L' art pour tous: encyclopédie de l'art industriel et décoratif — 25.1886

Seite: 2621
DOI Heft: DOI Seite: Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art_pour_tous1886/0075
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
25e Année

l'art pour tous

n° 631

xviie siècle. - manufactures françaises

(louis xiv)

Au Musée des Gobelins

—o-

II suffit de consulter le catalogue partiel,
dressé par m. Williamson, des tentures
des Gobelins envoyées par le Garde-
meuble national à l'une des dernières
expositions de l'Union centrale des Arts
décoratifs, pour se convaincre de la ri-
chesse et de l'abondance de la production
atteintes par les ateliers de tapisseries des
Gobelins, peu d'années après leur réorga-
nisation sous la direction de Ch. Le Brun.

Outre les grandes pièces (Histoire du
Roy, les Quatre Éléments, les Quatre Sai-
sons, et autres suites importantes), on
avait également mis sur le métier un
nombre considérable de bandes de bor-
dures, conçues par Le Brun dans un stjle
grandiose, et dont le motif se compose
de gaines (ligures d'hommes, de femmes,
d'enfants diversement groupés) accom-
pagnées d'emblèmes royaux, de trophées
d'armes et de musique, que relient les
colorations puissantes des fleurs dispo-
sées en guirlandes.

Ces bandes servaient à raccorder les
grandes tentures avec les espaces plus ou
moins variables que celles-ci devaient
recouvrir: car il est prouvé que les tapis-
series magnifiques, faciles à déplacer, et
que le Roi et la cour ne se lassaient
point d'admirer, ont été souvent trans-
portées d'une résidence royale à une
autre.

Nous montrons ici deux dessins de ces
« rallonges », formant pendants. Ils sont
évidemment empruntés a deux séries dif-
férentes, puisqu'ils reproduisent deux
pièces d'inégale hauteur.

Les deux ligures drapées soutiennent
une console plate à trois canaux ornés,
s'amoindrissant dans le bas, terminée
dans le haut par un chapiteau ionique,
et supportant un entablement dont la
frise à feuillages montre la fleur de lis
brodée d'or.

Au-dessous des deux figures à mi-
corps, un écusson échancré, portant les
deux L entrelacés et surmontés de la
couronne royale, est richement étoffé de
trophées d'armes. La variante se trouve
ici dans le soubassement qui, au n° 5440,
se développe sous la forme d'une lyre à
mascaron, se terminant dans le haut en
télés de béliers, et dans le bas en griffes
de lions séparées par une coquille. Au
5439, le motif est un simple socle formé
de ces derniers éléments.

L'ensemble des deux bandes montre
une sorte de pilastre ou d'entre-deux,
encadré par une moulure composée d'un
cours d'oves dont le cœur ou globe porte
la fleur de lis tissée d'or.

La coloration procède de la riche
gamme des gris, que fait ressortir le
fond rouge brun sur lequel se détache le
grand molif central, et que rehaussent
des ors à diverses places. L'ecusson
royal est en bleu pale et tous ses orne-
ments sont tissés de soie brochée
d'or. Les rehauts des guir-
landes de fleurs sont
également tissés
de soies de
couleur.

-o-

i439

25" ANNÉE. — N° 18. — 30 SEPTEMBRE 1886.

deux bordures

en tapisserie des gobelins
dessins de ch. lebrun

5440

2621
loading ...