L' art français: revue artistique hebdomadaire — 5.1891-1892 (Nr. 210-261)

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L’ART FRANÇAIS

que. Il faut même qu’un artiste, ainsi doué, si sûr de son métier et si
savant, soit fiévreusement épris de pensée pour lui subordonner et
parfois lui sacrifier cette virtuosité plastique où il excelle».

Nos lecteurs peuvent appliquer ces réflexions aux dessins de
M. Puvis de Chavannes que nous avons la bonne fortune de reproduire
aujourd’hui. Ils en reconnaîtront mieux encore la justesse.

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L'EXPOSITION

DES

'PEINTRES-GRAVEURS

Pour la quatrième fois, les peintres-graveurs ont accroché,
dans le grand Salon de M. Durand-Ruel, leurs plus belles épreu-
ves et leurs plus intéressants «états», avec quelques études de
peinture ou d’aqua tinte, destinées à compléter la démonstration
de leur talent. On se souvient de l’empressement avec lequel fut
accueillie la première manifestation de ce groupe d’artistes cher-
cheurs, épris de renouveau et de nouveau, tous décidés à remettre
en honneur l’estampe originale. Philippe Burty, Roger-Marx,
Arsène Alexandre, d’autres critiques encore acclamèrent la har-
diesse et les légitimes ambitions des Lepère, des Buhot, des Brac-
quemond, des Forain, des Gœneutte, des Guérard, etc.

Aujourd’hui le groupe s’accroît; des talents de premier ordre
ajoutent à l’éclat de cette quatrième exposition, et c’est avec une
vive joie que nous retrouvons là M. Helleu, le fin et délicat pas-
telliste, le peintre élégant, aristocratique, l’artiste dont le début,
encore récent, fit sensation à la galerie de la rue de Sèze. Pointes
sèches ou lavis, M. Helleu s’est surpassé encore, ou, si l’on veut,
il a atteint au suprême de l’art par la liberté vraiment surpre-
nante de son dessin, par le caractère synthétique de sa vision et
de son interprétation: Etudes de jeunes femmesallanguies et sou-
riantes, profils perdus, nuques serpentines où flottent des boucles
de cheveux. Tout est merveilleux d’imprévu, tout est imprégné
d’un charme étrange et neuf.

M. Besnard dit, en une série d’eaux-fortes parfois poussées au
noir intense, une sorte de poème de la femme : « joies et misères».
Ce sont les étreintes folles de deux amants, c’est la mort d’une
créature aimée, c’est le suicide, c’est le triomphe de la femme, et
de ce thème complexe, le maître a tiré de merveilleux effets.

Henri Rivière, dont la Marche à l'étoile a révélé le talent déco-
ratif, expose ici une suite d’estampes qui égalent les plus belles
gravures sur bois en couleurs des maîtres japonais, avec cette
supériorité pour l’auteur de n’avoir demandé le secours d’aucune
collaboration. Ainsi, tout le monde sait aujourd’hui que la gra-
vure des Outamaro et des Hokusaï est toujours l’œuvre d’un
peintre, d’un graveur et d’un imprimeur. M. Rivière a été tout
cela à lui seul, et il a donné ainsi à ses gravures en couleurs une
harmonie particulièrement vibrante et personnelle: scènes agres-
tes, marines, assemblées de paysans au marché, plaines désertes,
paysages ensoleillés, ces «motifs» divers sont de simples thèmes
sur lesquelles l’excellent artiste exécute ses vibrantes variations.

M. Bracquemond a une admirable exposition à'ex libris.

Norbert Gœneutte afffine sa manière, surtout dans d’adorables

études de femmes, études aux deux crayons, d’une saveur et d’une
concision exceptionnelles.

M. Henry Guérard demeure l’artiste le plus capricieux qui soit.
Son panneau est le plus varié de tous, pointes sèches, dessins au
fer chaud, gravures en différentes couleurs combinées • Portrait
de Jean Guérard, d’un faire subtil, très étudié; gravures sur bois,
naïves, grossières, dans le goût des illustrations des vieux alma-
nachs, et toujours charmantes pour nous, par les souvenirs
qu’elles évoquent...

Il faudrait encore louer, et chaleureusement, les belles litho-
graphies, eaux-fortes et aquarelles de MM. Forain, Chéret, Lunois,
Odîîon Redon, Paillard, Lepére, Zorn, de Gravesande, Louis
Morin, Charles Maurin, etc. Mais l’espace nous manque et
nous nous bornons à saluer ces vaillants initiateurs d’un art
original et neuf.

pCHOs Artistiques

L’inauguration de l’exposition Th. Ribot, à l’Ecole des Beaux-Arts, est défi-
nitivement fixée au 3 mai. Cette exposition s’annonce comme devant obtenir
un très grand succès. Certaines œuvres du grand artiste sont absolument
inconnues et seront une véritable révélation artistique.

X

Demain 24, aura lieu, à l’HôteLde-Ville, l’exposition des cinq projets
second degré, du concours pour la décoration de la grande salle à manger de
l’Hôtel-de-Ville.

En même temps seront exposés les trois projets pour le concours, au
deuxième degré, d’une statue à Beaumarchais.

X

Chez Bodinier; l’exposition de madame jehanne Mazeline s’est ouverte ven-
dredi dernier. Des toiles, des aquarelles, des pastels d’un beau coloris, d’une
pâte fine, une série d’œuvres toutes intéressantes et souvent remarquables, tel
est l’ensemble.

Cette nouvelle page d’art fait le pius grand honneur à la sympathique
artiste, coutumière du succès.

X

L’Etat vient d’accepter, pour les musées nationaux, deux tableaux; la
Vérité, de Paul Baudry et un Portrait de jeune homme, par Emile Lévy.

X

Un concours est ouvert pour la décoration du Salon d’architecture Nord et
du Salon d’introduction Sud formant les deux extrémités de la grande salie
des fêtes de FHôtel-de-Ville.

Les esquisses devront être déposées le 20 octobre prochain.

Deux prix et quatre primes pourront être accordées, par suite de la symé-
trie complète des deux salons qui a permis de fusionner deux concours en un
seul.

X

M. Adrien Moreau, artiste peintre, est nommé chevalier dans l’Ordre Natio-
nal de la Légion d’honneur.

X

Nous avons le regret d’apprendre la mort de M. Charles Thomas, décédé
dans sa trente-sixième année.

Paysagiste et peintre de fleurs, élève de Leclaire, il a pris part à toutes les
expositions des Champs-Elysées. Depuis 1878, il avait obtenu une médaille
de troisième classe en 1886, avec une Veille de Fête, tableau de fleurs qui a été
acquis par la ville du Havre pour son musée.

L’Administrateur-Gérant : SILVES'IRE
Glyptographie SILVESTRE & Cl", yy, rue Oberkampf, à Paris.
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