L' art français: revue artistique hebdomadaire — 5.1891-1892 (Nr. 210-261)

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Cinquième année. — N° 226.

LE NUMERO : 25 CENllMES

SAMEDI 22 AOUT 1891

L'ART FRANÇAIS

Directeur littéraire

FIRMIN JAVEL

Revue Artistique Hebdomadaire

Bureaux : 97, rue Oberkampf, à Paris

Directeurs artistiques:

SILVESTRE & Cie

ABONNEMENTS. — Patus & Départements : un an, 12 francs; six mois, 7 francs. — Union Postale: un an, 1S francs; six mois, 8 In

NOS ILLUSTRATIONS

La « chanteuse fin de siècle » qui lait les
délices des habitués du pavillon de l’Horloge,
et dont les affiches illustrées nous avaient
toujours parlé en des termes si contradic-
toires, a maintenant son portraitiste officiel et
définitif.

Yvette Guilbert sur la scène, par M. André
Sinet, fixe un point jusqu’ici obscur de l’his-
toire contemporaine. Les gens qui ne fré-
quentent pas les cafés-concerts et qui n’ont
point eu l’heur d’applaudir et d’admirer en face
l’interprète des chansons de Xanrofl, étaient
très empêchés de se représenter les traits de
la jeune artiste, car autant de portraits affichés
avec les notes de couleurs les plus criardes,
sur les colonnes Morris, autant de faciès diffé-
rents. De même nos petits-neveux eussent dif-
ficilement choisi entre tant de variantes.

Il est donc fort heureux que M. André
Sinet se soit avisé de transmettre à la posté-
rité la sincère et fidèle représentation de la
la gentille divette, de cette étonnante Yvette
qui est à coup sur l’une des originalités de
notre temps.

Le tryptique de M. Karbowski est destiné
à la décoration de la mairie de Nogent-sur-
Marne. C’est la glorification des travaux des
champs. M. Karbowski s’est révélé peintre
décorateur, voici quelques années à peine, et
il marche de succès en succès. Ces panneaux
d’un grand style et d’une exécution vraiment
remarquable, prouvent que l’excellent artiste
est en pleine possession de son talent. Il sait
établir une composition et il s’est créé une
manière particulière de traduire les êtres et les
choses agrestes. Il oppose volontiers les déli-
cates figures de vierges enfants, dans ces attitu-
des du travail qui ressemblent à celles de la
prière, à de rudes physionomies de laboureurs
au torse nu, brûlés par le soleil ou flagellés
par les bises matinales. Sa peinture est d’une
délicatesse parfois peu en harmonie avec le
caractère du sujet, et l’on peut se dispenser
de comparer les paysans de M. Karbowski
avec ceux de Millet. Mais chacun voit à sa façon
et l’essentiel est de nous charmer.

‘Deux fores tieri à Rome (portraits de
MM. Henry Maret et Louis Dumoulin),
est l’œuvre d’un peintre sincère, M. Lebayle,
grand prix de Rome de 1886.

Ce n’est probablement pas le hasard qui

SALON DE 189I (Cbamp-de-Mars).

André Sinet. —- Yvette Guilbert à la scène.

a fait se rencontrer dans une rue de la ville
éternelle, notre éminent confrère du Radical
et 1 artiste qui, tout jeune encore, semble
avoir résolu de parcourir le monde entier,
toujours à la recherche du motif inédit. Du
moins, le hasard, cette fois, aurait fait preuve
d intelligence, car d’une telle rencontre un
beau livre sera le résultat. J{ Rome, tel est
le titre de l’ouvrage qu’on attribue à la colla-
boration de MM. Maret et Dumoulin. Avec de
tels guides, nous sommes certains que les
chels d’œuvre, les momuments, les types, les
aspects curieux, tout sera observé et décrit
par les deux fores tieri que M. Lebayle nous
montre, l’un jetant sur la toile quelque cro-
quis d’après nature, l’autre suivant d’un œil
attentif le travail de son illustrateur.

Ajoutons que dans ce tableau les phy-
sionomies de MM. Henry Maret et Louis
Dumoulin sont saisissantes d’exactitude et
d’une expression bien méditante.

Aimez-vous les scènes Louis XY ? Aimez-
vous les habits aux pans allongés et flottant
sur des bas blancs, comme on voit dans Une
lecture cbe\ Diderot de Meissonier ? Aimez-
vous la gaieté et l’entrain d’une époque
unique où tout ce qui n’était pas le plaisir
était considéré comme quantité négligeable ?

Si oui, vous trouverez tout cela dans l'a-
gréable scène de genre de M Weiss: Au
cabaret, que nous publions aujourd’hui en
encartage, et où de joyeux viveurs applau-
dissent, inter pocula , quelque chanson
libertine du

Temps fortuné marqué par la licence
Où la folie, agitant son grelot,

D’un pied léger parcourt toute la France ;
Oh nul mortel ne daigne être dévot,

Où l’on fait tout excepté pénitence.

Dernièrement, à propos du Portrait de
Afmc Gautereau, par M. Courtois, nous rappe-
lions que le jeune maître franc-comtois avait
exposé, l’an dernier, une très remarquable
Lisette destinée à la figuration du foyer de
l’Odéon.

Nous sommes heureux de publier aujour-
d’hui, du même artiste, un Figaro finement
ironique, spirituelle figure destinée également
au foyer du second théâtre Français. Par ses
qualités de dessin et de couleur, aussi bien
que par l’expression, cette figure complète
admirablement la décoration confiée à
M. Gustave Courtois.
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