L' art pour tous: encyclopédie de l'art industriel et décoratif — 44.1905

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L'ART POVR TOVS

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flacons, aiguillers, dés à coudre, breloques, cachets, etc. Les
riches collections du Musée national de Zurich en offrent
maints spécimens. Toutefois, de certaines pièces, comme les
horloges et les consoles, il ne paraît subsister aucun spécimen.

Les figurines, elles, ne sauraient lutter avec celles de
Meissen. Elles ont un caractère spécial, un charme propre,
en dépit de leur technique un peu sommaire, et l'esprit de
Gessner les anime, on peut le dire, encore plus qu'il n'ins-
pire les paysages peints. Ce sont, allant par couples ou
isolés, des bergers, des jardiniers, des pêcheurs, des mate-
lots, des dames élégantes et de beaux cavaliers, des nym-
phes et des dieux. Il faut signaler comme tout à fait uniques
en leur genre les mignonnes figurines, exceptionnellement
fines, de 3 à 5 centimètres de hauteur, exécutées d'après

des gravures ou des dessins d'Herrliberger et de Gessner,
ou, plus souvent encore, librement composées par Sonnen-
schein.

Formes et décors servaient indistinctement pour la por-
celaine et pour la faïence, mais, ce qui n'appartient qu'ex-
ceptionnellement à la première, ce sont les impressions en
noir ou en couleur, dont les planches étaient gravées par
Henri Bruppacher, à Waedenswil, souvent d'après Gessner.
Une place à part doit être accordée aux services de table en
terre de pipe blanche, de genre anglais, que l'on confond
parfois avec du Wedgwood ; ces pièces sont recherchées
par les musées et les collectionneurs à cause de leurs
formes élégantes et de leurs habiles ajours.

La marque de la fabrique de Schoren est, dans la règle,
pour la porcelaine comme pour la faïence, un Z peint en
bleu avant la cuisson, que l'on trouve parfois aussi estampé
ou gravé. Les faïences portent quelquefois un B (Bendlikon),
un S (Schoren) ou un G (Gessner ?). Sur la porcelaine, on
remarque encore des points bleus sous la glaçure — un,
deux ou trois — qui désignaient la qualité de la pièce après
le premier feu. De rares objets portent, outre la marque
bleue, les lettres S P en or, qui paraissent désigner le direc-
teur Spengler, lequel s'occupait lui-même de la dorure.
Dans la période de Nehracher, enfin, il y a souvent un N
imprimé dans la pâte.

La porcelaine de Zurich n'a point échappé à la plaie des
falsifications. Celles-ci ont commencé après l'Exposition na-
tionale de 1883, où, nous l'avons vu, les produits de Schoren,
révélés, pour ainsi dire, aux amateurs par M. Angst, avaient
obtenu un vif succès. Isolées et rares tout d'abord, elles se
sont multipliées dans la suite et constituent aujourd'hui un
article de commerce abondamment fabriqué en Allemagne,
en France et en Suisse. Au début, ces faux, bien que portant
la marque du Z, étaient assez faciles à discerner ; la pâte
était d'un blanc bleuâtre et la peinture d'allures trop mo-
dernes. Depuis lors, les faussaires ont fait des progrès, ils
sont arrivés à imiter absolument les anciens tons de la pâte
et il n'y a plus guère que leur peinture qui laisse encore à
désirer : il suffit de comparer une pièce ancienne avec une
pièce fausse pour s'en rendre compte.

Si la fabrique de Schoren avait eu de riches amateurs à
sa disposition, il est vraisemblable que ses destinées eussent
été autres, et, sans doute, il faut le déplorer. On voit, par
ce qu'elle a produit dans des circonstances difficiles, ce
qu'elle aurait pu donner en étant mieux pourvue de com-
mandes et de capitaux. Nous sommes heureux d'avoir attiré
l'attention sur ces produits si intéressants et nous ne dou-
tons pas que nos lecteurs ne soient enchantés d'avoir fait
ou renouvelé connaissance avec la porcelaine zuricoise.

Jean Maxime.

LES MVSÉES, LES LIVRES
LES EXPOSITIONS * * * * *

PUBLICATIONS ARTISTIQUES :

II sera rendu compte de toute publication dont deux exemplaires auront été
déposés à la rédaction de L'ART POVR TOVS, ï, rite Saint-Benoît, Paris.

— L'éditeur K.-W. Hiersemann, à Leipzig, dont on connaît les pré-
cieux catalogues d'antiquariat, met en vente la première livraison
d'un volume qui sera le début d'une collection de manuels artistiques ;
nous saluons avec plaisir l'initiative, la collection nou velle et l'ouvrage
par lequel elle commence. Celui-ci n'est autre que la traduction, en
allemand, d'un ouvrage dès longtemps classique en Angleterre, VAr-
chitecture de la Grèce et de Borne (DIE ARCHITEKTUR VON
GRIECHENLAND UND ROM) de J.-W. Anderson et R. Phené Spiers,
traduction dûe à la plume habile de M. Conrad Burger. Et l'ouvrage,
paraissant en cinq livraisons, formera un beau volume in-8 illustré
de 185 planches et figures.

L'ouvrage est au courant des plus récentes conquêtes de la science
et il est écrit avec une compétence certaine. Le traducteur en a rendu
complètement l'esprit et la nature en y joignant pour le rendre plus
accessible à tous ceux qui ne sont pas des archéologues ou des éru-
dits, une explication des termes techniques et une bonne bibliogra-
phie. Le sujet n'est pas, comme quelques-uns pourront le dire et peut-
être même le croire, de ceux sur lesquels il n'y a plus rien à dire,
Au contraire, à mesure que les fouilles et les recherches se multiplient,
que les constatations se font plus nombreuses et plus précises, nos
connaissances se complètent et parfois se transforment du tout au tout.
L'art dit classique n'est pas solennel et figé, comme on l'admet trop
souvent ; il est vivant lui aussi et, fait de vérités éternelles, il faut
l'étudier toujours : autrement peut-être qu'on ne l'a fait jusqu'ici et
non pas pour s'en tenir étroitement et servilement à ses formules.
Dans ces conditions, on reconnaîtra que l'ouvrage signalé ici rendra
des services excellents, et pour beaucoup de nos compatriotes qui
apprennent l'allemand, ce sera faire d'une pierre deux coups que de
l'apprendre dans ce livre.

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Librairies-Imprimeries réunies, éditeurs, Paris. - Lk gérant: Ch. Eggimann.
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