L' art français: revue artistique hebdomadaire — 4.1890-1891 (Nr. 158-209)

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Quatrième année. — N° 580.

LE NUMÉRO : 25 CENTIMES

SAMEDI 4 OCTOBRE 1890

L'ART FRANÇAIS

Revue Artistique Hebdomadaire

Directeur littéraire : Directeurs artistiques:

FÏRMIN JAVEL Bureaux : 97, rue Oberkampf, à Paris SILVESTRE &: O

ABONNEMENTS. — Paris & Départements : un an, 12 francs; six mois, 7 francs. — Union Postale: un an, 15 francs; six mois, 8 francs.

NOS ILLUSTRATIONS

Emile LÉVY JM?

Emile Lévy. — Portrait de 5Vt,le L. L

PORTRAIT DE M1Ie L. L., par M. Emile Lévy.

Lorsqu’il jetait sur la toile cette jolie étude de jeune fille, le
était loin de se douter que la mort le guettait.

Jamais il n’avait été plus maître de sa main,
jamais sa vision n’avait eu plus de sûrete, d in-
tensité. Emile Lévy était le peintre attitré de ces
jeunes et chastes fronts, de ces grands yeux
rêveurs si plein de tremblantes énigmes, de ces
bouches mignonnes encore ignorantes du baiser...

Il était familier avec les attitudes « décentes » de
ces jeunes personnes récemment sorties de quel-
que pensionnat... Aussi, lorsqu’il rencontrait
d’aventure une enfant de touts points aimable et
simple de «manières», comme celle-ci, le por-
traitiste semblait-il littéralement aux anges ! La
délicieuse figure de Mlle L. L. est évidemment
«venue toute seule», en quelques séances; elle
a été peinte de verve, sans effort, comme en se
jouant. Le maître, s’il la pouvait revoir aujour-
d’hui, serait-il tenté de dire avec un poète de

peintre

VUE DES HALLES, par M. Surand
M. Surand, nous l’avons déjà fait remarquer,
est un jeune peintre en train de cherchersa voie.
Il est intéressant à suivre en ses périgrinations.
Pour le moment, il patauge en plein naturalisme,
après avoir un instant exploré les hauteurs serei-
nes de l’art historique. — Tomber de la Carthage
antique dans la très moderne rue des Halles,
c’est rude — ou c’est raide. Mais ce n’est pas
toutefois, descendre. Tout au plus évoluer.

Ici encore, M. Surand est plein de talent. Cette
silhouette de femme vue aune fenêtre est absolu-
ment remarquable, et l’arrangement général du
tableau est ingénieux. L’exécution est intelligente,

fai, dans cette peinture, amis plus d'un détail.

Ai-je dit que la lèvre était de pur corail

Et que les dents semblaient un chapelet de perles ?

Sans doute, on n’a jamais tout dit, pas plus
dans un tableau que dans un sonnet, dès que
l’on tente de décrire ce que nos pères appelaient
« la Beauté ». Cependant il faut convenir que le
Portrait de Mlle L. L. est une œuvre aussi com-
plète que possible, encore que le dessin des
mains laisse peut-être à désirer. La main gauche,
qui caresse ce chien noir d’une si jolie allure,
manque un peu d’élégance et de netteté. Mais ce
sont là défauts véniels et l’ensemble du tableau

— car c’est bien un tableau que ce portrait —

— n’en est pas moins excellent.

et l’animation incessante du quartier des Halles est on ne peut
mieux exprimée. Il y a là un puissant souvenir du Ventre de Paris.

Mais nous attendrons de nouveau M. Surand à quelque page
d’un autre ordre, telle qu’on peut l’espérer de l’auteur des Merce-
naires.

SALON DE 1890 ( Champs-ElyséesI.
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