L' art ornemental: revue hebdomadaire illustrée — 1.1883

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L'ART ORNEMENTAL.

de la duchesse de Valentinois, il couvrit les murs du palais des croissants
de Diane avec la devise : Donec totum impleat orbem, et mourut en 070
surintendant des bâtiments de la couronne, abbé de Saint-Martin de Troyes,
prieur de Bretigny, conseiller et aumônier du roi.

François I01' ne s'était pas contenté de créer à Fontainebleau l'école
dont le Rosso et le Primatice furent les inspirateurs et les maîtres, il y
avait appelé des tapissiers placés sous la direction de Philbert Rabou,
sieur de Bourdaizière, surintendant des bâtiments royaux, et de Sébastien
Serlio, peintre et architecte ordinaire du roi. Le Primatice exécuta beau-
coup de dessins pour cet atelier. A ces ouvriers, François Ier confia la
confection des tentures et des meubles de ses résidences royales. On trouve
dans les comptes des bâtiments de 040 à i55o les noms de quinze maîtres
tapissiers recevant du roi la soie, la laine, l'or, l'argent, filés, etc., et payés,
suivant leur talent, de i5 à 20 livres par mois; ils étaient tous sous les
ordres de Salomon d'Herbaines, maître tapissier du roi. Ces dépenses
pour la manufacture de Fontainebleau n'empêchaient point le roi d'acheter
des tapisseries aux manufactures de Paris et de Flandre.

Henri II soutint l'atelier royal de Fontainebleau, mais tous les ateliers
périclitèrent sous les derniers Valois. Henri IV les rendit à la vie.

Constatons seulement le fait sans y insister et bornons-nous aux détails
historiques sommaires qu'il nous a paru bon de donner à nos lecteurs
à propos des beaux échantillons de feuilliages Renaissance, dus à l'inven-
tion de l'excellent mestre Francisque et desscignés par A. Pierretz.

PETITE CHRONIQUE

— On sait que le haut-relief de M. Dalou, la République, acheté par la
Ville au dernier Salon, doit contribuer à la décoration du nouvel Hôtel-
de-Ville. On a longuement étudié l'emplacement qui se prêterait le mieux
à cette magnifique expression de l'art moderne et, faute de surfaces suffi-
santes, et surtout suffisamment éclairées, on a décidé que l'œuvre de
M. Dalou serait placée dans la salle de lecture du conseil municipal, entre
deux grandes bibliothèques où, ce nous semble, elle sera terriblement à
l'étroit.

En attendant une installation définitive, rendue difficile par ses vastes
proportions, ce haut-relief a été soigneusement emménagé dans les maga-
sins du boulevard Morland.

L'emplacement choisi à l'Hôtel-de-Ville, et qui serait, paraît-il, imposé
par l'état des localités, nous semble absolument regrettable. La pièce dont
il s'agit ne sera accessible qu'aux seuls membres du conseil. Or, l'œuvre
de M. Dalou est d'une richesse décorative telle, qu'on ne doit pas la
cloîtrer dans un espace exigu. N'y aurait-il donc point, dans tout ce vaste
édifice, une salle plus ouverte et plus apte à la recevoir? Dans cette longue
suite de salons d'apparat et de galeries de fête, ne pourrait-on pas
trouver une place où ce haut-relief magistral serait visible, les jours de
réception, dans un cadre de fleurs, sous le ruissellement de la lumière des
lustres ?

M. Ballu ne pouvait-il pas lui consacrer une paroi dans les pièces
situées au premier étage sur le quai ou bien dans la grande salle à manger
qui se trouve à l'angle de la place Lobau ? C'est une simple question que
nous soumettons à la cinquième commission du conseil municipal, dont le
choix unanime s'est porté sur l'œuvre de M. Dalou.

Dans la même bibliothèque du conseil, vis-à-vis de la place réservée à
la République de M. Dalou, a été placée une grande toile représentant
également la République. Ce tableau qui, pendant de longues années, est
resté roulé dans les magasins de la Ville, boulevard Morland, en a été
exhumé lors de l'installation du conseil dans la salle des Etats, au pavillon
de Flore.

C'est une œuvre médiocre et .froide du peintre Gérôme, qui n'augmen-
tera certainement pas son bagage artistique. Le seul intérêt que présente
cette composition où la figure de la République se détache debout sur un
fond étoilé, agrémenté d'un arc-en-ciel tricolore, c'est qu'elle a été couron-
née en 1848, à la suite d'un concours public dont on ne retrouve aujour-
d'hui aucune trace dans les dossiers de la préfecture. De ce concours,
deux toiles sont restées jusqu'à maintenant : celle de M. Gérôme, ressus-
citée il y a quatre ans dans les circonstances que l'on sait, et une autre,
•exilée à la mairie du XVIIe arrondissement où elle décore la salle du
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