L' art français: revue artistique hebdomadaire — 5.1891-1892 (Nr. 210-261)

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Cinquième année. — N° 229.

LE NUMERO : 25 CENTIMES

SAM K DI 12 S K l’TE MB UE 1891

L'ART FRANÇAIS

Revue Artistique Hebdomadaire

Directeur littéraire ; Directeurs artistiques :

EIRMIN JAVEL

Bureau?.

97 , rue Oberkampf. à Paris

SI LV EST RE A O

ABONNEMENTS. — Paris X: Ukpaütkmknts : un an, 12 francs : six mois, 7 francs. — Union Postai.k : un an. 15 francs : six mois, g francs

NOS ILLUSTRATIONS

Il y a une pensée dans
l’œuvre de M. Gustave Mi-
chel : Souvieus-toi !

Cette figure d’alsacienne
montrant du doigt, à son fils,
qui vient de tirer à la cons-
cription, les territoires perdus,
les tombes des héros de 1870,
les champs et les bois où le
sangacoulé, cettefigure, dis-je,
n’est pas seulement celle d’une
femme : c’est celle d’une pro-
vince arrachée à la patrie et qui
la pleure, mais qui la pleure
sans faiblesse, sans défaillance.

Ce jeune soldat, auquel
une main vénérée indique
ainsi le chemin du devoir, est
plein d’expression. Il person-
nifie bien les générations nou-
velles, avec leurs ambitions
légitimes et leurs patriotiques
fiertés. M. Gustave Michel,
on ne saurait trop l’en félici-
ter, a fait preuve de tact dans
cette symbolisation de nos
souvenirs et de nos espérances.

Quel contraste entre le
groupe de M. Michel et la
petite scène de famille peinte
par Mlle Kobilca : En Été.
C’est ici le tableau de la vie
heureuse. C’est, si l’on veut,
une strophe charmante du
poème de l’intimité.

Quel observateur que M.
Georges Desvallières ! Avec
quelle concision et quelle jus-
tesse d’expression le jeune maî-
tre nous retrace des physiono-
mies entrevues dans un demi-
jour d’église ! Il semble qu’on
assiste à la messe intermina-
ble, rien qu’à considérer la las-
situde de cette bonne vieille re-
tournant dans ses doigts gros-
siers, les reliefs du pain béni.

C’est encore à la vie intime
que Mme Choppart-Mazeau a
emprunté le sujet de ce petit
drame intitulé : les Soins de
l’aieule. Un vrai drame, s’il
vous plaît, un drame avec des
pleurs, avec du sang! Une
jeune fille s’est blessée au
doigt, et toute en larmes a
recouru aux soins de la mère
grand’. C’est tout, et c’est
assez Pour émouvoir.

Gustave Michel. — Souviens-toi !
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