L' art ornemental: revue hebdomadaire illustrée — 3.1885

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L'ART ORNEMENTAL.

PETITE CHRONIQUE

carreaux du svn° siècle a son explication dans ce fait que, à mesure I des arabesques, des frontispices, des fleurs, en un mot, une se'rie de jolis
qu'ils s'usent, on les remplace par des nouveaux : ceux que l'on met I motifs pleins d'ingéniosité et d'une exécution parfaite, très utiles à consulter,
aujourd'hui sortent, croyons-nous, de la fa-
brique Ginori, à Doccia; mais s'il est facile, -—- t *5~a—■—=■----

de nos jours, de faire fabriquer des car- ^KF
reaux au fur et à mesure des besoins, on ne 0ÊÈv* f~}
peut guère supposer que les mêmes facilités aBÈÊÊr
existaient au xvil! et au XVIIe siècle, à lisaT
moins cependant qu'il n'y eût une fabrique à PCfe ~~ La précieuse collaboration du Garde-
Sienne même et que les ouvriers établis à êÉÊÊt Meuble dans les fêtes données ou projetées par
Sienne fussent originaires de Faenza ou de " le comité uu commerce et de l'industrie a
Caffagiolo. Tout démontre du reste l'existence tïÉw' i| ramené, dit le Rappel, l'attention sur les
de cet atelier, témoin le plat que possède le «D ^*1n1L ttgjflT richesses de notre Mobilier national, si peu
South Kensington Muséum, et qui porte cette Wfc connu des Parisiens.

inscription : fata i(n) siena da m» benedetto. iHMnp^'' La collection du Mobilier national com-
« Le pavage de Sainte-Catherine de Sienne ^ «Se» prend actuellement: ries meubles dispersés
est entouré de deux bordures. Sur la pre- 'Sgljjjp* WÈJÊ$tL ^SIsT autrefois dans les palais du Louvre, de l'Ély-
mière, on voit une suite de génies chevau- tPj^ MÊm'' ^IP_ _ sée, de Versailles, de Trianon, de Fontaine-
chant des monstres traités en bleu, vert et Sm^az^à M^r^lkjv «SSZj^j^eii bleau, de Compiègne et de Pau ; 2° les meubles
jaune, sur fond d'ocre; les génies sont modelés «g? i}:^c^^aL^^^k j^^'S^TW qui garnissent les administrations centrales,
en bleu. La seconde bordure porte des ro- Jffi& ^ftj0^M } ïTwl* Or, par une singulière anomalie, les meubles
saces composées de grosses perles bleues sur m ta Mô^lllfi^^^flI V» J$fe m Ëj courants dépendent du ministère des beaux-
fond jaune. Cette dernière est de fabrication M À ^x Ù lvTv iÉ f M/M arts, tandis que les meubles artistiques sont
très grossière. Les majoliques ont été fabriquées mjjk ^*jWjV^P^^ ^ JMw dans les attributions du ministère des travaux
spécialement pour la chapelle, ainsi que l'in- aHfr3t% JjJ3lR|: ^fM^g*^ ....jJfeÈ*jS& publics.

dique l'inscription suivante, qui se lit sur l'un v^^^gP^ÎHBA» '&*s*Q&0rr v* Il en résulte que les administrations cen-

des carreaux : spqr. se. Se/tatus popiilusque ^ t traies de la marine, des affaires étrangères et

Romanus. Sancta Catherina. Il paraît que ce ■'; i.\ de la justice, renferment des meubles remar-

fut la famille Borghesi qui, vers la fin du ''::''tWÈÊIÊÊÊÊ^ quables à tous égards et qui se détériorent

xvc siècle, fit les frais de ce pavage. Il n'y a 'y^mSK^^ par un usage journalier.

pas apparence qu'aucun des carreaux de cette «Pw* 0n croit généralement que le Mobilier

époque nous soit parvenu. Vers 1 533, on le • 'wÊÈË' national comprend tout le mobilier de l'ancienne

répara; c'est du moins ce qui semble résulter hWÊÊk-- monarchie depuis son origine. Or, ce mobi-

des comptes de la chapelle, et une bonne lier ne remonte guère au delà de Louis XIV,

partie du pavage peut être regardée comme $jfo0i^ qui considérait comme barbares les styles anté-

l'ceuvre de Girolamo di Marco, qui laissa .njj|r rieurs à son règne et se débarrassa de la plu-

pourtant subsister l'œuvre intacte de ses devan- llflaÈb fe\ part des objets que renfermait le Garde-Meuble,

ciers. » sHk . tV''par t'cs cl°ns :Rix souverains étrangers, aux

Cette note de M. Molinier est fort inté- '" ambassadeurs, aux courtisans, etc.

ressante, en ce sens qu'elle paraît démontrer Ce fut la Convention qui composa la dota-

l'existence d'une fabrique de faïence que les " tion du Garde-Meuble actuel. Des biens de la

ouvrages de céramique n'indiquent pas. C'est Applique en bronze doré a deux lumières. couronne et de ceux des émigrés, elle ne retint

pour cela que nous l'avons reproduite. Ces Modèle de Clodion. que ce qU{ présentait un véritable caractère

centres secondaires de fabrication sont, du artistique ou un intérêt de premier ordre au
reste, très nombreux dans les pays où la faïence a été en honneur, et ils | point de vue de l'enseignement de l'art, pour le répartir entre le Louvre,
ont parfois, et comme par accident, sous l'influence de certains ouvriers, I la Bibliothèque nationale et le Garde-Meuble.

artistes de passage, donné _ _ En 1879, le Musée dit
ma^

considérable de pièces d'or- un • ventaires manuscrits de la

1 Horloge Renaissance en argent repousse et dore. (Musée National Bavarois, à Munich.) ,CJ u ujanuscius ut la

nement. Ce sont des adresses couronne, depuis Louis XIV
et vignettes, des cadres, des titres, des cartouches, des encadrements, des | jusqu'à nos jours, complètent cet ensemble si remarquable d'une collection
armoiries ornées, des écussons, des culs-de-lampe, des lettres ornées, I utile à tous ceux qui s'intéressent à l'avenir de l'art industriel français.
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