L' art ornemental: revue hebdomadaire illustrée — 2.1884

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PARIS 33, avenue de l'Opéra. Paraissant tous les Samedis. BRUXELLES : A. N. Lebêgue et Ci€.

TURIN: Mattirolo Luigi, io, Via Po. Directeur il Rédacteur en chef : G. DARGEN T Y NEW-YORK : Brentano Brothers.

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EXPLICATION DES PLANCHES

églises et aux couvents de nombreux objets d'or et d'argent, mais surtout
des couronnes. Le P. Florez cite dans son Espana Sagrada de nombreux
documents qui montrent que l'usage d'offrir des couronnes était encore
fréquent au xn° siècle. La cathédrale d'Oviedo possède deux croix d'or,
Reliquaire en cois sculpté, par Andréa Brustolon. précieux monuments du x° et du xi° siècle, qui portent l'empreinte de la

tradition visigothe. Nous reproduisons à notre deuxième page l'une d'elles
Il y a des reliquaires de toutes formes et de toutes dimensions. Il y en qui est connue sous le nom de Cru\ de los Angeles.

a de faits en toute espèce de sub-
stance : en bois, en or, en argent, Jfâ^ Salade dite âe Boaodil.
en cristal de roche, etc. Lorsque HlJ^TmcL'''"

le reliquaire est de très grande j|3W^.Ji*^j|tS L'Espagne semble avoir été de

dimension, il prend le nom de ^W&f^^ t0Ut tetnPs 'c V'àYs Par excellence

châsse. Celui que nous reprodui- iltkO^VJK^CaS«\ des armes et du fer. Une de ses

sons est en bois sculpté, très 'i*tT»^ 0|8B3£ rivières était renommée pour la

remarquable par le fini de son tra- jQifar^|^Éfijjj^p^ trempe. Les épées de Tolède n'e-

vail et la richesse de son ornemen- /-gr~t(j|^^^f^^SBf. ,'{Ns?N taient pas les seules dont l'Es-

tation. 1! a appartenu à la collée- WSKKS^Ê^^^^m^imÊfm: •é-~"'^K pagne se glorifiât; bien d'autres

tion du palais de San Donato. £ î'^f^'^^^^^^^^^W^^^^^^r^^^^' villes avaient des espaderos renom-

^J^^^^^^^^M)j^^^^^^^^^'f^^.i^ niés qui étaient organisés en cor-

La Croix des Anges. M^^^^^^^W^^g^^^^. _ porations. Ce n'était pas non plus

•^^^^^^3?- T^^^^^^'^^^^^^*^^-^^?aux armes offensives que se limitait
Les Arabes^ mon- ^ ^ l'^rt^ <des^ armuriers ^espagnols; il

des kalifes, donnent l'idée d'un (feîÉji^ ex'stc au m°nde! Elle rappelle

luxe inouï. Cordoue fut le premier ^mij^^^^F }jé^^'''^^^^fl^th '^/^M^r^'^^^^A^^'^fe^l^à Par S011 couvre-nuque la forme du

centre et le plus important. mÊmA ^^Ë^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^'^ÊKi!Él!l) chevalier de la Mort dans la célèbre

L'art de nieller sur argent était 5~^MW|_^^B- W^^^^^fy^^^^^^^^^^^^^^^^'p li'^^HW estampe d'Albert Durer : ses orne-

pratiqué par les Arabes d'Espagne ^j«Mî^^^3«'^ê>*,^r^''^(*^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^5'^È^^'-^'^I^^^^ÎB^^/ nients d'argent incrusté, composés

dès le x° siècle, si ce n'est plus tôt. ^^^^^^Ê^^^^^^^^^^^]^^^^^^^^^^^^'^^^^^^»/C d'entrelacs et d'arabesques, sont

Ils étaient également fort habiles j^J^jj^&yVfir^S^s"^^S^^^k^^f^^féÊSji^^^%^ d'une grande élégance et n'ont

dans l'art de travailler le filigrane. *^y^|jf^^^ qu'en partie le caractère moresque.

La tradition en est encore conser- ■ra^pl^ Rappelons que Boabdil ou

vée à Cordoue et à Malaga. "Wfc^y ^^^^^^^ÊjJ^^W^^w'KÊ^^^^^t^^^ WP'Ht» Abou-Abdallah fut le dernier roi

Les orfèvres de Grenade n'é- • jfc^^^^WBw^^^wp|^^^^^|^ .• maure de Grenade en 1481. Vaincu

taient ni moins habiles ni moins et pris par les troupes de Ferdi-

inventifs que ceux de Cordoue, et ^rT^fSsSÊ J^^;1 , *^^W^''___tV~—; ' — 7 ... nand d'Aragon et d'Isabelle de

cela se comprend si on se rappelle Castille, il se reconnut tributaire,
que les femmes de Grenade, repu- Reliquaire en bois sculpté, Boabdil versait des larmes en con-
tées pour leur élégance et leur par A-ndrea Brustolon. templant du haut d'une colline
coquetterie, aimaient à se couvrir cette ville qu'il fallait quitter :

de bracelets, de colliers, de bagues, d'amulettes, comme le font encore
aujourd'hui les femmes moresques.

Après la conquête arabe, l'orfèvrerie fut également en grand honneur
dans les provinces qui avaient échappé au joug musulman. Les princes et
les grands personnages suivirent l'exemple des Visigoths en offrant aux

« Pleure comme une femme, lui dit sa mère Ayescha, le trône que tu n'as
pas su défendre comme un homme. » La colline a conservé le nom de
Soupir du Maure. Boabdil ne put se résigner à vivre en sujet dans un pays
où il avait été roi : il passa en Afrique et périt en combattant pour le roi
de Fez contre celui de Maroc.
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