L' art français: revue artistique hebdomadaire — 4.1890-1891 (Nr. 158-209)

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L’ART FRANÇAIS

NOS ILLUSTRATIONS

ÉTUDE DE FEMME, par M. Krug.

M. Krug, médaillé au Salon de 1880 et à l’Exposition universelle de 1889,
possède un fort remarquable bagage artistique. On n’a pas oublié, notamment,
sa Vague si gracieuse et si poétique.

Il peint la femme avec un charme sans égal et dans ses grandes compo-
sitions, comme dans ses études fugitives, on retrouve la même note exquise,
la même conviction.

Cette année figurait au ‘Blanc et Noir un remarquable dessin de M. Krug,
St-Denis, que nous espérons pouvoir donner prochainement dans Y Art
Français.

MOUSTACHE, par M. Bloch.

Voilà bien la preuve que la pompe n’est pas toujours nécessaire dans la
peinture historique. La scène est simple et M. Bloch en a bien fait sentir la
grandeur. Aussi bien, les quelques lignes qu’il a données lui-même comme
épigraphe à son tableau, le feront mieux comprendre :

« A la bataille d’Austerlitz, le porte-étendard venait de tomber frappé de mort ; le
chien Moustache saisit avec ses dents le glorieux haillon couvert de sang, l’arrache des
mains d’un Autrichien qui s’en était déjà emparé et le rapporte à sa compagnie. En
récompense de cette belle action, Moustache fut décoré par le maréchal Lannes. »

CORENTIN1E, par M. ‘Delobbe.

Un joli petit nom breton, une jolie petite fille bretonne, voilà le tableau.

Trop jolie même, mais pas assez bretonne.

Et puis, la main et le pied surtout, ne tiennent pas ce que les grands yeux
semblaient promettre.

LE DIMANCHE A VENISE, par M. Lcconlc-du-Nouy.

Oh ! ne me parlez pas des jours de fête en Italie. On s’y ennuie, on s’y
ennuie comme il ne devrait pas être permis de s’ennuyer. Fumez la pipe,
regardez une belle fille, perdez vos yeux dans le lointain, vains efiorts, le spleen
est toujours là.

Venise est bien déchue, mais il y a encore quelques distractions pourtant.

G. DE B.

-jssaÿissF.-

L’ÉCOLE DES BEAUX-ARTS

(Troixihne article)

CONCLUSION .

Ainsi que nous le disions dans notre précédent article, Lart
décoratif est en train de se réhabiliter chez nous. Il a été, tout
récemment encore, glorifié par une remarquable étude de M. Roger
Marx : La décoration et VArl industriel à ïExposition de 1890.
J'exprime ce vœu : que I Ecole des Beaux-Arts, au lieu de se
borner à faire des peintres médiocres, se hausse jusqu’à nous
donner de vrais ouvriers d’art, si toutefois elle en a le pouvoir.

En d’autres termes, elle devra faire une large part à l’ensei-
gnement de l’art industriel « le seul art capable de nourrir son
homme » et de nous rendre notre première place dans la grande
lutte internationale.

Quant aux peintres, aux architectes, aux sculpteurs, aux
graveurs qu’elle bourre de ses traditions surannées, il est temps
de faire observer qu’ils n’existent, qu’ils ne deviennent quel-
qu’un, qu’après avoir rejeté de leur mémoire à peu près tout ce
que leurs professeurs leur avaient appris.

Et combien y parviennent ?.. Un sur mille, peut-être !

Et les autres ?

Les autres deviennent académiciens, clers d’huissier ou cochers
de fiacre. Mais l’Ecole, ni le gouvernement, ne s’en inquiètent.

Ils sont sortis, ils savent tout ce qu’on pouvait leur enseigner...
C'est à eux de se débrouiller.

Or, ils s’embrouillent le plus souvent, jusqu’à mourir de
misère.

Il est temps de dire à l’Etat : On ne crée pas un artiste comme
on crée un docteur ou un avocat. C'art est d’essence supérieure,
et le temps où « un regard de Louis enfantait des Corneille » est
passé.

Tout ce que l’Etat peut et doit faire c’est d’encourager le vrai
talent, et de donner, comme je l’ai dit, une toile et des couleurs
à Géricault rêvant le Naufrage de la Méduse et un peu de beurre à
ce pauvre pa3rsan qui mange ses pommes de terre nature en
peignant Y Homme à la houe !

Décourager les faux artistes, cela est non moins essentiel que
d’encourager les vrais !

Au moment de clore cette série d’études, nous apprenons que
l’Académie des Beaux-Arts propose au Ministre d'importantes
modifications dans le réglement de la Villa Médicis.

Est-ce qu’on se déciderait enfin à entrer dans la voie des
réformes ?

Il serait temps. Dans tous les cas, nous saurons bientôt en
quoi consisteraient les modifications proposées, etnousétudierons
ici cette question, qui se rattache directement à celle de l’Ecole
des Beaux-Arts. F. j.

pCHOS Artistiques

L’inauguration du monument élevé à Gustave Flaubert, à Rouen, a eu Heu
dimanche dernier.

Ce monument est l’œuvre du sculpteur Chapu.

X

Une intéressante exposition de modèles et croquis artistiques inédits va
s’ouvrir, galerie Vivienne, le 7 décembre prochain.

Organisée par l’Union Artistique des dessinateurs, cette exposition com-
prendra des dessins, aquarelles, gouaches, chromolithographies et gravures,
sur toile, étoffe ou papier, facultativement répartis en sept sections.

I. Imagerie pour chromolithographie : Etiquettes, albums industriels, tableaux-annon-
ces, affiches, calendriers, chèques, menus, dessus de boites, découpages, imagerie reli-
gieuse ou autre, emblèmes et souvenirs, entetes de lettres, chromo-vitrail, etc.

II. Enluminure : Missels, canons d’autel, souvenirs, petites images, etc.

III. Décoration : Croquis et modèles pour céramique, écrans, panneaux, dessins sur
ou pour étoffes, dessin d’ornementation, papiers peints, etc.

IV. Portraits en noir, à l’aquarelle, sur ivoire, céramique, miniature, photominia-
ture, etc.

V. Enseignement (modèles pour T) : tête, paysage, fleurs, nature morte, etc.

VI. Illustration d’ouvrages, gravure de modes, illustration pour musique.

VII. Divers : Esquisses pour reproduction de bronzes, projets de monuments,
modèles pour bijouterie, fantaisies, etc.

Plusieurs croquis pourront figurer dans le même cadre ou sur un même
carton dont les dimensions ne devront pas toutefois dépasser deux mètres de
hauteur sur un mètre de largeur. Le cadre n’est pas obligatoire, mais les
ouvrages devront être fixés sur carton et ne seront pas reçus roulés.

Il sera perçu pour tout droit au dépôt des ouvrages, une cotisation de
5 francs par exposant pour deux ouvrages. Il sera perçu en outre 10 0/0 sur le
produit des modèles vendus (en toute propriété) soit pendant l’exposition, soit
par les soins du syndicat qui sera organisé après.

Une commission composée d’artistes, de critiques d’art et d’éditeurs recevra
les ouvrages. Des récompenses seront accordées.

Le dépôt des œuvres a lieu jusqu’au 5 décembre, 32, Galerie Vivienne.

L’exposition lermera le 25 décembre.

L’Administrateur-Gérant : SILVESTRE
Ghptographie SILVESTRE & Clt, rue Oherkampf, 97, à Paris.
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