L' art français: revue artistique hebdomadaire — 4.1890-1891 (Nr. 158-209)

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Quatrième année. — N° 169.

LE NUMÉRO : 25 CENTIMES

SAMEDI 19 JUILLET 1890

L'ART FRANÇA

Directeur littéraire

FIRMIN JAVEL

Revue Artistique Hebdomadaire

Bureaux : 97, rue Oberkampf , à Paris

Directeurs artistiques:

SILVESTRE & C1

ABONNEMENTS. — Paris & Départements : un an, 12 francs; six mois, 7 francs. — Union Postale: un an, 15 lianes; six mois, 8 lrancs

NOS ILLUSTRATIONS

M FRANÇAIS

LA MODESTIE, buste, par M. '‘Bernslamm

La modestie, dans l’interprétation que nous en offre le jeune et éminent
sculpteur russe, est une jeune fille nue, au front virginal, aux yeux voilés
de pudeur et d’innocence. Elle fait
penser à l’héroïne du poète, à celle
à qui s’adresse cette observation
singulière :

Quand, de peur de te voir une.

Tu jettes, fille ingénue.

L'a robe sur ton miroir !

La « Modestie » de M. Bernstamm
n’a jeté aucun voile sur ses épaules,
et c’est fort heureux, car il nous
eût été impossible, dans ce cas, d’en
admirer la ligne élégante et pure.

Ce simple buste est à d’autres
ouvrages plus « importants », ce
qu’un sonnet sans défaut est à cer-
tains poèmes. D’ailleurs M. Léo-
pold Bernstamm est un charmeur,
aussi bien dans ses portraits si re-
marqués que dans ses compositions
de pure fantaisie.

LE PETIT CHAPERON ROUGE
par M. Ch. ‘JDaux.

C’est la distance normale pour
un duel au pistolet, mais avec un
fusil arabe, il n’y a pas de distance.

Bien mignonne est la fillette, si
mignonne même que ce grand dia-
ble de chasseur gâte un peu l’ho-
rizon. Je sais bien, c’est le châtelain,
il est chez lui, et dame, la fraise plan-
tureuse de la petite en charmerait
bien d’autres, mais je ne puis lui
pardonner l’état déplorable des allées
de son parc et moins encore le soin
qu’il prend d’y garder ses bottes
propres.

PRENEUSE, par M. ‘Boucbor.

Un bien joli petit coin où les filles
ne sont pas désagréables. Les deux
qui passent nous en donnent une idée. La petite, avec ses yeux fixés
à terre, nous laisse deviner qu’on travaille dur à Preneuse et qu’on
ne s’amuse pas tous les jours. C’est peint largement et M. Bouchor
a bien rendu ce qu’il a voulu rendre.

Le paysage ne comptait guèrç jusqu’ici, à l’Institut, qu’un seul
représentant un peu oublié : le vénérable M. Cabat. Il y a quel-
ques jours, ce paysage entrait,
triomphant, à l’Académie des
Beaux-Arts, dans la personne
de M. Français.

Déjà, lors du vote de la
médaille d’honneur du der-
nier Salon, le nom de l’émi-
nent artiste avait réuni les
suffrages de ses confrères.
Ainsi, coup sur coup, le pay-
sage, si longtemps méconnu
et considéré comme un genre
inférieur, se « réhabilite » et
s’affirme avec un éclat défini-
tif. Nous sommes de ceux qui
ont toujours combattu pour le
triomphe du paysage> et nous
nous félicitons particulière-
ment de ce double succès.

Aussi bien, M. Français
était-il digne, à tous égards,
de ce qui lui arrive. C’est un
peintre heureux, et c’est le
meilleur des hommes. Caro-
lus Duran en a fait un portrait
inoubliable, d’une psycholo-
gie sincère, d’une verve par-
faitement appropriée au carac-
tère du sujet.

Ce portrait, que nous au-
rions aimé à placer sous les
yeux de nos lecteurs} est litté-
ralement biographique.

La vie d’un paysagiste ro-
buste, sain, toujours dispos,
toujours épris de l’universel
Beau, n’est-elle pas écrite, en
effet, dans ce fin et gai sou-
rire, dans ces yeux bleus d’une persistante sérénité, dans cette
fraîcheur de teint qu’accentue encore la blancheur des che-
veux longs et abondants ? Une observation constante de la
nature, une somme énorme de travail, un nombre incalculable

SALON DE I SpO (Champs-Li/rstes)

Léopold Bernstamm. — La Modestie; — buste, plâtre.
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