L' art français: revue artistique hebdomadaire — 5.1891-1892 (Nr. 210-261)

Seite: bo
DOI Heft: DOI Seite: Zitierlink: 
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art_francais1891-1892/0131
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
L’ART FRANÇAIS

l’éblouissante clarté d’un jour de juin. Ici encore, on retrouve le par-
fait équilibre et l'heureuse disposition des masses, en même temps que
le sentiment délicat des valeurs.

SALON DU CHAMP-DE-MARS

La vie moderne compte M. Adolphe Binet parmi ses historiographes
les plus fidèles et les plus consciencieux. Le jeune artiste était repré-
senté, au Salon du Champ-de-Mars, par trois ouvrages, dont deux
très importants : Une gare- de chemin de fer et la Sortie (Siège de Paris,
i8yo). Cette Gare de chemin de fer, dont nos lecteurs trouveront plus
loin la reproduction, c’est la gare Saint-Lazare, vue intérieurement, à
l’heure de l’arrivée d’un train. Il serait difficile de noter avec plus de
justesse le mouvement multiple de cette foule qui se presse, dans des
attitudes si diverses, vers la porte de sortie. Dans la démarche de ces
voyageurs qui s’avancent, en hâte, droit sur le spectateur, on devine
leur impatience de voir ou de revoir Paris, d’aller ou de retourner à
leurs affaires, à leurs plaisirs. Avec un peu d’attention, on distingue-
rait ceux d’entre eux qui sont attendus là bas, au pied de l’escalier de
l’arrivée, et qui savent que deux bras enamourés vont se jeter à leur
cou... Et les tristes, les voyageurs solitaires... ceux auxquels personne
ne souhaitera la bienvenue...

Ces arrivants, c’est proprement le monde en raccourci.

La Sortie de l’église, par Mllu E. Herland, est une spirituelle saynète
sur le piquant de laquelle nous croyons inutile d’insister. Il y a là, en
effet, une opposition fort expressive entre l’enseignement religieux et
certaines préoccupations d’ordre essentiellement profane...

LA DISTRIBUTION DES RÉCOIFENSES DD SALON

La distribution des récompenses accordées aux exposants du Salon
de 1891 a eu lieu, avec la solennité habituelle, le 2 juillet dernier, au
Palais de l’Industrie, sous la présidence de M. Bourgeois, ministre de
l’Instruction publique et des Beaux-Arts, assisté de MM. Bailly, prési-
dent de la Société des Artistes Français, Larroumet, directeur des
Beaux-Arts, Antonin Proust, Kæmpffen, Lafenestre, Cavelier, etc.

M. Bailly a tout d’abord rendu compte de la situation actuelle de la
Société. Après avoir rappelé les difficultés qu’il a fallu vaincre pour
conserver le privilège de la « location » du Palais de l’Industrie (on sait
que l’Etat accorde ce palais aux artistes moyennant une somme
annuelle de 1 franc), l’éminent architecte a expliqué les motifs des
modifications apportées, l’an dernier, au règlement du Salon change-
ment de mode de formation du jury de peinture, réduction du nom-
bre des tableaux admis, etc. :

« Cette mesure, dit-il, 11’a pas été, il faut le reconnaître, s'&ns soulever une certaine
émotion parmi les artistes, même parmi les plus marquantsquelques-uns ont pensé
que dans une Société démocratique comme la nôtre l’indulgence devait dominer la sévé-
rité : d’autres, au contraire, ont pensé que l’admission au Salon devait être une sorte de
consécration d’études antérieures; qu’il y aurait probablement bien des mécontents,
mais qu’aussi le Salon y gagnerait par des œuvres meilleures en plus grand nombre, et
qu’enfin le jury a le devoir de faire comprendre à de soi-disant artistes, qui n’ont
aucune aptitude pour les arts, qu’ils feraient mieux de choisir d’autres carrières que
celle-là, si peu fructueuse pour eux. . .

Le Comité a pesé les raisons données et il a maintenu Sa décision, attendant le
résultat, le jugement des artistes, le jugement du public, le vôtre, monsieur le ministre.
Nous sommes bien, il est vrai, une Société démocratique et nos sociétaires ont droit à
notre sollicitude, mais le Salon, qui est une tradition d’Elat, doit être, avant tout, une
exposition d’œuvres de valeur ouverte à tous les artistes; sociétaires ou non, tous ont
les mêmes droits, tous .sont égaux et doivent s’incliner quelles que soient les sévérités
du Jury.

Quelques-uns, et ils ne sont pas nombreux, de ceux qui pour des raisons diverses
avaient l’honneur d’être admis depuis longtemps au Salon et qui ont été lésés de la
mesure prise, en prendront leur parti, et par des efforts plus considérables reprendront
leur place.

Cette appréciation est curieuse à rapprocher de la détermination
prise, tout récemment, par le Comité des 90, en vue du réglement du
Salon de 1892, et d’après laquelle les Artistes hors concours seront
admis de droit.

M. Bailly a terminé en priant le ministre de vouloir bien remettre
lui-même les récompenses aux lauréats.

M. Bourgeois a répondu par un remarquable discours où il a fait
l’éloge du Salon qui vient de finir et qui a été vraiment remarquable,
tant par le mérite des ouvrages que par le goût de l’arrangement.

Le ministre a ensuite fort nettement défini, en des considérations
que nous regrettons de ne pouvoir rapporter, faute d’espace, l’esprit et
les aspirations de l’École Française moderne.

Puis, M. Vigneron a proclamé les noms des lauréats, dont la plupart
ont été salués par des applaudissements unanimes.

LES ACQUISITIONS DE L’ÉTAT

Voici la liste des dernières acquisitions de l’Etat aux deux Salons de
1891, à ajouter aux acquisitions faites d’office et dont nous avons donné
l’énumération ;

SALON DES CHAMPS-ÉLYSÉES

PEINTURE

Axilette : Y Eté. ■— Bernier ; le Soir (Bretagne). — Bompard : YOued-Chetma.

— Bouchor : Pécheur au verveux (Freneuse). — L. Boulanger : la Pleine d’Am-
bérieu. — Bréauté : YOuvrière. — Carlos Lefebvre : Soleil d’automne. — Duffaud :
Mort d’Ourrias. — R. Fatli : le Ruisseau gelé. — Mlle Forget : Sainte Cécile, mar-
tyre. — Garaud ; le Vieux pont sur la Rance. — Gervaix : les Saintes Maries. —
A. Guéry : Matinée d'hiver (Champagne). •—• Hareux : Nuit d’août. — Isem-
bart : le Matin au bord du Doubs. — J. Laurens : A Keban Madenn. — P. La-
garde : Jeanne d'Arc. — Laurent-Desrousseaux : Cheg les Sœurs. — M. Leen-
hardt : Au petit jour levant. — Constantin Le Roux : Au coin du feu. — Et.-
Eug. Leroux : Y Atelier de mon père. — Le Sidaner : ‘Bénédiction de la mer. —
Henri Martin : Chacun sa chimère. — Moreau de Tours : la Mort du polytechni-
cien Vaneau (1830). — Olive ; les TJochers du Plan (Marseille). — Ronot : les
Mendiants. — Roullet : la Ville de Nouméa. — Sergent: le Devoir, Esling, 180 y.

— Tanzi : le Soir. — Thiollet : Retour des moulières (Villerville). — Paulin :
une Piscine, aquarelle (architecture).— Delaporte et Deverin : Temple deBaïon
à Angkor, 9 châssis.

SCULPTURE

Arm. Bloch : Martyre (statue, bois). — Alfred Boucher : A la terre
(statue, marbre). — Edgard Boutry : Chasseur (statue, plâtre). — Mme Laure
Martin-Coutan : Source (statue,plâtre). — Craux : A. Corbon, sénateur (buste,
plâtre). — H. Cros : Circé (bas-relief). — Delaplanche : Eve avant le péché
(statue, marbre). — Kinsburger : Rêverie (groupe, plâtre). — Saint-Lami
Première faute (statue, marbre). — Mlle Lencelot : la Eamille (bas-relief, plâtre).

— Antonin Larroux ; Retour de la chasse au sanglier (groupe, plâtre). —
Levillain : Diogène (vase, bronze). — M1!e Moria : Etude (buste, bronze). —
G. Michel : Bienvenus soyeg (bas-relief, marbre). — Peène : Madeleine, au réveil
(statue, marbre). — Pézieux : Echo enchanteur (statue, plâtre).— MmeSyamour:
Diane (statue, plâtre). — Theunissen : Pendant la grève (groupe, plâtre). —
Vernhes : Retour des jeux (statue, plâtre).

SALON DU CHAMP-DE-MARS

PEINTURE

E. Bastien-Lepage : Village en Lorraine. — Jean Béraud : A la Chartreuse. —
Mlle Breslau : Intérieur. Carrière : Le Matin. — Costeau : Solitude. — Des-
boutin : Etude'. — L. Dumoulin : Le Forum. — Grandhomme et Garnier :
Printemps (émail). — Griveau : Ma chambre. — Iwill : Avant l'orage (pastel).
Jeanniot : Une chanson de Gibert. — Laurent-Gsell : la Seine (18 janvier 1891).

— Mlle Lee Robbins : les Trois Parques. — Perraudeau : Saintes filles. —
Ribarz : la Ville de Luxembourg. — Renouard : M. Dagnan (dessin). — Ed.
Sain : Jeunesse. — H. Saintin : Matinée de novembre. — A. Smith : Y Eté sous
bois. — Tournés : Jeune fille se peignant.

SCULPTURE

Enjalbert : Enfant au poisson (fontaine, marbre). — Peter : Le lion et le rat
(marbre).

En outre, l’Etat avait acheté d’office les oeuvres suivantes, à l’ouver-
ture du Salon du Champ-de-Mars :

R. Billotte : Un coin de Paris (soir d’hiver). — Muenier : le Catéchisme. —
Zakarian : Fromages et figues. — Servat : Poses et œillets (applique au gaz en
fer forgé). — Thesmar : Trois tasses (émail filigrané transparent).

L’Administrateur-Gérant : SILVESTRE

Glyptographie SILVESTRE & C‘", rue Oberkampf, 97, à Paris.
loading ...