L' art ornemental: revue hebdomadaire illustrée — 1.1883

Seite: 155
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L'ART ORNEMENTAL.

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Voici comment procédait André-Charles Boulle pour donner à son
travail d'incrustation toute la précision et toute l'exactitude désirables. Il
superposait deux lames de même épaisseur et de même dimension, l'une

Cette fabrication fut continuée par ses fils, mais les productions de ces
derniers, quoique remarquables encore, sont de beaucoup inférieures] à
celles du père. « Où il y a le plus à choisir, dit M. Jacquemart, c'est dans

en métal et l'autre en écaille, . les innombrables pendules
et, après avoir tracé le des- religieuses qui se plaçaient
sin à la pointe sèche sur le fggg$fr soit sur des gaines, soit sur
métal, il le découpait d'un <*N^B£' des consoles à suspension,
seul trait de scie sur les deux ■~^ifl?L fiCelles de Boulle père sont
lames à la fois. Il obtenait i^ï&Sl>NÉl. r^-- toujours surmontées de fi-
de cette manière quatre /QSKp? «lâyiS. f\ gures ou de groupes d'une
épreuves : deux négatives et *^jKJV Wj àejg^ m* ^JsÈi merveilleuse exécution, et les
deux positives, si on peut i^Bp^M ^JSSÈ^M^ bas-reliefs qui figurent sous
ainsi dire, qui s'emboîtaient ^HHH iMwf M^^^^^mjÈf ,c cadran sont en accord
parfaitement, car le dessin -^wIIIhR BS^eMMar complet avec la décoration
exprimé par le vide recevait "^wR/ilniÈTr^ incrustée. »
les ornements tracés par le ^^*§SSÊfÊSw]IB!^^^I four s'exercer à recon-
plein, et s'y inséraient exac- ^HBKiMr^V I naître la main du savant in-
ternent. On comprend donc asS7Ti7i,a ""^^îllPI^S £-... venteur du genre, il suffira
que le creux de l'écaillé rece- WHR „ «BK^Bn jç*MBIÊ$to d'examiner attentivement les
vait l'ornement de métal , (jêaJSÊ&l&C^. J2HB|KSSSlw*«k «%tôKnM&\. pièces qui meublent la gale-
et réciproquement le creux sf^^^^^^^^^^^^S^^S^^^^^ WiËÉslsS'S. rie d'Apollon au Louvre et
du métal recevait l'ornement ^^MF^^^^^^^^mfflffl|HMKySy wwfMr'^ certaines autres disséminées
de l'écaillé. Cette opération |HH /iS^iÈ ' i » .JÉl^I «as dans les salles du même pa-
fournissait deux meubles à JWf Jm^SÊ^VK^''"'Wi ^g^^/Wi lais. On n'y rencontrera
la fois : l'un dit de première Qj&à) ê\ 14m.4T*r^ 1 j^X, fÇf\ *WÊr aucune des fautes qu'on peut
partie, c'est-à-dire dont le Wffi «KfiM^^^^al^p^--^ - -*^B^1 lttFj§^ Èffl reprocher aux imitateurs de
fond était en écaille avec —--^- '* £yjjp^^<T^gr Charles Boulle, et en par-
les ornements métalliques; ^Ste^ ^^S^^WlSlESSiHiEJj^ff^ ^oaaâ^ ticulier à Philippe Poitou,
l'autre dit de seconde partie, fÊÈ&'ÊRÊsÉkï:* c'est-à-dire des cornes teintes
qui était la contre-partie, ^^œà* '$ÊÊP& en bleu et en vermillon, dont
c'est-à-dire que le fond était TeÊ^Èffilj^t^~lBlll l'effet détruit la sévère et
en métal et les ornements 13b', I "c.f-^fff riche harmonie qui est le
en écaille. Enfin, les meubles ^ «fflffmwtr^B'ff caractère du vrai meuble de

d'écaillé et une partie fond B WsSim il Le retable est un parquet

métallique. On peut voir au I^BtÊÊÊlIKTÊm irn plus ou moins orné, qui est

Louvre un meuble ainsi exé- placé contre le mur et au-

Parmi les meubles de nVH| f H décoration des églises catho-
Boulle qui joignent un carac- XmHhM^^ ! \w liques qui contient en géné-
tère historique à une authen- HH |L?S ra^ une œuvre d'art quel-
ticité incontestable, celui que . |ï$BPÏr^ v\ conque de peinture ou de
nous reproduisons est un ..- iMfflmffrii J ii sculpture. On nomme contre-
des plus riches. C'est le cof- * -x WÊSÊÊ^W retable l'encadrement qui
fret de mariage commandé . ifW^^Êi entoure le panneau formant
à Boulle par Louis XIV" pour K'iR^ ■^k^^^ le retable : celui-ci est soû-
le mariage du grand Dau- (> ^§l|8|||î vSmsFir>mi!#r ^PBflSP* vent à volets, de sorte qu'en
phin. Ce chef-d'œuvre est 3J^£* ^Si|^ajHky^^\^BK^L ' le fermant on abrite les
resté au palais de Versailles . '^SÊ^^^^SM^^fe^;' jp MSj^^t^^^rJÊ ^SSBil» principales pièces du re-
jusqu'à ce que le grand Dau- ""• JÊgÊÊHÊttÊe '' ^WT^^^^X^t'^^'—lwÊÊS^' ■ table. Notre retable est eu
phin le fît transporter au - •'••::£JIbBBBBk*-' %i> IvvéÊBÊiaS^WsÉkm^'^'^^jkk '"'"'• "A'l;'-vv t' • ébène et en argent repoussé,
château de Meudon, sa rési- ^'^^^If^lÊÊK^KÊÊ^ii /fe^^^^B^3i^™HSafe^„-l\^.. C'est un travail français du
dence favorite. où ii luonrut ~ ■■ ''^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ '" temps de Louis XIII.

lieu partie de la collection " en diorite orbiculaire antique

Les meubles de Boulle ~zz--.—.. ^^^^^==^^^^^^^^^^^^^^^1^^^- bronze doré, par Gouthière.

sont nés sous l'influence de

Louis XIV et de Le Brun. Candélabre en dioiute orbiculaire antique et bronze doré, Ce magnifique candé-

On sent qu'ils ont été conçus par Gouthière. labre en bronze ciselé et

pour orner les somptueux doré au mat est une oeuvre

édifices occupés par le souverain qui entoura la majesté royale du plus bril-
lant éclat. Ces meubles sont évidemment ceux qui se prêtaient le mieux à
garnir les salons pompeux et gigantesques comme les aimait le Roi-Soleil.
Aussi est-ce le meuble d'apparat qui l'emporte de beaucoup sur le mobilier
intime dans la fabrication de Boulle.

authentique de Gouthière. Il est composé 'd'un vase ovoïde en diorite
orbiculaire antique élevé sur un trépied à têtes de satyres, en bronze doré,
garni de trois anneaux et reposant sur trois sphinx ailés en bronze vert
accroupis sur une base en marbre bleu turquoise : cette base est ornée de
petites branches de vigne, de vases de fruits et de petites couronnes. Au
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