L' art ornemental: revue hebdomadaire illustrée — 4.1886-1887

Seite: 14
DOI Heft: DOI Seite: Zitierlink: 
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art_ornemental1886_1887/0024
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
L'ART ORNEMENTAL.

colossales, des murs d'une épaisseur fabuleuse, et n'ayant pas, comme
les Égyptiens, des pierres de grande dimension en abondance, ne pouvant
par conséquent poser des plates-bandes d'un seul morceau sur ces murs,
ils adoptèrent la voûie.

Ce mode de structure fut-il introduit sur le sol assyrien, ou y prit-il
La question est difficile à résoudre. Ce qui est certain, c'est

naissance

imperceptible ; pourtant, quand on considère les monuments certains et
typiques de chaque province, on découvre des façons, un air particulier qui
trahissent une différence de tempérament. Dijon est plus gaulois, Lyon
plus italien. Le premier a plus d'esprit, d'imagination, d'indépendance.
Chez le Bourguignon, l'exécution est nerveuse, accentuée; le décor com-
pliqué, l'ornementation touffue, la guirlande plantureuse. La porte dont

nous donnons le dessin est un précieux que l'emploi de ce système de construc-

spécimen de l'art bourguignon. tion était merveilleusement approprié

--, ~^^yd&&3gS&s~ au climat, en ce qu'il mettait les intë-

Palais de Nimroud rNinive). Salle. J^j^^^^^^^S^ rieurs dans de meilleures conditions d'ha-

bitation, fraîches en été, sèches pendant

Postérieurement à l'art primitif de ^ ^''^^^^^^^^^^^^^^^C^^^^^^^^fe:^ l'époque des pluies.

l'Egypte, dit M. Viollet-le-Duc, se déve- ^mC"'i^^K^" '^^^^^i^^^^^^^^S^^^^^, Mais dans ces intérieurs, ni piliers

loppait en Asie, sur les bords de l'Eu- m^^f^WÊr ^^^^^^^^aSKÊÊUSSBSBSf " JcC^l isolés, ni colonnes qu'il eût été possible

phrate et du Tigre, un art qui mérite '* ' **fy^ d'élever avec des briques crues ou cuites,
une étude attentive. C'est l'art assyrien. J^^^Sit $^l!Ê*W0^& ' ^ *-JgP. *Ces intérieurs se composent uniquement

Lien que les Assyriens aient été en SoPÊ^ÊA^wM TV^^t'^9TBm^^^S^SSÊS^^^ÊBÊÊ^S. ^° sa"es voûtées eu berceau dans le

contact fréquent avec l'Égypte, que leur ■■■■■.<:■.: r: .'■ .!'..iii..■ ■■ sens de leur moindre largeur, et elles

territoire ait été en partie conquis parles m^S^^^f'i '^^HH^^^^Bm^^^^^^^^^^^^^^^^ÊS ne sont )ama's tres larges afin de ne pas

Égyptiens, et qu'à leur tour ils aient en- i| exercer de poussées sur les murs. D'ail-

vahi la vallée du Nil, il n'y a entre ces ^^5^^^^^^^SS^^^m;}Pï!■ :J . ,,;: leurs l'épaisseur de ceux-ci et le peu de

deux peuples, non plus qu'entre leurs ^^^^^P^^^^^^w' ' '' hauteur relative de ces salles faisaient

arts, nul point de ressemblance. , 'i que ces poussées ne pouvaient avoir

Autant les matériaux propres à bâtir ^^^^^^^^^r^^^^^^^^^Ê^^^m^^^r^^T aucune action. Ces voûtes étaient cou-

sont abondants sur les rives du Nil, au- vertes par des terrasses sur lesquelles

tant ils sont rares sur les bords du Tigre ^hESSm^''' •'••' .•; • '■ :"W^ on venait prendre le frais pendant les

et de l'Euphrate. Cette vaste contrée est ■^Bwj^^^'^^f^é^^^^fj^^^^^^^ nuits. Des jardins même y étaient plantés

un terrain d'alluvion composé d'un limon ^S^^W^^^^UKtHtKSBKÊIKr et arroses par des pompes. Les fameux

argileux très propre à faire de la brique ^HjSHpi: J'îÇ: jardins de Sémiramis ne sont autre chose

crue ou cuite. Le climat, plus brûlant ^^^^CTr^^^^m^^^^ que les plantations faites sur les voûtes

encore que celui de l'Égypte, présente •^nwigmiws*'**^ d'un palais.

une pureté égale ; et à quelques semaines Quelle était, en dehors de ces don-
de pluies incessantes succèdent des mois Boule du xv siècle en aroent cisej.é nées générales, la décoration de ces de-
pendant lesquels le ciel, dépourvu de meures, soit à l'intérieur, soit à l'exté-

nuages, présente un éclat sans pareil. Les Assyriens adoptèrent, dès une
haute antiquité, un mode de construction parfaitement approprié à ces
conditions climatériques.

Composant de ce limon, extrait des canaux d'irrigation qui réunis-
saient les deux fleuves, des masses énormes de briques, ils élevèrent, a
l'aide de ces pains d'argile comprimée et séchée au soleil, des constructions

rieur? Comme sous tous les climats chauds, on recherchait l'obscurité dans
les intérieurs, et par conséquent les ouvertures étaient très rares et le plus
souvent la clarté du jour ne pénétrait que par les portes ou de petits
orifices percés dans les voûtes.

La sculpture ne pouvait prendre un rôle important : quant à la pein-
ture, elle avait de larges surfaces pour se développer à l'aise.

Coffre.

Les Assyriens savaient non seulement cuire la brique, mais [aussi la
revêtir d'émaux colorés, et ils trouvaient ainsi des moyens décoratifs d'une
grande puissance, inaltérables et dont l'exécution était facile. Cependant
ils ne négligèrent pas pour cela entièrement la sculpture. Allant chercher
au loin les pierres, ils n'employèrent celles-ci que pour en former des
maçonneries basses, que pour revêtir les soubassements des intérieurs,
les jambages des portes, et alors ils les couvrirent de sculptures. Ces
sculptures ne sont point intaillées comme celles de l'Égypte, mais bas-

relieis peu saillants. Les voûtes, si l'on en juge par celles qui restent
entières, étaient plein cintre en brique crue enduite, avec têtes en brique
cuite émaillée. Les murs, à l'intérieur comme à l'extérieur, étaient partiel-
lement recouverts de briques émaillées en manière de frises, de stylobates,
ou autour des portes, ainsi qu'on en peut juger par notre estampe.

Les bas-reliefs représentent parfois des coupoles ou demi-coupoles
surmontant les terrasses du palais.

Les procédés de structure ne permettant aucune décoration saillante
loading ...