L' art ornemental: revue hebdomadaire illustrée — 1.1883

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L'ART ORNEMENTAL.

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académiciens se ralentit. Les maîtres peintres s'en aperçurent et mirent
tout en œuvre pour ruiner l'institution naissante. Ils mirent à leur tête
Mignard, qui n'avait pas pardonné aux académiciens l'indifférence qu'ils
lui avaient témoignée. Ils le nommèrent leur prince, et, à l'imitation de
l'Académie royale, ils établirent une école pour y poser le modèle. Leur
projet était de reprendre les exercices abandonnés par l'Académie et
d'opposer la célébrité de Mignard à celle de Le Brun et de Le Sueur.
Mais ceux-ci alors se mirent à reprendre leurs travaux avec plus d'en-
train que jamais, ce que voyant, la communauté des peintres fit pro-

poser à l'Académie un projet d'union. Cet accommodement n'ayant point
réussi, l'Académie poursuivit l'entérinement des lettres patentes que le roi
lui avait accordées en 1649. Les deux compagnies furent en instance devant
le Parlement, et, sur le rapport du conseiller Hervé, les lettres patentes de
l'Académie furent entérinées par arrêt de i652. Mais le même arrêt pro-
nonçait aussi sur une transaction et les articles de jonction stipulés entre
la communauté des maîtres peintres et l'Académie. En conséquence, les
deux compagnies se trouvèrent aux mêmes assemblées. Cette union ne dura
pas longtemps, et on ne tarda pas à en venir à une rupture complète.

L'Académie se mit sous la protection du cardinal Mazarin. Elle avait dressé
de nouveaux statuts et obtenu de nouvelles lettres, dont l'enregistrement
avait été ordonné par arrêt de l'an 1655. Par ces lettres patentes le roi lui
accordait un logement et une pension. Ce fut vers ce temps que Le Brun,
qui avait eu tant de part à l'établissement de l'Académie, s'en retira, froissé
de certains procédés de ses confrères et surtout de M. Ratabon, surinten-
dant des bâtiments, qui l'avait compromis, avec Errai'd, dans la décoration
de la galerie d'Apollon. Le Brun, cependant, agit toujours bien avec l'Aca-
démie, et, quand elle s'adressa à lui, il ne refusa jamais de l'aider de son
crédit. Il consentit même à l'accompagner et à la présenter à M. le chan-

celier Séguier, lorsque après la mort du cardinal Mazarin elle pria ce
magistrat de la prendre sous sa protection. Ce fut encore Le Brun qui
introduisit dans l'appartement de Colbert les députés qui vinrent offrir
à ce ministre la qualité de vice-protecteur de l'Académie.

En 1661, l'Académie, obligée d'abandonner le logement qu'elle avait
au Louvre, fut transférée en la galerie de l'hôtel Brion qui faisait partie
du Palais-Royal. Elle demeura dans ce nouveau logement jusqu'en 1692.

Enfin, elle quitta l'hôtel Brion et alla s'établir au vieux Louvre.

Voici quelle était l'organisation de l'Académie : Un directeur nommé
par le Roi, un chancelier perpétuel, quatre recteurs également perpétuels
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