L' art ornemental: revue hebdomadaire illustrée — 1.1883

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L'ART ORNEMENTAL.

EXPLICATION DES PLANCHES

Cartouche composé par J. Bernard Toro, gravé par C. Cochin.

Toro, qui habita presque toute sa vie la province, vint à Paris vers 1716,
pour surveiller le travail dont le Journal des Savants nous a conservé le
souvenir. Il n'y fit pas un long séjour; il y laissa pourtant des traces de
son talent, car il existe de lui, rue du Bac, 118 et 120, deux portes cochères
ornées de fleurs et de médaillons, où sont figurées les quatre parties du
monde. Toro exécuta également les sculptures de l'escalier d'honneur dans
la même maison. Après ce court séjour, l'artiste retourna en province où
il exécuta un nombre considérable de modèles pour meubles et boiseries,

J. Bernard Toro est né à Toulon en 1672; il mourut dans la même

ville en 1 j31. Il était fils de H. Toro, qui occupa la place de maître sculpteur

à l'arsenal de Toulon. Il succéda à son père dans entre autres ceux du mobilier de l'Hôtel-de-Ville

cette charge, mais ne paraît pas l'avoir conservée ^^*ét>i^*s&=^^ d'Aix.

longtemps. J. B. Toro travailla à Toulon, à Aix et /^^'s*B:«S||P*^e:^^ L'œuvre de cet artiste est extrêmement consi-

à Paris. Le musée d'Aix possède encore des consoles jj/f Mb dérable. La bibliothèque de l'Arsenal possède de

sculptées par lui. «, la lui beaucoup de pièces gravées très intéressantes,

On lit dans le Journal des Savants du 10 août 1716 : __plusieurs livres de cartouches, un livre de vases,

« Le sieur Dubuisson, architecte du Roy, achève de ^d^^^fe^^^aSSjte^ des plafonds, un livre pour vaisselle d'église. Toro
faire graver et imprimer chez lui les œuvres de Toro, iCP\Î!'"" ■^m^mmm^l!ssa^^^^^^ 3 lOUt a':)0rc'c : 'es niascarons, les frises, les dessins
designateur et sculpteur du Roy pour les ouvrages k V^te^^^^ES^^HBHiMf de tombeaux, les ornements d'armoiries et de por-
du port de Toulon ; ce sont des compositions des i^^^plPI^^^qHHHFy^, traits, les culs-de-lampe et, nous l'avons dit déjà,
plus neuves, des plus variées et du meilleur goût qui a-— -~sr~y^'-^^^Ê^^^ toutes les pièces du mobilier. La Bibliothèque
aient encore paru : elles représentent des soleils, des kjÀ il ^^~~^^^^^^^^SSë^âÉi nationale et la bibliothèque de Bruxelles possèdent
ciboires, des calices, des lampes, des candélabres et AIE également un certain nombre de pièces très inté-
autres pièces à l'usage des églises: des trophées, des y,.- dues à cet éminent ornemaniste. Les
têtes, des cartouches, des pieds de table, des vases, M^BSiMbM dessins de Toro, dit M. Guilmard, sont très renar-
des cuvettes, des surtouts et autres pièces d'orfèvrerie pr^fâf^î^jv.-.V'; ^wM|^HÉ' H-^jr^jt *i uables; ce sont des chefs-d'œuvre d'élégance et de
et de sculpture, des arabesques et des grotesques de b|§9B|' . ' ; .^Kjjjffl bon goût : ils sont traités avec une
toute espèce. Ces compositions font connaître avec H^I'I^^^^SK^ WÊ^wÊÊ^- fflffVp . —— grande finesse et relevés généralement
quel succès l'auteur a su joindre à ses talents naturels liP'fM^ ._:^=jÉÇW-= par une teinte d'encre de Chine. Il

les excellentes instructions de M. Pugct, son maître ; .'ne: : : ,>. ;. ■ ....... .e ■.■1.., , en existe quinze a la bibliothèque de

le graveur qui est très intelligent dans le dessin s'esi Paris. Nous en trouvons trente -cinq

montré soigneusement appliqué à rendre les morceaux j^Jjjjj^ ; '''H||h ' \- ï'JÈffS^ chez M. Foule ; quinze de ces derniers

tels que l'auteur les a produits : la correction, l'art île /''j]'''^}pf^::X':fi''\':-'\' - V^e/i^i'': 'si'"1 représentent des arabesques et des

graver et la propreté des imprimeurs le rendent égale- ^nj|fif|| rËÊnjnÊÊ^ grotesques. Les vingt autres ont été

ment digne de l'approbation et de la recherche des ^^fafàiS composés pour la décoration du chœur

curieux et des personnes dont l'éducation et la pro- de Saint-Trophime d'Arles; ils repré-

fession ont quelque rapport au dessin. Cette grande Flacon a thé en argent, xvine siècle. sentent des modèles d'autels, de chan-

suite est divisée par livres de six feuilles de chaque deliers, de custodes, de portes et de

espèce : pour en rendre le choix plus libre on trouvera l'œuvre ainsi
séparée ou entière, reliée en veau, chez le sieur Dubuisson, rue Guenegault
en entrant du côté du Pont-Neuf. » Ces volumes n'existent plus.

broderies pour chasubles, plus deux titres de livres d'heures. On voit que
cet artiste a tout embrassé de ce qui touche à l'art ornemental.

Comme sculpteur, Toro avait une sûreté de main et une habileté sans

écuelle en argent.

Travail français du temps de Louis xv.

égales. Il avait été du reste à bonne école, ayant travaillé dès le principe
sous la direction du grand Puget.

Le cartouche que nous donnons à nos lecteurs est un spécimen bien
complet du talent de Toro, j'en dirai autant de la console de notre troisième

page. On y trouve la grâce, l'élégance et la facilité qui caractérisent l'artiste,
et en même temps cette espèce de gracilité charmante qui est particulière
à son talent. Sur l'un des cartouches que possède le Louvre, on lit :
« Le cartouche cy à coté a esté commencé par le Sr Toro Me sculpteur

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