L' art pour tous: encyclopédie de l'art industriel et décoratif — 44.1905

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Praeterili /ides, spes futuri.

j^^j^p poyR TOVS novvelle sér,e 1905

(XLIVme année). N° 5.

PETIT PORTEIEVILLE DE « L'ART POVR TOYS »
L'ART DÉCORATIF A TRAVERS LES AGES

IL LES CLOCHES'

Les types de cloches d'un usage courant dans l'antiquité
et jusque aux temps mérovingiens, se sont perpétués fort
longtemps encore, à titre exceptionnel, et, on peut le dire,
jusqu'à nos jours. C'est ainsi que les clochettes romaines de
bronze ou de fer que nous avons reproduites (A à E) four-
nissent encore des descendantes, si l'on peut s'exprimer
ainsi, au petit mobilier moderne. Il en est de même poiir
d'autres (L à 0), qui dérivent de modèles identiques et
apparaissent aussi comme d'intéressants prototypes.

Les cloches à main, telles que celles que nous donnons
et que nous considérons comme les types originaux des
grandes cloches, n'étaient pas les seules en usage à l'époque
mérovingienne ; nous avons des témoignages assez mul-
tiples qui prouvent qu'il y en avait alors déjà de plus
grandes et dont le son portait au loin. Celle qu'Héraclius
(610) fit placer à Saint-Pierre de Rome était certainement
de ce nombre. Le monastère de Saint-Barthélémy, à Fer-
rare, possédait une antique cloche appelée calcar, en italien
sperone, à laquelle se rattache une anecdote intéressante.
Ce vieux métal, peut-être par un vice de fabrication, peut-
être par suite d'un trop long usage, ne donnait plus que des

1 Suite. Voyez p. 14 et les figures données avec le n« 4.

La vignette qui orne l'en-téte de cette page reproduit une frise
décorée d'un motif taillé à plat et peint, de l'ancien couvent de
S'-Georges à Stein-sur-Rhin (Suisse), commencement du XVIe siècle.
Les ouvrages de ce genre — en ce que les Allemands nomment
« Flachschnitzerei » — si nombreux en Suisse et dans l'Allemagne du

Sud forment d'excellents motifs décoratifs, aussi simplement exécutés I dont il semble que l'airain avait été emprunté à la statue

sons rauques. La comtesse Mathilde, chassant un jour dans
les environs, fut étonnée de les entendre, et s'informa de la
raison qui pouvait engager les moines à garder une si mau-
vaise cloche ; ayant appris que c'était la pauvreté, elle leur
envoya une cloche d'or ornée de pierreries, et on restaura
l'ancienne en y gravant une inscription appropriée. On
voit par là — et nous l'avons constaté précédemment déjà
— qu'il existait un grand besoin d'orner les cloches, de les
parer, parfois avec luxe, selon leurs formes et leurs contours.

A Sens, au VII0 siècle, on cite une cloche de dimensions
assez grandes pour que le son en ait terrifié les soldats de
Clotaire II. Constamment, du reste, du VIe au VIIIe siècle,
on entend parler de cloches grandes et petites, ornées ou
non ; les chroniques, les livres liturgiques, les légendes
hagiographiques en révèlent l'existence un peu partout, et
jusque chez les chrétiens d'Orient et chez les Coptes. De
précieux vestiges d'architecture, comme ces antiques cam-
paniles irlandais, qui ont si longtemps exercé la sagacité
des archéologues, ou les tours de Brescia, du VIIe ou du
VIIIe siècle, sont là également pour nous prouver l'usage
de cloches assez vastes. Le pape Etienne III, qui fit restau-
rer, vers 770, le campanile de Saint-Pierre de Rome, n'y
plaça-t-il pas trois cloches destinées à convoquer aux saints
exercices le clergé et le peuple ?

Mais, sous les Carolingiens, la fabrication des cloches
elle-même fit de grands progrès. Le célèbre monastère de
Saint-Gall possédait, au temps de Charlemagne, des fon-
deurs de cloches réputés. C'est vers le même temps que
l'on commença à employer le terme de clocca, d'où est
dérivé notre mot cloche. De fer ou de bronze, elles étaient
volontiers très grandes. Tatwin, archevêque de Cantorbéry,
parle, dans la première moitié du VIII0 siècle, d'une cloche

que bien conçus, où nos pyrograveurs trouveraient une source iné-
puisable de modèles. 1 d'un empereur romain
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