L' art ornemental: revue hebdomadaire illustrée — 2.1884

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L'ART ORNEMENTAL.

On a classé dans le type oriental les faïences nivernaises à fonds bleus,
relevées de dessins en blanc pur ou associé au jaune tendre ou au jaune
orangé; les Persans paraissent en effet avoir émaillé en bleu certaines de
leurs poteries, et le décor en blanc a pu y être appliqué aussi bien que sur
les porcelaines à couverte brun feuille morte. Pourtant les tulipes et autres
fleurs de la faïence bleue ressemblent bien plus aux bouquets de l'émail-
lerie contemporaine qu'aux conceptions distinguées des artistes de l'Iran.

les narines, les cheveux, les doigts des mains, ceux des pieds et les plis des
vêtements, de manière à les faire paraître à l'intérieur où vous frappez avec
les fers et que les traits se produisent extérieurement en relief. Quand vous
aurez ainsi travaillé assez longtemps pour obtenir complètement la forme,
vous fouillerez avec des burins et des ébarboirs, autour des yeux, des
narines, de la bouche, du menton et des oreilles, et vous dessinerez les
cheveux, les ongles des pieds et des mains et les plis délicats des vête-
ments. » La patrie du moine Théophile est inconnue, on
Croix avec personnages. sait seulement qu'il vécut du x= au xi° siècle. Il y a un exem-

jtÈÙÏL plaire de son ouvrage à la bibliothèque de Paris ; MM. de

Si le nom de saint Éloi résume en quelque sorte tous les «ijfigW Si\jÉèj Lescalopier et Guichard ont traduit cet ouvrage en français

efforts de l'orfèvrerie française pendant la première partie du JgJfflfcWfp^' en 184J.

moyen âge, dit M. René Ménard, Suger, le célèbre abbé de ^J^P^^M^mVS^X Ce fut soulement vers le xm« siècle que les orfèvres

Saint-Denis, fut, pendant le xu" sicclc, l'instigateur des plus iî^^^UMÊ^^S^ purent s'organiser en une corporation spéciale dont on voit
grands travaux qui furent exécutés à cette époque, et il en ^ySÊS^^m, les règlements dans le Registre des métiers rédigé par Étienne

parle longuement dans le livre qu'il a écrit sur son adminis- <mWHÊÊg® Boileau. (les règlements avaient surtout pour but d'empêcher

tration. Ce fut lui qui dirigea l'exécution de l'autel et des fpfllilÉil 'a concurrence étrangère et de fixer les conditions de l'ap-

châsses de Saint-Denis. ^ij^gHË^ prentissage. Le règne de saint Louis peut être considéré

Le puissant abbé qui don- ^TOiiBB^aHKwP comme marquant l'apogée de

nait l'impulsion aux arts de son WfflÊm _ l'orfèvrerie religieuse en France,

temps ne doit pas faire oublier Jyjjfc» _ t H~3T^ 1 J&nk Les richesses immenses que les

un simple moine nommé Théo- 's^ÉWgS^^^ r*jL ^1?^^^^^^' (jjj-y '^^^^Jm^^ églises et les monastères possé-

phile, qui non seulement pratiqua ■B^^ffi:«Ae>'v" j "rfK^^^S HfeSjl^SB^^ datent à cette époque s'augmen-

lui-même tous les arts que l'on /-^(llllfe taient sans cesse par les dons des

pratiquait alors, mais qui, dans \^|^S^^t-'^agi^g'j-I^S^^^^^^^^^-'^^fe^^**^^^^^^^^^!^^^!^^L^TOffeffe''l'^'cs- C'est ainsi que l'orfèvre

un livre où de vastes connais- ''^^^^^^^^^S^^^M^^^^^^ki *^***au^"""^^^^^^M parisien Bonnard, assisté de ses

sances sont parfois mêlées aux ^W^p^ -' * M ("J ' ,<^^/S^\ meilleurs ouvriers, consacra plu-

naïvetés les plus étranges, a dé- ,';! ' ffftfe^l VMfw sieurs années de sa vie à fabriquer

crit tous les procédés alors cou- wq|| la châsse de Sainte-Geneviève,

nus. L'introduction qu'il met en tête de son livre nous initie llm^ÊÈ'- C|U' ^Ut term'n^e et installée en 1212. Cette châsse célèbre, qui

aux mœurs de ce temps, où les ateliers sont des couvents et i^a kSI aVa't la *°rme d'une petite église, toute couverte de statuettes

les artistes des moines. «O toi qui liras cet ouvrage, dit ( 'TjA^sÉ |p^y^ji et de bas-reliefs rehaussés de pierreries, fut portée à la mou-

Théophile, qui que tu sois, ô mon cher fils, je ne te cacherai ^^-^iS'wlw^ naie et détruite en .1793.

rien de ce qu'il m'a été possible d'apprendre ; je t'apprendrai Au X1V° siècle, un grand changement se fit dans les mœurs

ce que savent les Grecs dans l'art de choisir et de mélanger Bfl}BSî|ff| et l'orfèvrerie qui, jusque-là, avait été presque exclusivement

les couleurs ; les Italiens dans la fabrication des vases, dans ^fj^f^wf religieuse, commença à prendre un grand développement

l'art de dorer, dans celui de sculpter l'ivoire et les pierres JmBBGR^n^' laïque. On cria à l'impiété et une ordonnance royale, en date

précieuses; les Toscans dans l'art de nieller et de travailler /r^Êa^fg3j^Êàkf^ de 1356, défendit aux orfèvres de fabriquer pour les usages
l'ambre ; les Arabes dans la ciselure et les incrustations. Je te ^&Ê^^jSgMf^^l^^ civils aucun vase ou joyau de plus d'un marc d'or ou d'ar-
dirai ce que pratique la France dans la fabrication des pré- _ j^Êj^^aapm^ gent. On espérait ainsi maintenir la suprématie que l'orfèvrerie

cieux vitraux qui ornent ses fenêtres, etc., etc. » ^^^§8|||F' A* religieuse avait toujours eue; mais le roi de France lui-même

Ce précieux traité, dans lequel soixante-dix-neuf chapitres JPfiH|Bl. ne tarda pas à enfreindre cette loi somptuaire, si l'on en juge

sont consacrés à l'orfèvrerie, montre que, bien loin d'avoir, JbSl^^\ Par l'inventaire du trésor de Charles V qui mentionne plusieurs

comme dans nos industries modernes, la division infinie du ^ÊÊESSSSSSSw bijoux et pièces d'orfèvrerie d'une valeur énorme,

travail, les artistes possédaient une universalité de connais-
sances telle, qu'on ne sait bien souvent à quelle profession 7 Les Trois Grâces.

Le moine Théophile, à qui nous devons des renseigne- Ce délicieux dessin à la pierre d'Italie rehaussé de blanc

ments si précieux sur la pratique des arts du moyen âge, nous est de François Boucher. C'est une composition décorative

parle entre autres des métaux travailles au repoussé et ciselés »\|y* & qui pourrait être utilisée pour le bronze, sans qu'il soit néces-

ensuite. « On fait, dit-il, des fers pour ' ; \ saire d'y apporter aucun changement, ("est à ce titre

exécuter sur l'or, l'argent et le cuivre, jjÊ" \ V. M«e nous avons jugé à propos de la reproduire,

des ligures humaines, des oiseaux, WH&ilsËlÉt'''' ' \ N>-

des animaux et des fleurs repoussés. *f^^^^^^^ \ ^ Tapisserie de l'ancien chapitre d'Auxerre,

palme, larges et garnis d'une tête à ^%'v i - . ' 'i'iJ1" ,^^3 I.a tapisserie d'Auxerre que nous reproduisons

la partie supérieure, effilés, ronds, ^^^^tee^K^^WW^^^^Wt»-^aujourd'hui à notre quatrième page est celle qui aurait

minces, triangulaires, carrés ou re- Croix avec personnages. dû figurer dans notre numéro du i3 décembre cou-

courbés à la partie inférieure, selon rant.

l'exigence du travail qu'on se propose de faire ; on les frappe avec un
marteau. Battez une feuille de cuivre de la largeur et de la longueur que
vous voudrez jusqu'à ce qu'elle soit d'une épaisseur à ne pouvoir se plier
qu'avec peine et sans fissure ni tache ; puis tracez-y l'image que vous
voudrez. Lorsque vous aurez donné à l'image le relief que vous désirez,
prenez des fers de la longueur d'une palme, plus gros du bout sur lequel
on doit frapper avec le marteau et de l'autre bout plus effilés, fins, ronds
ou pointus, que vous aurez préparés pour ce travail; ensuite, ayant fait
asseoir devant vous un enfant exercé à ce genre de travail, tenez la feuille
de la main gauche et, avec les fers que vous tenez de la droite et que
l'enfant frappe avec un marteau d'une moyenne grosseur, tracez les yeux,

Par suite d'une erreur que nous regrettons, deux clichés ont été con-
fondus et la gravure parue dans le numéro du 24 octobre a été répétée
dans notre dernier numéro.

PETITE CHEONIQUB

— Le comité de la Société des Artistes vient de procéder à la nomina-
tion de son bureau et du conseil d'administration. Ont été nommés :
Président : M. A. N. Bailly, membre de l'Institut.
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