire souvent de cette charmante façon.

LE DÉPART, par SK. ‘Demont

Si le beau temps vient après la pluie, le contraire, hélas ! est souvent vrai.
Ici, on pleure et, malgré nous, devant cette scène si simple et si poignante,
nous redevenons graves.

Le paysage lui-même semble désolé comme pour se mettre à l’unisson de
la pauvre femme et du caniche. Ah ! c’est qu’il en coûte de quitter sa terre.
Peut-être au moins n'est-ce que pour 28 jours. Croyons-le quoique M. Demont
ne nous l’ai pas dit. Mais ce que son tableau nous dit pour lui, c’est qu’il est
un fort habile paysagiste et un artiste d’une sérieuse valeur. g. dk b.

LES PETITS SALONS

L’exposition annuelle de la Société des Femmes peintres et sculp-
teurs sera inaugurée le jour même où paraîtra le présent numéro de
Y Art Français. On comprend que les exigences de la mise en page ne
nous ont pas permis de donner ici un compte rendu des ouvrages
envoyés, cette année, au Palais de l’Industrie, par les intéressantes
sociétaires.

Ce n’est, toutefois, que partie remise.

Aussi bien, il nous reste à parler des autres « petits Salons », très
courus depuis deux ou trois semaines et dont nous n’avons pu nous
occuper en temps utile, par suite du défaut d’espace. Ce sont : l’expo-
sition du Cercle de la rue Volney, celle du Cercle de la rue Boissy-
d’Anglas, celle des Aquarellistes français rue de Sèze, et enfin, la
curieuse tentative de M. Bodinier, qui a pensé à réunir, en la galerie de
son théâtre, les Peintres des humbles.

De la première, nous avons eu la bonne fortune de reproduire plu-
sieurs envois remarqués, et certes, le superbe Taureau sous les oliviers
de M.F. deVuiiiefroy, les vivantsportraitsdeMM. BonnatetJ.-J. Weerts,
la belle étude de jeune fille de M. Bouguereau, ont donné la meilleure
idée de l’ensemble de cette exposition. Nous comptons bien montrer
encore à nos lecteurs plusieurs ouvrages figurant également rue Volney,
et l’un des premiers sera le Déménagement de Lili, une fort spirituelle
saynète de M. Gustave Wertheimer.

Mais nous ne saurions reproduire toutes les toiles d'un réel mérite,
et il faut nous borner à signaler d’autres œuvres fort attrayantes, ce
sont : le Dégel, où M. E lie Barau a trouvé, pour exprimer une chose
banale, des accents d’une puissante originalité ; l’admirable profil
d’homme, où M. J.-J. Henner semble avoir simplifié encore sa manière
si vraiment magistrale : le Printemps, fantaisie d’un grand caractère par
M. Henri Martin ; les paysages ou M. J.-F. Bouchor nous retrace, en
des pages d’une variété surprenante, des scènes observées en ce même
pays de Preneuse adopté par le jeune artiste, pays attrayant, d’ailleurs ;
les petites toiles de genre que M. Brispot traite avec sa verve intaris-
sable ; les jolis minois dénichés par M. Gustave Courtois; le Portrait
de M. Bœsiuilwald, par M. Léon Bonnat, portrait enlevé, semble-t-il, |
en une séance ; une Diane tragique, de M.Elie Delaunay; le Pain béni, |
de M. Desvalluris ; une ‘Parisienne, de M. Maurice Eliot ; une char- j

mante étude de jeune fille, de M. Tony-Faivre; 1 e. Portrait de M. Cons
tans, par M. François Flameng; deux petits panneaux (un portrait de
jeune homme et un profil de jeune fille : Lauretta), par M. Jules
Lefebvre; la Madeleine de M. Saint-Pierre et les paysages, natures
mortes ou fleurs de MM. Pasini, Valadon, Thomas, Damoye, Raphaël
Collin, Dinet, Aug. Flameng, Gaston Guignard, Iwill, de Curzon,
Attendu, Beyle, Buland, etc.

En scupture, saluons notre cher maître en critique d’art : M. Paul
Mantz, dont le buste, œuvre de M. Denys Puech, est tout simplement
merveilleux de ressemblance et de fine ironie.

Si nous passons maintenant rue Boissy-d’Anglas, nous retrouvons à
peu de chose près le complément ou la suite de l’exposition que nous
venons de parcourir. Toutefois, il semble que les envois « intéressants »
soient ici un peu plus nombreux.

Il faut, en effet, regarder attentivement le portrait du duc d’Aumale
et celui de MUe J... par M. Léon Bonnat; la Tentation et le Portrait de
M. pené Billotte, par M. Carolus Duran; malheureusement, la Tenta-
tion, figurée par une figure de femme vue de dos, rappelle des études
analogues. Mais comme le maître portraitiste nous arrête bien au
passage, avec son image d’un paysagiste en habit noir !

Il laut, dis-je, regarder encore le portrait de MmeZ., par M. Bougue-
reau; de jolies scènes de MM. Gain, une Silicienne, passionnante étude
de clair obscur, par M. Dagnan-Bouveret, le Portrait du baron Larrey,
par M. Jean Gigoux, d’autres portraits encore, signés : Cormon, Cour-
tois, Dannat — sans préjudice d’une- belle étude d'Espagnole par le
jeune maître américain — et des toiles diverses de MM. Vayson,
Worms, Morot, Montenard, Pierre Lagarde, Friant, Français.

Quant au « clou » de ce petit Salon, à savoir la Charge du 4e hussards
(1807) par M. Edouard Détaillé, l’admiration des «amateurs» a déjà
consacré cette vaste composition, que nous reverrons prochainement,
dit-on, au Musée du Luxembourg.

Nous l’étudierons alors avec plus de loisir.

Aussi bien nous resterait-il à signaler de charmants envois de sculp-
ture de MM. Antonin Cariés, Denys Puech, Antonin Mercié, Saint-
Marceaux, et quant à l’Exposition des aquarellistes français, nous
n’aurions pas beaucoup d’écriture à lui consacrer, précisément parce
que la plupart des exposants se sont cantonés dans une manière mainte
lois étudiée et toujours la même. Mais un débutant, M. Charles Toché,
semble devoir troubler quelque peu l’Académie qui régnait, jusqu’ici,
dans ce groupe d’artistes peut-être trop fidèles, trop semblables à eux-
mêmes.

Le panneau de M. Toché fait l’effet, parmi les pâles choses qui l’en-
tourent, d’un ensemble de taches d’encre, et quelles taches ! Le Portrait
de Mistral, à lui seul, placerait le jeune maître à son rang.

Très vigoureuses, également, les marines de M. Béthune, qui est
entrain, lui aussi, de se faire une place brillante à côté de MM. Har-
pignies, Zuber, Edmond Yon.

Et puis, de jolies et gracieuses et spirituelles choses de MM. Vibert,
Jeanniot, Morand — qui a encadré deux admirables sonnets manuscrits
d’Armand Silvestre — Maurice Leloir, qui « illustre » Molière à sa
façon, —- Toudouze, de Penne, Robert de Cuvillon, etc.

MM. Besnard et Détaillé sont aussi là, l’un avec ses visions fulgu-
rantes, l’autre ave^ sa magistrale faculté descriptive.

Les Peintres des humbles ne sont pas tous rassemblés chez M. Bodi-
nier, comme vous pouvez le croire. Mais du moins ce singulier grou-
pement a-t-il amené l’attention sur un artiste de haute valeur, M. Bou-
lard, assez ignoré de la génération actuelle et qui, cependant, pourrait
affronter le voisinage d’un Jules Dupré ou d’un Théodore Rousseau.

La ‘Revue des Musées qui consacrait dernièrement une ^ étude spé-
ciale de M. Arsène Alexandre à l’œuvre de M. Boulard, n a peut-être
pas été étrangère à ce qui arrive. Aussi sommes-nous des premiers fi
applaudir au succès tardif du peintre des humbles.

Jtchos Artistiques

Au premier bal de l’Hôtel de Ville, lequel fut des plus brillants, ainsi que
toute la presse l’a constaté, les invités ont été l’objet d’une surprise fort
agréable pour ceux d’entre eux qui étaient des passionnés d’art.

Dans la galerie parallèle aux deux grands salons des fêtes, et dont les seize
voussures ont pour décorateur M. P.-V. Galland, on avait enlevé, la veille,
les échafaudages servant au grand artiste, de sorte que chacun a pu se rendre
compte de l’état actuel de ce vaste travail, d’une harmonie et d’une science
décorative absolument exceptionnelle.

O11 sait que l’œuvre de l’éminent professeur à l’Ecole des Beaux-Arts, sym-
bolisera les divers arts et métiers relatifs au batiment.

L’Administrateur-Gérant : SILVESTRE
Glyptograpbie SIL-PESTRE & Cim, rut Obtrkampf, 97, à Paris.
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